INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES
Le projet du film remonte à 1984 mais ce n'est qu'en 1999 que le réalisateur a reçu l'accord du monastère. Seul avec sa caméra et ses micros, il s'est immergé pendant six mois parmi les chartreux, se soumettant aux règles rigoureuses de la communauté, partageant son quotidien scandé par les messes et les prières, logeant dans une petite cellule rudimentaire meublée d'un lit de paille. Il a pu assister aux offices de jour comme de nuit, suivre les premiers pas d'un novice, filmer les travaux et les jours, les repas et les jeux (les moines se lançant des boules de neige). La règle des chartreux voulant que l'on parle le moins possible (sauf si c'est utile pour le travail), c'est à l'aide de messages glissés dans une boîte que Philip Gröning communiquait avec ses hôtes. Dans ces conditions de tournage draconiennes, il a pu approcher le mystère de la vie monacale. "En moyenne, un moine passe soixante-cinq ans de sa vie là-bas, explique le réalisateur, soixante-cinq années au cours desquelles il se livre au même rituel jour après jour. Que représente le temps pour quelqu'un qui sait qu'il ne quittera plus jamais l'enceinte du monastère ?" Mais surtout, au-delà du déroulement d'une vie très structurée, il a réussi à saisir une part de l'essence de la vie contemplative. "Les moines s'évertuent à approfondir leur connaissance des choses. Je ne peux que souhaiter au spectateur d'expérimenter la même chose." Témoignage intense sur la foi et sur le temps, sur la répétition vitale des gestes et sur la solitude fondamentale, sur le renoncement aux biens de ce monde et sur la réclusion volontaire, Le grand silence, "film calme mais pas muet", est une expérience cinématographique unique, d'une beauté formelle exceptionnelle, qui permet au spectateur de se ressourcer au puits de l'absolu.






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