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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 3 janvier 2007 - 03/01/07

Le derniers des fous

Un film de Laurent Achard


L'un des plus beaux films français produit en 2006 : prix de la mise en scène au festival de Locarno et Prix Jean Vigo (2006)

ailleurs sur le web

(France , 2006, 95min.)
Avec Julien Cochelin, Pascal Cervo, Annie Cordy, Fettouma Bouamari, Jean-Yves Chatelais, Dominique Reymond
Prix de la mise en scène - Locarno (2006)
Prix Jean Vigo (2006)

Le sujet du Journal de la Culture sur Annie Cordy dans le film de Laurent Achard

Synopsis: Dans une grande ferme isolée de la campagne française, le jeune Martin (Julien Cochelin) assiste à la dérive de sa famille: sa mère (Dominique Reymond) ne quitte plus sa chambre au premier étage refusant de voir quiconque, son frère (Pascal Cervo) abandonné par son amant sombre dans l'alcool et la dépression, son père (Jean-Yves Chatelais) reste impuissant face à cette situation tant il est dominé lui-même par sa propre mère (Annie Cordy), un femme sèche et autoritaire. Dans ce chaos, seule l'intendante de la maison, Malika (Fettouma Bouamari), prodigue à Martin un peu d'affection...

Critique: L'enfance, la famille, la différence sont des sujets particulièrement chers à Laurent Achard, des thèmes communs à son premier film « Plus qu' hier, moins que demain » (1998) et à « La Peur petit chasseur » (2004), son dernier court-métrage très remarqué, issu de la collection « Portraits », Grand Prix au festival de Pantin et nommé cette année aux Césars. Ainsi, il semble naturel que Laurent Achard ait éprouvé de très fortes accointances avec le livre de Timothy Findley, « Le Dernier des fous », le récit au Canada d'une terrible désagrégation familiale vécue au travers des yeux d'un enfant. A l'aune de la matière littéraire déjà très éloquente de Findley, transposant cette histoire en France pour l'adapter au cinéma, Laurent Achard s'est arrimé prioritairement à l'idée de filmer le monde selon le point de vue unique et assez radical de Martin, un môme d'une dizaine d'années.

A cet égard, faisant fi d'expédients artificiels et d'interprétations psychologiques, le réalisateur avec un talent indéniable use du mystère fascinant que reflètent le visage et l'allure de son comédien, Julien Chochelin (Martin). Ce dernier est de tous les plans du film, sa démarche singulière, maladroite, ses regards insistants parfois opaques, ses intonations tendues, souvent atonales confinent à une émotion spectaculaire car au delà de toutes constatations objectives, elle parachève l'intention d'assister aux ressentiments intérieurs toujours bouleversants du petit homme. Face à lui, les comédiens donnent tour à tour le meilleur d'eux-mêmes. Pascal Cervo en premier lieu, installe une complicité subtile avec son petit frère Martin puis, à la suite de déchaînements inconsidérés, sombre progressivement dans un abandon désespéré mais toujours parfaitement mesuré. Dominique Raymond et Annie Cordy imposent chacune dans leur style une dimension implacable à leurs personnages de femmes écorchées, fortes et injustes. Fettouma Bouamari qui interprète Malika l'intendante, est un rayon de soleil incarné, un refuge de tendresse et d'humour qui permet à Martin de respirer un peu: chacune de ses apparitions représente une ponctuation délicate d'espoir dans le rythme du film. Pour nimber le tout, un autre personnage - immatériel celui-ci - joue un rôle d’importance: le son travaillé par Phillippe Grivel et Mathieu Cox, à lui seul raconte, entretient, segmente les différentes scènes du film dans un parallélisme jamais superfétatoire mais à l'inverse dans un esprit raffiné et supérieur. Particulièrement adapté lorsqu'il induit le hors-champ qu'affectionne tant Laurent Achard, le son est la faculté de rendre tangible les surgissements d'une violence le plus souvent absente à l'image, au même titre que Michael Haneke la prodigue dans ses films. Mais plus encore, à beaucoup d'autres endroits, les événements sonores sont pour Laurent Achard le moyen de propulser un imaginaire complètement intuitif et accommodants aux sensations et rêveries enfantines pour enfin, de manière très personnelle, honorer une complète réappropriation du Temps. Du fait de cette alchimie magnifique, « Le derniers de fous » offre au final la vision d'un auteur d'une rare générosité, se livrant entier dans l'ampleur de convictions irisées d'optimismes et d’un amour vibrant pour le cinéma.

Olivier Bombarda

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Le derniers des fous
Un film de Laurent Achard
(France , 2006, 95min.)
Avec Julien Cochelin, Pascal Cervo, Annie Cordy, Fettouma Bouamari, Jean-Yves Chatelais, Dominique Reymond
Prix de la mise en scène - Locarno (2006)
Prix Jean Vigo (2006)
Sortie du 3 janvier 2007
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Edité le : 02-01-07
Dernière mise à jour le : 03-01-07