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Les mercredis de l'histoire Les mercredis de l’histoire proposent une approche critique des événements et épisodes de l’histoire européenne et internationale.

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Sophie Scholl - Les derniers jours - 26/06/07

Le renouveau du cinéma allemand

Après Good bye Lenin ! et Head-on, avant La vie des autres, énormes succès tant en Allemagne qu’à l’étranger, le film de Marc Rothemund appartient lui aussi à cette “nouvelle vague” allemande qu’ARTE a soutenue avec ardeur. Entretien avec Andreas Schreitmüller, responsable de la Fiction et du Cinéma pour la chaîne.

Le renouveau du cinéma allemand, symbolisé par la carrière triomphale de La vie des autres, réalisé par un jeune homme de 33 ans, est-il lié à l’émergence d’une génération ?
Depuis une dizaine d’années est en effet apparue une nouvelle génération de réalisateurs et de réalisatrices, âgés de 30 à 45 ans, dont
Fatih Akin (Head-on), Florian Henckel von Donnersmarck (La vie des autres), Hans-Christian Schmid (Au loin, les lumières, Requiem), Marc Rothemund (Sophie Scholl) ou encore Sandra Nettelbeck (Chère Martha). Ils sont très intéressés par la politique et l’histoire, mais aussi par l’émotion, le suspense et l’humour. Ils ne négligent pas l’aspect divertissant ou glamour du cinéma, contrairement à leurs aînés – Rainer Werner Fassbinder, Werner Herzog, Helma Sanders-Brahms… Florian Henckel von Donnersmarck appréciera que l’on qualifie son film de thriller, ce qui je crois, n’aurait pas fait plaisir à un cinéaste de la génération précédente.

Après une longue absence, beaucoup de films allemands sont désormais distribués à l’étranger, notamment en France. Sont-ils devenus plus “exportables” ?
Indépendamment de l’augmentation significative de la production (passée de 87 films en 1995 à 174 en 2006), tout a débuté avec le succès de Good bye Lenin ! de Wolfgang Becker, en 2003. Soudain, les distributeurs français et étrangers ont décidé de montrer des films allemands. Auparavant, ceux-ci avaient la réputation d’être ennuyeux, même en Allemagne d’ailleurs, où seules les comédies populaires remplissaient les salles. Good bye Lenin !, qui a fait plus de 6 millions d’entrées à domicile, a inversé la tendance. Ce n’était plus arrivé depuis vingt ans : le dernier grand succès en France d’un film allemand, c’était avec Les ailes du désir de Wim Wenders, en 1987 ! L’excellent accueil commercial, mais aussi critique, réservé ensuite à Head-on (Ours d’or à Berlin en 2004) et à Sophie Scholl, qui a dépassé le million d’entrées en Allemagne, ont confirmé celui du film de Becker. Nous avons coproduit ces trois films, parmi la vingtaine de longs métrages allemands que nous soutenons chaque année – de son côté ARTE France Cinéma soutient un nombre équivalent de films français.

Les festivals internationaux jouent-ils un grand rôle dans ce renouveau ?
Pas tant que cela en ce qui concerne les gros festivals. À Cannes, par exemple, cela faisait dix ans qu’aucun film allemand n’avait été sélectionné en compétition officielle, avant The edukators de Hans Weingartner (également coproduit par ARTE et diffusé le 24 mai). Je suis très content que Auf der anderen Seite (De l’autre côté de la vie), le nouveau film de Fatih Akin, soit sélectionné aujourd’hui. Par contre, le jeune cinéma d’auteur allemand est bien représenté dans quantité de festivals à commencer par Locarno, par exemple. Il y a aussi les prix nationaux, comme les Deutscher Filmpreis, qui viennent de distinguer Vier Minuten, un film de Chris Kraus, que nous avons également coproduit.

On parle aussi de plus en plus de la nouvelle génération d’acteurs allemands, de Daniel Brühl à Martina Gedeck. Comment les percevez-vous ?
C’est aussi une question de nouvelle génération, qui inclut des acteurs ayant la quarantaine. Autrefois, les acteurs allemands connus internationalement étaient ceux qui habitaient Paris, comme Hanna Schygulla ! Je pense qu’aujourd’hui, il est plus facile de s’identifier à des comédiens comme Daniel Brühl ou Martina Gedeck, car ils jouent davantage sur l’émotion. Auparavant, les films et le jeu des acteurs étaient plus distanciés, plus cérébraux.

Propos recueillis par Marie Gérard.

>> Le programme "Sophie Scholl – Les derniers jours" est disponible en VOD sur www.artevod.com et en DVD dans www.arteboutique.com

Edité le : 31-05-07
Dernière mise à jour le : 26-06-07


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