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Hommage à Jeanne Moreau

2008 : Jeanne Moreau fête ses 60 ans de cinéma et demeure l’une des plus grandes actrices européennes.

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mercredi, 13 février 2008 à 14:55 - 18/01/08

Le journal d'une femme de chambre

Une femme de chambre fraîchement débarquée dans un manoir provincial observe les manies de ses employeurs. Un tableau suffocant, cruel et virtuose, qui dénonce les moeurs de la bourgeoisie des années 30. Et Jeanne Moreau au sommet de son art.

Célestine, tout droit venue de Paris, est engagée comme femme de chambre dans une famille bourgeoise de province. Avec sa fraîcheur et son caractère affirmé, elle attire tous les regards et perturbe le quotidien des lieux. Dès son arrivée, elle subit le mépris de la maîtresse de maison, une puritaine frigide et maniaque du rangement. Elle doit aussi affronter les avances du mari de celle-ci, dévoré de frustration, et se prête avec une certaine sérénité au fétichisme étrange du vieux père qui, ancien cordonnier, lui fait porter une paire de bottines qu'il encense. Un jour, une petite fille du village est retrouvée assassinée dans les bois. Persuadée de la culpabilité de Joseph, un domestique détestable qui milite dans un parti d'extrême droite, Célestine accepte de l'épouser pour pouvoir le démasquer.


INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

Maîtres et valets
En revisitant le thème maîtres-valets hérité des comédies de Marivaux, l'écrivain Octave Mirbeau rédige en 1900 le journal d'une soubrette relatant les comportements pervers de ses employeurs. Buñuel reprend, dix-huit ans après Renoir, les éléments-clés du roman qu'il transpose dans la société du début des années 30. Avec une précision incisive et une ironie noire, il dresse le portrait d'une bourgeoisie dégénérée, dans une société qui s'apprête à se jeter dans les bras de Pétain. Une violence latente s'exhale des vices des protagonistes, reclus dans leur bastion provincial. Célestine - lumineuse et trouble Jeanne Moreau - évolue ainsi parmi des êtres malsains, inquiétants, interprétés avec sobriété par des acteurs terriblement vrais. Un mal-être général que Buñuel transcrit en jouant également sur des effets de surréalité. Notamment en mettant en scène de manière métaphorique la scène du meurtre : dans les bois, un sanglier pourchasse un lapin qui tente de se réfugier sous un buisson. Dans le plan suivant, trois escargots errent sur une jambe d'enfant inerte...

Disponible en vidéo à la demande sur www.artevod.com


Le journal d'une femme de chambre
mercredi, 13 février 2008 à 14:55
Pas de rediffusion
(France, Italie, 1963, 93mn)
ARTE F

Edité le : 18-01-08
Dernière mise à jour le : 18-01-08