Un mélange étrange, qui nous a permis de passer le temps en débats d'idée en attendant le train pour quitter Angoulême. Car la SNCF - partenaire du festival - connaissant quelques soucis de caténaires, les auteurs, éditeurs, journalistes et festivaliers ont eu la chance de passer quelques heures en sus dans les courants d'air de la gare, de quoi faire sécher les larmes de nostalgie qui coulaient sur nos joues.
On est donc revenu sur ce palmarès hybride. "Cette année vous verrez, ce sera le dessin." Nous avait dit Christophe Brunella, le spécialiste ARTE. Le "dessin", cela semblerait logique à tout néophyte, pour qui la BD, c'est de toute façon du dessin. Eh bien non. C'est le dessin majuscule qui a été primé, le fin, le beau, du chroniqueur social Baru (Grand Prix de la Ville d'Angoulême, donc président de la prochaine édition), David Prudhomme (prix "Regard sur le monde" pour Rebetiko), de Camille Jourdy (sa Rosalie Blum lui vaut le "prix Révélation"). Alain Dodier (prix de la série pour son Jérôme K, Jérôme Bloche volume 21). Et Joe Daly (prix spécial du jury pour Dungeon Quest).
Enfin l'Allemand Jens Harder, le favori de tous les pronostics pour le Grand prix, a été gratifié du "Prix de l'Audace" pour son oeuvre magistrale, Alpha.
Dans cet aréopage a débarqué un personnage à la face et au langage mal dégrossis, Pascal Brutal, le héros déjà légendaire de Riad Sattouf. Il remporte le Fauve d'or. Très belle victoire pour les Editions Fluide glacial, et pour l'humour populaire en général. Comme quoi il y a de la place pour tous sur le podium. Pas moins de onze prix à distribuer pour le palmarès officiel, cela permet de rester amis avec de nombreux amis.
J'oubliais celui-ci : le fauve SNCF décerné chaque année par les usagers, revient à Paul à Québec, aux Editions de la Pastèque. Bonne route à son auteur, donc, Michel Rabagliati. Quant au train, le voici. Notre troupe transie s'imbrique, entre ses valises et les cartons à dessin. Le jeune Japonais en face sort son carnet à croquis. Angoulême se repose, on se réveille à Paris.
Un article de Cécile Magne







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