Lee Chang-Dong : "Quand j’ai été nommé ministre, il ne s’agissait pas pour moi d’accéder à un poste de gloire, mais de rendre service au public ; mission difficile, sans doute au-delà de mes compétences. Je me considère à la fois comme écrivain et cinéaste." Question : Dans vos livres et dans vos films, un thème revient tout le temps : le thème de la frontière entre le bien et le mal, des rapports ambigüs entre bourreau et victime, et c’est un thème quasi obsessionnel.
Lee Chang-Dong :"Les Coréens ont en eux-mêmes deux aspects contradictoires. On peut parler d’une attitude schizophrénique. Les fers barbelés semblent exister aussi à l’intérieur de chaque Coréen. Tant la haine et l’amour ont les mêmes racines. La valeur sociale attribuée au développement économique et celle qui veut préserver ce qui nous est cher, ce qui est mental, sont entremêlées, se heurtent. Dans la vie, le bien ne se distingue pas clairement du mal. Comme dans un de mes récits, on demande si le sel est sucré ou amer, alors qu’il est salé. C’est ce que j’ai envie d’exprimer."
« Oasis », primé à Venise, met en scène un simple d’esprit, un demeuré exploité par sa famille qui a fait de la prison pour une faute qu’il n’a pas commise. Il aime maladroitement une jeune femme handicapée et tente même de la violer mais saura s’en faire aimer. «Oasis » est un film sur les frontières, sur ce qui isole chacun d’entre nous des autres, ce qui sépare les gens normaux et les handicapés.
DVD
Oasisde Lee Chang-dong
avec : Sol Kyung-gu, Moon So-ri
Corée du Sud 2002
disponible en DVD chez ARTE Video
>> Lire notre critique
>> La boutique ARTE en ligne
Hong Jong-Du, considéré par ses proches comme un peu dérangé, vient d'être libéré. Le voilà contraint de se réinsérer dans la société, avec l'aide un peu contrainte de sa famille. Hong Jong-Du a gardé une âme d'adolescent gaffeur, ce qui rend cette tâche assez rocambolesque. De plus, le jeune homme éprouve un certain intérêt pour Hang Gong-ju, une jeune handicapée qui n'est autre que la fille de celui qu'Hong Jong-Du a tué dans un accident de la circulation, entraînant son incarcération. Les familles de deux jeunes gens voient cette relation d'un très mauvais il, autant en raison de l'infirmité de la jeune femme que du lien macabre qui les unit.
Livre
Nokcheonvon Lee Chang-Dong
Editions du Seuil
" Il remarqua beaucoup de plastiques parmi les déchets, autant d'ordures qui ne pourriraient jamais, qui seraient au même endroit, sous terre, des dizaines de milliers d'années après. De ce sol sans aucune vie allaient surgir des structures de béton armé. Il ignorait si c'était à cause d'une différence d'altitude avec d'autres régions qu'il fallait autant de camions d'ordures pour aplanir le terrain. Il avait l'impression en tout cas d'être le spectateur des coulisses de la misère, comme s'il voyait les planches et le coton élimé qui servaient à construire un somptueux décor de théâtre. " Joonsik pense que toute vie l'a abandonné, quand il reçoit la visite de son jeune frère Minwoo, expulsé de l'université pour ses activités politiques. Minwoo va bouleverser la vie de son ménage et en révéler les failles. À travers cet événement familial, c'est toute l'évolution de la Corée qui est évoquée symboliquement, comme dans la seconde nouvelle, dont l'héroïne, Shinhye, est, au cours d'un interrogatoire d'une rare violence, injustement accusée d'avoir une liaison avec un militant politique. Ces deux brefs récits, poétiques et politiques, permettent de découvrir l'œuvre littéraire d'un grand cinéaste coréen.
..........................................
Metropolis
Samedi 18 février 2006 à 01h05
Rediffusion le 19 février à 18h05
Rédaction : Online Production
..........................................







Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter