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vendredi, 8 octobre 2010 à 14:00 - 10/10/07

Le grand silence

En compagnie des moines de la Grande-Chartreuse, une expérience contemplative de près de trois heures dans un silence presque absolu : un documentaire exceptionnel déjà plébiscité par un million de spectateurs depuis sa sortie en salles.

Des cloches à intervalles réguliers, des pas qui résonnent sous les voûtes, l'eau qui goutte à la fonte des neiges, le souffle du vent dans les couloirs... À peine si les bruits familiers viennent troubler la paix monacale de la Grande-Chartreuse, dont les somptueux bâtiments s'élèvent sur le site d'un ermitage fondé en 1084 dans les Alpes grenobloises. Au rythme des jours et des nuits, au fil des saisons, le réalisateur nous invite à pénétrer dans un univers d'ordinaire inaccessible, où le silence est de règle. Les images épousent les mouvements furtifs d'une vie matérielle limitée au strict nécessaire, passent et repassent dans les mêmes lieux vides et austères, fixent les instants répétitifs (un moine prie, un autre étudie les Saintes Écritures, le cuisinier épluche les légumes, un autre encore travaille à l'atelier de confection). Elles glissent de l'ombre à la lumière, des sombres antichambres à la profondeur du ciel, invitent à la méditation sur la beauté naturelle des choses (flocons de neige en suspension, chatoiement de la poussière dans un rai de lumière, tombée de la nuit sur les montagnes), respectent le recueillement des âmes. Certaines prières sont les seuls moments où l'on entend des voix humaines.


INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

Un film qui tutoie l'absolu
Le projet du film remonte à 1984 mais ce n'est qu'en 1999 que le réalisateur a reçu l'accord du monastère. Seul avec sa caméra et ses micros, il s'est immergé pendant six mois parmi les chartreux, se soumettant aux règles rigoureuses de la communauté, partageant son quotidien scandé par les messes et les prières, logeant dans une petite cellule rudimentaire meublée d'un lit de paille. Il a pu assister aux offices de jour comme de nuit, suivre les premiers pas d'un novice, filmer les travaux et les jours, les repas et les jeux (les moines se lançant des boules de neige). La règle des chartreux voulant que l'on parle le moins possible (sauf si c'est utile pour le travail), c'est à l'aide de messages glissés dans une boîte que Philip Gröning communiquait avec ses hôtes. Dans ces conditions de tournage draconiennes, il a pu approcher le mystère de la vie monacale. "En moyenne, un moine passe soixante-cinq ans de sa vie là-bas, explique le réalisateur, soixante-cinq années au cours desquelles il se livre au même rituel jour après jour. Que représente le temps pour quelqu'un qui sait qu'il ne quittera plus jamais l'enceinte du monastère ?" Mais surtout, au-delà du déroulement d'une vie très structurée, il a réussi à saisir une part de l'essence de la vie contemplative. "Les moines s'évertuent à approfondir leur connaissance des choses. Je ne peux que souhaiter au spectateur d'expérimenter la même chose." Témoignage intense sur la foi et sur le temps, sur la répétition vitale des gestes et sur la solitude fondamentale, sur le renoncement aux biens de ce monde et sur la réclusion volontaire, Le grand silence, "film calme mais pas muet", est une expérience cinématographique unique, d'une beauté formelle exceptionnelle, qui permet au spectateur de se ressourcer au puits de l'absolu.


Le grand silence
vendredi, 8 octobre 2010 à 14:00
Pas de rediffusion
(Allemagne, France, Suisse, 2005, 161mn)
ZDF

Edité le : 10-10-07
Dernière mise à jour le : 10-10-07