Avant l'arrivée des conquistadors, cette pratique était fréquente entre Jivaros, c'était donc une violence qu'ils développaient entre eux (intra-ethnique) avec des débordements interethniques, d'autres ethnies comme les Zaparos en faisant les frais ! En fait, la coutume des têtes réduites était pratiquée par les Indiens entre eux pour leur propre quête spirituelle. Il était important d'exécuter cette célébration selon un rituel immuable. Il fallait récupérer la peau de la tête de la victime et, par une série de décoctions et de séchages, la réduire jusqu'à la taille d'une pomme pour l'appliquer sur une boule de bois. Il fallait ensuite coudre les paupières, les narines et la bouche pour enfermer l'esprit du mort. De cette manière, les grands guerriers profitaient de son énergie. La guerre contre les Espagnols
L'état de guerre continuel qui résultait de la chasse aux têtes réduites rendait les Indiens particulièrement aguerris aux techniques modernes de guérilla. Ils devinrent célèbres pour leur férocité, leur combativité guerrière et les pièges qu'ils tendaient adroitement aux conquistadors dans la forêt. La légende amplifia l'histoire en soutenant que les accès du territoire Shuar étaient balisés par les têtes réduites des soldats espagnols. En un demi-siècle, la guerre contre les Espagnols fit plusieurs dizaines de milliers de morts du côté espagnol et beaucoup moins du côté Shuar… Les Espagnols, effrayés par tant de détermination, rendirent célèbres les tsantsa comme le symbole le plus horrible de la victoire du sauvage contre le civilisé.C'est donc indirectement grâce à la tsantsa que les Shuar délogèrent les Espagnols pour ainsi bénéficier de près de trois siècles supplémentaires de tranquillité. Le mythe des irréductibles réducteurs était né.
(Extraits du livre "Indiens Jivaros – Histoire d'une mort programmé"
de Jean-Patrick Costa; © Editions du Rocher 1997
>> plus d'infos sur ce livre dans notre rubrique Bibliographie)
- Témoignages de deux Indiens Shuar
(Extraits du documentaire "Sur la piste des Jivaros" d’Yves de Perreti):

Vidéo (Real Player; 21")"Pourquoi les gens s'entre-tuaient-ils? C'était une manière de faire justice. Si quelqu'un tuait un de nos frères, il fallait se venger en tuant un des siens. Les autres se vengeaient à leur tour. Si l'un coupait une tête, l'autre coupait aussi. C'était comme ça que se faisait la justice entre les tribus." (Angel Utitiaj)
"Les anciens, les Shuar authentiques, ceux qui sont mort avec la pagne et la couronne de plumes, n'ont certainement jamais eu honte de parler du "tsantsa". En revanche, ils étaient tenus à la discrétion, et ils ne devaient le raconter à personne, tant que l'auteur du meutre était en vie. Parce qu'eux-mêmes se seraient mis en danger, en racontant. Ils savaient que si un vieux parlait... et quelqu'un l'entende, il risquait de le répéter à la famille du mort. Cela aurait eu un impact très fort. Elle pouvait éprouver du ressentiment, se dire: Comment, cet homme qui a tué un membre de ma famille est encore en vie !Elle pouvait se venger. Dons les anciens restaient très discrets."






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