(France, 2004, 1h30)
Avec Nicolas Cazalé, Stéphane Rideau, Thomas Dumerchez, Jackie Berroyer
Synopsis : « Le Clan » est un film qui se divise en trois parties, pour suivre le parcours de trois frères, Marc (Nicolas Cazalé), le cadet de 22 ans qui cherche à s’affirmer, Christophe (Stéphane Rideau), l’aîné de 26 ans qui veut s’assagir et Olivier (Thomas Dumerchez), le benjamin de 17 ans qui se trouve un frère de substitution en la personne d’Hicham, dont il est amoureux. Entre poses rebelles, virilité de façade et désoeuvrement d’une jeunesse prolétaire, chaque segment évoque une destinée, pour mieux mettre en valeur les deux autres.
Critique : Gaël Morel est un metteur en scène resté sans doute trop longtemps dans le sillage de celui qui l’a découvert, le cinéaste André Téchiné (« A toute vitesse », réalisé en 1996 pour le cinéma, puis « Premières neiges » et « Les Chemins de l’Oued », réalisés respectivement en 1999 et 2002 pour la télévision, étaient clairement influencé par les films de son aîné). Comédien devenu en revanche nettement plus parcimonieux (Depuis « Les Roseaux sauvages », seulement trois films, dont « Loin », à nouveau d’André Téchiné), Gaël Morel manifeste clairement la volonté de parvenir à un statut de réalisateur à part entière, une ambition que « Le Clan » n’est pas loin d’entériner.
Pour cela, il joue d’une certaine cohérence thématique en retrouvant la région Rhône-Alpes comme cadre d’un film qui oscille, comme ses tentatives précédentes, entre western urbain et romanesque exacerbé. Une cruauté du quotidien, plutôt bien sentie, se mêle à une expression maladroite de l’amour fraternel qui est relayée inégalement par les comédiens, parmi lesquels se distingue finalement le plus mûr d’entre eux, Stéphane Rideau, déjà partenaire à l’écran de Gaël Morel, à l’époque des « Roseaux sauvages ».
Avec le concours du scénariste et réalisateur Christophe Honoré (« Ma mère » et « 17 fois Cécile Cassard »), Gaël Morel transcende néanmoins la dimension frustre de son cinéma, pour définir avec un peu plus de force et de retenue qu’auparavant cet univers fait de torses bombés et de sentiments incertains. En procédant par étapes (grâce à cette construction en triptyque, quasiment faite de trois moyens-métrages, Morel réussit un long), le réalisateur est manifestement parvenu à une étape. Il lui manque sans doute une ambition autre que de convoquer encore et toujours le genre de la tragédie familiale, si chère au cinéma français, pour devenir véritablement l’auteur qu’il cherche à être.
Julien Welter
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Le Clan
De Gaël Morel
(France, 2004, 1h30)
Avec Nicolas Cazalé, Stéphane Rideau, Thomas Dumerchez, Jackie Berroyer
Sortie du 16 juin 2004






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