Leonard Joseph alias « Lennie » Tristano est né le 19 mars 1919 à Chicago dans une famille modeste d’immigrés italiens. A 9 ans, il contracte la grippe espagnole qui lui fera perdre la vue. Sa mère lui enseigne très tôt le piano. Il apprend à jouer du saxophone, de la clarinette et du violoncelle dans un institut pour jeunes aveugles. Il dirige des orchestres scolaires et universitaires, intègre le American Conservatory of Music dont il sort avec un diplôme de piano et de composition, et suit également une formation à la Christiansen School of Popular Music de Chicago. Il finance ses études en se produisant avec des formations de dixieland et de mambo, et en jouant du piano solo dans des bars.Sa virtuosité proche de celle d’Art Tatum fascine entre autres le saxophoniste alto Lee Konitz et le guitariste Billy Bauer, avec lesquels Tristano travaillera souvent par la suite. Le bassiste Chubby Jackson fait venir le pianiste à New York, où ce dernier donnera des cours privés et enregistrera en 1946/47 quelques disques en solo et en trio. Ses concerts dans les clubs « Three Deuces » et « Birdland » lui valent non seulement les faveurs du public mais aussi celles des musiciens et des critiques. En 1947, la revue « Metronome » sacre « Lennie » Tristano « Musicien de l’année ». Celui-ci se taille en peu de temps une réputation de rénovateur du cool jazz et de pionnier du free jazz. La « lutte pour la musique pure » devient son cheval de bataille. Lester Young incarne pour lui l’idéal de la musique pure. Tristano est également marqué par les pianistes Earl Hines, Teddy Wilson et Bud Powell. Il déclare un jour : « Il faut s’imprégner de tous les grands musiciens, indépendamment de l’instrument dont ils jouent. Car ce ne sont pas les notes qui font le jazz, mais le feeling derrière tout ça ». L’improvisation en jazz est essentielle à ses yeux. Avec Lee Konitz, Tristano exerce pendant longtemps une influence sur des jazzmen même de l’autre côté de l’Atlantique, comme Albert et Emil Mangelsdorff, Jutta Hipp et Hans Koller.
Lennie Tristano meurt le 8 novembre 1978 à New York. A titre posthume, la revue « down beat » l’admet dans le « Hall of Fame », le saint des saints du jazz.
Le présent CD, sobrement intitulé « Lennie Tristano », comporte quelques-unes de ses compositions, deux en solo et deux en trio, dont le très remarqué « Requiem ». Cinq autres morceaux sont des standards enregistrés en live avec le Lee Konitz quartet dans un restaurant new-yorkais. Tous ces titres datent de 1955.
Texte : H.-Werner Wunderlich
« Lennie Tristano »Atlantic 8122-73712-2
(Distribué par Warner)






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