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01/04/04

Le film

Jeudi 01 avril 2004
20.45

Max mon amour

Entre Margaret et Max, ce fut le coup de foudre ; depuis, c’est une histoire d’amour.

Après L’empire des sens et Furyo, qui traitaient sans ménagement de la question de la passion physique, Nagisha Oshima persiste en abordant un sujet qui perturbe la bienséance… Traité avec classicisme, le film fit scandale à Cannes.

Soupçonnant son épouse d’infidélité, Peter, riche diplomate anglais, engage un détective privé. Conduit au domicile des amants, le mari trompé découvre enfin celui qui partage le lit de l’infidèle : un chimpanzé. Obsédé par l’incongruité de son rival, Peter assaille son épouse de questions. Mais Margaret garde le secret sur son intimité avec Max. Jaloux, doutant pourtant de l’importance de cette relation amoureuse, Peter propose d’installer Max au domicile conjugal. Si cette cohabitation enchante leur fils, elle déclenche une allergie chez la bonne, la consternation des amis et crée des situations pour le moins délicates…

L’aristocratie au risque de la passion

À l’image du Charme discret de la bourgeoisie, écrit par Jean-Claude Carrière pour Bunuel, Max mon amour met en scène des comportements extrêmes au sein d’une classe sociale où dominent les conventions et la bienséance. Le décalage entre l’invraisemblance des événements et la rationalité de leur traitement fait de Max mon amour un trésor de mœurs, comique et froid. L’hermétisme de Charlotte Rampling, son jeu glacé et volontaire, sa détermination qui semble exclure la passion, associé au rationalisme poétique d’Anthony Higgins, le mari aristocrate qui tente de comprendre et de gérer l’ingérable, plonge l’histoire dans un climat fantastique. Celui-ci est agrémenté de multiples saynètes cocasses, comme celle d’un dîner mondain qui réunit les amis (Fabrice Lucchini, Bernard-Pierre Donnadieu…) ahuris quand Max, amené à table, entreprend la maîtresse de maison de ses voluptueuses caresses… La mise en scène accentue encore ces décalages et rompt les codes de bienséance : le montage, qui rapproche des situations parallèles que la morale préférerait garder disjointes, le cadrage aussi, qui tient à distance l’intimité familiale et rapproche les scènes scabreuses, comme celles qui unissent les regards de la femme et du chimpanzé. La caméra scandaleuse d’Oshima traite avec une pudeur très aristocratique l’impudeur d’une passion que l’on ne saurait voir. On sort de ce film ahuri.

Film de Nagisha Oshima (France, 1986, 1h31mn)
Scénario : Nagisa Oshima, Jean-Claude Carrière
Avec : Charlotte Rampling (Margaret), Anthony Higgins (Peter), Bernard-Pierre Donnadieu (Archibald), Victoria Abril (Maria), Diana Quick (Camille), Nicole Calfan (Hélène), Pierre Etaix (le détective), Sabine Haudepin (Françoise), Bernard Haller (Robert), Fabrice Luchini (Nicolas) Image : Raoul Coutard; Montage : Hélène Plemiannkov; Son : Jean-Philippe Le Roux; Musique : Michel Portal; Production : Greenwich Film Production, Films A2 ARTE FRANCE

En compétition, Cannes 1986

Edité le : 28-04-04
Dernière mise à jour le : 01-04-04