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Samedi, 9 août à 21h50 - 04/08/08

Le fabuleux destin des inventions : Un tunnel vers le Far West



Le 9 février 1875, des centaines de personnes se pressent au bord d’une voie ferrée dans les environs de Fitchburg, une bourgade du Nord-est des Etats-Unis. Des quatre coins des USA, les curieux affluent pour assister à la première traversée du si fameux « Hoosac Tunnel ». Emaillé d’intrigues politiques et de tragiques accidents, ce chantier aura rempli les gazettes pendant plusieurs dizaines d’années. Pour la ville de Boston, l’inauguration de ce nouveau passage ouvre une porte vitale vers l’Ouest.

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Au milieu du XIXe siècle, les voies ferrées se multiplient, tissant  sur tous les continents une immense toile d’araignée. Les transports connaissent une réelle révolution ; tout le monde ne souhaite plus qu’une seule chose : aller et venir sans encombre et le plus vite possible.

Seuls les Etats de la Nouvelle-Angletterre, le berceau de la nation américaine, semblent irrémédiablement coupés de ce réseau de circulation : un imposant massif montagneux barre la route vers l’Ouest. Le projet de gravir l’obstacle en train se révèle irréalisable.

Mais l’industriel Alvah Crocker a une vision de génie pour sauver sa ville natale : « Si les trains ne peuvent pas passer sur les montagnes, alors nous les ferons passer à travers ! » Entreprise périlleuse, car le tunnel qu’il imagine devra être incomparablement plus long que tous ceux construits jusqu’alors. Les opposants à ce projet ne tardent pas à se mobiliser. Après de nombreux revers, Crocker, au bout de 26 ans, aura finalement raison de cette opposition acharnée. 26 années au cours desquelles il lutte pour la réalisation de son rêve devant l’assemblée régionale et contre la géologie supposée infranchissable. 26 années qui engloutissent plus de 21 millions de dollars, qui correspondraient aujourd’hui à la somme astronomique d’un demi milliard de dollars ! 26 années qui coûtent la vie à 193 personnes. 26 années pour faire exploser et extraire quelque deux millions de tonnes de roche, qui voient naître d’innombrables inventions techniques qui révolutionnent le forage des tunnels. Le tunnel Hoosac franchit une nouvelle étape : de la construction artisanale, on passe aux explosifs et à l’abattage mécanisé. Les bases des technologies minières modernes sont posées.

Le « père de tous les tunnels » symbolise l’entrée dans une nouvelle ère : la conquête du sous-sol ne rime plus avec danger de mort, elle devient réalisable.

Supplément d’information

Le documentaire montre qu’aujourd’hui encore, la construction des tunnels s’appuie sur des techniques éprouvées pour la première fois lors de la percée du tunnel Hoosac, qu’il s’agisse des gigantesques foreuses ou de l’utilisation d’explosifs. L’exemple le plus récent est celui du plus grand tunnel de tous les temps déjà en chantier dans les Alpes suisses, le tunnel du Saint-Gothard, qui sera long de 57 kilomètres. « Mission X » risque aussi un coup d’œil vers un futur plus lointain : un tunnel pourrait-il traverser l’Atlantique et relier New York à Londres ?

 

Un tunnel vers le Far West

Le 28 juin 1848 est une journée historique qui met sur les rails l’un des projets les plus audacieux du XIXe siècle. « En route vers Hoosac, en route vers l’Ouest ! » entend-on tonitruer dans les nobles salles du parlement régional de Boston. Homme d’affaires et homme politique, Alvah Crocker entend bien rallier les députés à sa cause. Il projette de construire le tunnel le plus long que l’humanité ait jamais connue pour relier directement par une ligne de chemin de fer Boston à l’Ouest des Etats-Unis, en traversant les imposantes Appalaches. Aux quatre coins de la planète, la presse internationale s’émeut, évoquant « la plus grand aventure de l’histoire du génie civil » pour qualifier le projet téméraire de Crocker. Plein comme un œuf, le parlement de la métropole de la côte atlantique n’a jamais vécu de débats aussi fiévreux. Crocker parvient finalement à faire adopter son projet si violemment controversé. C’est l’aube d’une nouvelle époque, qui verra l’avènement, en Amérique et ailleurs, des transports à grande vitesse et qui, grâce aux innovations techniques, jettera les bases de la construction de tous les tunnels à ce jour.

