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Allemagne - 23/12/09

Le nouveau gouvernement allemand pourrait remettre en cause la sortie du nucléaire : le débat sur l’énergie reprend de plus belle

À Berlin, le changement de coalition va sans aucun doute bouleverser la donne en matière de politique énergétique. Angela Merkel, chancelière réélue, veut satisfaire tout le monde en misant à la fois sur les énergies conventionnelles et les énergies alternatives. Elle espère beaucoup de son initiative sur la protection du climat.


Émissions par unité de PIB: 0,3 kg/2005 PPP $

Émissions par habitant : 9,5 tonnes métriques

Croissance des émissions : -20 % (1990-2005)

Revenons en arrière au 27 septembre 2009 à 18 h. Les premières estimations tombent : on peut s’attendre à ce que les conservateurs (CDU/CSU) forment une coalition avec les libéraux (FDP). Sans les Verts, les chances de sortir du nucléaire sont compromises. À la veille des élections au Bundestag, les lobbyistes de l’industrie énergétique s’en étaient donné à cœur joie.

Au milieu des années 1980 se formait outre-Rhin un mouvement écologique « alternatif » qui devait donner naissance à un véritable parti politique. En 1998, après être longtemps restés dans l’opposition, les Verts trouvaient enfin, sous Gerhard Schröder, le chemin du gouvernement dont ils se partagèrent les ministères avec les sociaux-démocrates (SPD). Là, ils continuèrent à se battre pour leurs idéaux et, en 2000, le gouvernement rose-vert décrétait la sortie du nucléaire d’ici 2017. Une décision désormais remise en cause : lors des négociations de coalition, les conservateurs et les libéraux réfléchissent à haute voix sur une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires. Il n’y a pas encore de projet pour la construction de nouveaux réacteurs mais la porte est entr'ouverte.

Actuellement, l’Allemagne s’approvisionne à partir d’une multiplicité de sources d’énergie primaire : le pétrole (34,7 %) et le gaz naturel (22,1 %), qui garantissent ensemble la majeure partie des besoins; puis l’anthracite (13,1 %), la lignite (11,1 %), l’atome (11,6 %) et les énergies renouvelables (7,4 %).

Malgré tout, il semblerait qu’avec un gouvernement noir-jaune, composé des conservateurs et des libéraux, les anti-nucléaires autant que les pro-nucléaires aient des raisons de voir la vie en rose. En effet, depuis le début de son premier mandat, la chrétienne-démocrate Angela Merkel a tout fait pour que son parti soit labélisé « vert » : les grands axes de communication de sa politique sont la protection du climat et les énergies renouvelables.

En mars 2007, alors que l’Allemagne présidait l’Union européenne, les chefs d’État et de gouvernement s’étaient entendus sur une politique intégrée en matière de climat et d’énergie. Il était notamment prévu de diminuer d’ici 2050 les émissions de CO2 d’au moins 50 % par rapport à 1990. Entre 1990 et 2005, l’Allemagne a réussi à réduire ses émissions de gaz carbonique de 20 %, mais cela ne suffit pas. Autre objectif : faire passer d’ici 2020 à 30 % au moins la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité, ce qui nécessiterait un effort considérable.

En matière de politique énergétique, il semble tout à fait envisageable de miser à la fois sur le subventionnement des ressources alternatives et sur le maintien du nucléaire. Une action constante en faveur des énergies alternatives permettrait de rendre celles-ci abordables dans un avenir proche. Il ne faut pas rater le coche : l’opinion est actuellement plutôt favorable à tout ce qui est en faveur de l’environnement. Mais il serait naïf d’occulter le facteur coût. Car même si la majorité de la population allemande préfére sans doute les énergies alternatives, elle recule devant les coûts. Un aspect dont le nouveau gouvernement devra tenir compte.

Anne Meister

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Regards croisés n° 14
Énergie : politique, lobbies et environnement
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Edité le : 11-12-09
Dernière mise à jour le : 23-12-09


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