Nous y prêtons rarement attention mais pourtant, les matches de foot sont là pour le prouver : lorsque l’on se trouve en présence d’autres personnes dans le même état d’esprit que nous, nos émotions sont amplifiées de manière tout à fait étonnante. Serait-il donc possible de transmettre des émotions par l’intermédiaire du langage corporel ?Des études neurobiologiques ont permis de découvrir que la communication entre deux personnes ne se limite pas seulement à leurs actions purement objectives. Par ses attitudes, une personne transmet à son interlocuteur un message subjectif, des impressions. Ces impressions ne doivent pas seulement être analysées de façon intellectuelle. Nous les comprenons de manière instantanée et intuitive.
Le langage du corps repose sur trois éléments : les mimiques, la gestuelle et les postures. Certaines de nos mimiques sont innées. C’est le cas, notamment, du rire.
Mais il est évident que de la plupart des mimiques ne sont pas innées. L’homme fait l’apprentissage du langage corporel ainsi que du langage "parlé" par imitation. Le langage du corps est donc plus une question de culture que de nature.
A l’"institut de spiraldynamik" de Zurich, on utilise de manière médicale le rapport qui existe entre les attitudes corporelles et les sentiments. La spiraldynamik est une sorte de pédagogie de l’anatomie, un mode d’emploi pour le corps. Elle a été mise au point par des médecins et des physiothérapeutes suisses et français.
Les patients commencent par apprendre à connaître les endroits de leur anatomie qui posent problème. Quelle est la meilleure façon de bouger ? Ils apprennent ensuite à mettre en pratique ces connaissances dans la vie de tous les jours. Ce n’est pas de la kinésithérapie, mais plutôt un réajustement des mouvements. Ici, il n’y a pas de traitement. La spiraldynamik est plutôt une sorte de prolongement de la physiothérapie classique.
Comment fonctionne ce lien étonnant qui existe entre notre corps et notre esprit ? Comment fonctionne le langage du corps ? Comment se fait-il que certaines personnes arrivent à ressentir ce que d’autres personnes éprouvent ? Depuis quelques années, des scientifiques se sont penchés sur la question. Cela s’explique par les neurones miroirs présents dans notre cerveau. Ces neurones ont été découverts il y a une dizaine d’années lors d’expérimentations sur des singes.
Des chercheurs de l’université de Parme, en Italie, sont parvenus à décrypter le fonctionnement d’un neurone bien précis dans le cerveau du singe. Ce neurone sert uniquement à saisir des objets. Il ne sert à rien d’autre.
Cela prouve donc qu’il existe des neurones spéciaux qui remplissent une double fonction. Ils permettent, d’une part, de réaliser une action, et d’autre part de s’activer lorsqu’on observe la même action réalisée par une tierce personne. Ils considèrent une activité qui nous est étrangère comme une activité propre. C’est la raison pour laquelle on les appelle des neurones miroirs. Les neurones du cerveau humain nous permettent à la fois de déclencher une action, mais aussi d’éprouver des sensations. Les neurones miroirs nous permettent donc d’imiter une action observée ou de la ressentir en temps réel.
C’est une découverte dont l’importance et les conséquences restent encore floues. Mais une chose est sûre, les neurones miroirs sont à la base des facultés de communication et d’empathie de l’être humain. Ils nous permettent, par l’intermédiaire du langage du corps, de communiquer de manière sensible avec nos semblables.
La découverte des neurones miroirs a également permis de livrer des informations à la médecine concernant des handicaps tel que l’autisme. Les autistes présentent un déficit en neurones miroirs. C’est la raison pour laquelle ils ont des difficultés à éprouver de l’empathie, et nouent très peu de contacts avec leur entourage.
Une autre nouvelle thérapie utilise les neurones miroirs dans le traitement des personnes victimes d’attaques cérébrales. Les patients observent des gestes simples sur une vidéo et doivent, ensuite, essayer de les reproduire. Ils peuvent également s’exercer devant un miroir. Le cerveau transmet l’action au côté paralysé et permet, ainsi, de fabriquer de nouveaux neurones.
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 29 aoüt 2006 à 14h00
Rediffusion du 04 octobre 2005
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF -ARTE G.E.I.E.






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