Les Etats de la Nouvelle-Angleterre sont coupés du reste des Etats-Unis par les contreforts de la chaîne des Appalaches, une barrière géologique, mais plus encore économique, de 1000 mètres d’altitude, qui barre la route aux marchés plus à l’Ouest. Pour la contourner, il faut transporter les marchandises en faisant un immense détour par le Canada ou par New York. Ville bouillonnante, déjà industrialisée, Boston cherche désespérément le moyen de mettre fin à cet isolement. Le rêve de percer un tunnel dans cet énorme massif a déjà fasciné des générations d’ingénieurs. L’endroit le plus propice pour le faire, c’est sur les flancs du mont Hoosac, la « montagne infernale ». Les sceptiques pensent que l’ambitieux projet est irréalisable. Le tunnel en question serait plus de deux fois plus long que le plus long construit à cette date dans le monde. Il faudra l’infatigable persévérance d’Alvah Crocker pour mener à bien ce projet réputé impossible. Pourtant, Crocker a en face de lui des adversaires de taille, des hommes d’affaires influents qui gagnent beaucoup d’argent avec leurs lignes le long des voies traditionnelles via le Canada et New York, qui se voient menacés par ses plans et qui tentent par tous les moyens de faire avorter le projet Hoosac.

Dans les 26 années qui suivent, Alvah Crocker réalise son rêve qui changera le monde, bravant toutes les réticences et toutes les infortunes. Pour relever tous les défis techniques, un travail de développement systématique commence, c’est une première. A eux seuls, les relevés topographiques durent deux années, eux aussi poseront des jalons pour l’avenir de ces techniques. Pendant la construction proprement dite, des centaines d’ouvriers percent la galerie des deux côtés sur une distance de huit kilomètres, 24 heures par jour, dans des conditions extrêmement périlleuses. On comptera plus de 180 victimes avant que le tunnel, qui reste le plus long à l’est des montagnes rocheuses, ne soit parachevé. Des techniques révolutionnaires d’abattage et d’utilisation d’explosifs accélèrent le travail et relèguent dans les manuels d’histoire le percement artisanal des tunnels. Plus de deux millions de tonnes de roche sont extraites de la montagne. Le projet titanesque engloutit l’équivalent d’un demi milliard de dollars actuels.

Lorsque le premier coup de pelle est donné, en 1850, ils sont nombreux à prétendre qu’il s’agit là de la pire erreur d’investissement jamais commise. Mais le 8 avril 1875, le jour où sous les yeux d’innombrables curieux et d’hommes politiques le premier train de marchandise traverse le tunnel du Hoosac, les journalistes ne tarissent pas d’éloges, comparant le tunnel aux merveilles du monde de l’antiquité. Alvah Crocker ne vivra pas ce jour de liesse. Il meurt quelques jours trop tôt, mais son infatigable volonté aura permis de poser la première pierre de l’ingénierie des temps modernes. Qu’il s’agisse du tunnel sous la Manche ou du projet mammouth actuellement en chantier des 56 kilomètres du Saint-Gothard, tous les grands chantiers souterrains seraient impensables sans les nouvelles techniques mises en œuvre par Alvah Crocker lors de la construction du tunnel de la « montagne infernale ».

 

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Le fabuleux destin des inventions - Un tunnel vers le Far West
samedi, 9 août 2008 à 21h50
(Allemagne, 2006, 52mn)
ZDF
Réalisateur: Axel Engstfeld
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Edité le : 04-08-08
Dernière mise à jour le : 04-08-08