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Le cirque

De nouveau des spectacles de cirque chez ARTE.

Le cirque

19/12/08

Le cirque du rêve

En faisant fusionner acrobatie, musique, danse, numéros de clowns, pantomime et comédie, le « cirque contemporain » réinvente les spectacles sous chapiteau. Le glas sonne sans doute pour le cirque traditionnel, celui dont chaque numéro occupe une place précise dans le programme. Après cette métamorphose, le cirque est désormais une « œuvre d’art holisitique ».
Voici un petit Who’s Who du « cirque nouveau ».

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Difficile d’imaginer un parcours qui se prête mieux que celui de Frédéric Zipperlin à une immersion dans le « cirque nouveau » : le petit Frédéric n’a que huit ans lorsqu’au milieu des années 1970, il assiste à un spectacle du cirque Amar, l’une des troupes les plus connues du midi de la France. Il est aux anges ! A tel point que dorénavant, il n’a plus qu’une idée en tête : devenir artiste. A l’époque, pour quelqu’un qui n’est pas un enfant de la balle, faire une carrière dans le cirque est carrément illusoire. Au début des années 80, il n’existe en France qu’une seule école d’artistes, à Paris. Mais Frédéric a de la suite dans les idées, et, à 14 ans, il entre dans l’école de cirque mondialement connue d’Annie Fratellini. Là, l’évolution vers les nouvelles tendances est déjà tangible : « C’était une époque extraordinaire, l’école accueillait tout le monde à bras ouverts », se souvient Zipperlin, ému. « On rencontrait des artistes de tous bords qui suivaient des formations ou s’entraînaient avec nous. Il n’était pas rare que les danseurs du Moulin rouge ou du Lido installent leur caravane sur le terrain de l’école. » Après ses années d’apprentissage, Frédéric part au Canada où il fait ses premières armes comme artiste de rue. Le hasard faisant bien les choses, il tombe sur l’équipe du Cirque du soleil. C’est là qu’il met au point son incroyable numéro de jongleur : son personnage, Boul, est un Follet qui jongle avec des boules de cristal à l’intérieur d’un énorme ballon transparent. En 1999, il crée sa propre troupe, le Cirque bouffon.

LE FESTIVAL MONDIAL DU CIRQUE DE DEMAIN a été créé en 1977 par Dominique et Isabelle Mauclair. C’est une tribune qui offre aux jeunes talents du monde entier la possibilité de se produire devant les agents les plus en vue dans le monde du cirque.
Interview de Dominique Mauclair


LIENS : www.cirquededemain.com; www.cirquedusoleil.com
L’éclosion du cirque nouveau remonte au tout début des années 70. Dès 1969, Victoria Chaplin, la plus jeune fille de Charlie Chaplin, forme un tandem remarqué avec le Français Jean-Baptiste Thierrée. Le comédien-prestidigitateur et la danseuse-costumière créent des univers surréalistes et grotesques, à mille lieues des canons du divertissement classique. Très vite, ils ouvrent la voie à une forme radicalement nouvelle, un cirque d’art et de divertissement. A la faveur du vent nouveau qui souffle sur les années 1960, de plus en plus de troupes de théâtre expérimentent des concepts jusqu’ici inconnus, mariant les techniques du cirque traditionnel avec les moyens stylistiques modernes du théâtre. Face à cette débauche de créativité, le cirque de toujours, avec sa ménagerie qui caracole dans la sciure de la piste, se met à vaciller…

Dans les pays germanophones, c’est surtout le Circus Roncalli qui, depuis la fin des années 70, mise sur l’innovation. Pourtant, ses débuts ne furent pas franchement glorieux : dès 1977, un an seulement après sa création, le projet Roncalli semble voué à l’échec. Bernhard Paul, après un dernier spectacle donné à Vienne, se retrouve au bord de la faillite. Mais croyant dur comme fer à sa bonne étoile, il continue de se produire comme clown dans les grands magasins, les expositions et les festivals et parvient à trouver des compagnons de route et des gens prêts à l’aider. Son crédo : « A la fin, il faut donner l’impression que le cirque vient de sortir d’un conte pour enfants. » Cet enfant de la balle amoureux du détail recrée en permanence son idéal, celui du cirque du début du siècle. Bernhard Paul ne recherche pas à proprement parler une alternative au cirque traditionnel, mais il le revisite avec élégance et beaucoup de poésie, tout en proposant des spectacles impressionnants. Aujourd’hui, Roncalli est un cirque moderne, connu pour ses costumes fantastiques et sa technique scénique très sophistiquée, mais encore plus pour son mode de narration entrecoupé de savoureux intermèdes – les numéros de Pic, le clown mélancolique qui fait des bulles de savon, sont un moment d’anthologie.

Le Cirque du Soleil, fondé en 1984, a un style plus percutant. Réputés pour leurs numéros étranges et provocants, les inventifs Québécois sont aujourd’hui la troupe la plus demandée dans le monde. Régulièrement, ils « découvrent » des génies, tel Sébastien Soldevila qui, avec ses clowneries au diabolo et ses poétiques acrobaties mains à mains, a raflé plusieurs prix au prestigieux Festival mondial du cirque de demain à Paris. Après une carrière remarquée au Cirque du soleil, il a créé en 2002 un groupe d’artistes tout à fait étonnant : Les sept doigts de la main. Cette troupe réalise des numéros d’acrobatie et de danse en recréant le quotidien dans une colocation – en 2005, elle a battu tous les records d’affluence au théâtre Chamäleon de Berlin.


Anatolii Zalevskyi - « l’artiste du siècle ».
Il est rare que le Cirque du soleil mette en avant un seul artiste, l’usine québécoise de rêves ayant plutôt pour philosophie de souligner le caractère collectif de la prestation et la perfection de la mise en scène. Pourtant, sans nul doute, c’est le jongleur Viktor Kee qui fut la personnalité la plus flamboyante de la tournée « Dralion ». Sorti de la prestigieuse école de ballet et de cirque de Kiev, il a créé un personnage imaginaire et mythique, Nikolay Baranov, sorte de Janus Mephisto-Spiderman. Tout en puissance, tout en souplesse, cet acrobate hors pair fait rouler des boules sur son corps d’athlète. En 2003, le prince Albert de Monaco a rendu hommage à son talent et son adresse en lui décernant le Clown d’argent du cirque de Monte-Carlo.

Autre ancien élève de l’école de Kiev et énorme révélation au festival de Paris : Anatolii Zalevskyi, acrobate spécialiste de l’équilibre sur les mains. Pour Bernhard Paul, c’est « l’artiste du siècle ». Sa synthèse magique de rythme et d’acrobatie a révolutionné l’équilibrisme sur deux (ou une) main(s), devenant le modèle de toute une génération d’artistes. Avec les jeunes espoirs de l’école de ballet et de cirque, il a créé en l’an 2000 son propre spectacle, RIZOMA. Cet ensemble, qui propose un mélange saisissant de danse expérimentale et d’acrobaties à couper le souffle, fait régulièrement un triomphe.
C’est à la créativité de ces artistes et metteurs en scène qu’on doit l’essor actuel du cirque contemporain allemand – dû pour une bonne part à un public qui ne cesse de rajeunir. Ainsi, les jumeaux polonais Pablo et Pierre Caesar attirent en ce moment de très nombreux jeunes dans les salles de spectacles. Leurs acrobaties loufoques et fascinantes suscitent un réel engouement. Derrière le duo à succès, il y a un cerveau créatif : Markus Pabst, metteur en scène qui n’a pas son pareil pour allier humour et technique. Entre-temps, il a ouvert le studio Base Berlin, qui forme des artistes aux métiers du cirque et développe des idées de spectacles qui, à n’en pas douter, feront bientôt parler d’elles…

Auteurs invités d'ARTE Magazin : Oliver Lindener et Bernd Meyerholz, spécialistes des spectacles de cirque et de variété. Ils ont participé comme rédacteurs à de nombreux spectacles de prestiges diffusés à la télévision.

Edité le : 05-12-08
Dernière mise à jour le : 19-12-08