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Dossier Alfred Hitchcock

Petite mosaïque chronologique de la promenade américaine de maître Hitchcock dans les profondeurs de l’inconscient…

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Dossier Alfred Hitchcock

Petite mosaïque chronologique de la promenade américaine de maître Hitchcock dans les profondeurs de l’inconscient…

Dossier Alfred Hitchcock

Cycle Hitchcock - 20/10/09

Les Amants du Capricorne

Un film d’Alfred Hitchcock


Second film d’Hitchcock en Technicolor, « Les Amants du Capricorne » au rendu très pictural constitue à bien des égards un défi technique hallucinant.

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L’histoire

Un film d’Alfred Hitchcock
(USA, 1949, 117 mn)
Avec Joseph Cotten, Ingrid Bergman, Michael Wilding, Margaret Leighton
1831. Sidney, Australie. L’Irlandais Charles Adare (Michael Wilding) débarque avec son oncle, le nouveau gouverneur de la province, en espérant faire fortune. Au hasard d’une rencontre, il se lie d’amitié avec Samson Flusky (Joseph Cotten), un ancien bagnard devenu riche. La femme de Sam, Lady Henrietta (Ingrid Bergman) était une amie proche de la sœur de Charles en Irlande. Sam encourage leur amitié en espérant qu’elle va guérir sa femme de l’alcoolisme dans lequel elle a sombré. Mais la gouvernante, Milly (Leighton), qui aime en secret Sam, pousse Henrietta à boire en cachette. Charles va bientôt découvrir le secret qui lie Sam et Henrietta et qui empoisonne peu à peu leur vie…

L’apparition rituelle d’Alfred

Cette signature visuelle marque les trois quarts des films d’Alfred Hitchcock. Pour que ce petit clin d’œil n’accapare pas trop longtemps l’attention du spectateur, le cinéaste s’est toujours arrangé pour faire son apparition dans les trois premières minutes du film. Ici il fait partie de la parade en l’honneur du gouverneur sur la place : il porte un manteau bleu et un haut-de-forme brun. C’est un des seuls films où il apparaît en costume d’époque. Mais exception à la sacro-sainte règle des « trois minutes », Hitchcock réapparaît une seconde fois en compagnie de deux autres hommes sur les marches de la maison du Gouverneur, dix minutes plus tard !

Bruits de couloir sur le film

Pour la petite histoire Margaret Leighton (Missy dans le film) et Michael Wilding (Charles) se sont mariés en 1964, parès avoir travaillé plusieurs fois ensemble… Wilding s’est ensuite retiré du métier d’acteur pour juste devenir un « fan » inconditionnel de sa femme.
Dans son autobiographie, "Vanity Will Get You Somewhere", l’acteur Joseph Cotten surnomme ce film avec un quasi anagramme de son titre original « Under Capricorn » : "Under Corny Crap", ce qui signifie approximativement « sous le nanar kitsch » !

Un drame shakespearien

A la manière de l’effrayante Mrs Denver qui manipule sa jeune maîtresse dans le magnifique « Rebecca » (1940), la gouvernante Milly jouée par Margaret Leighton torture mentalement sa maîtresse, la rabaisse et encourage Lady Henrietta à boire plus que de raison jusqu’à essayer de l’empoisonner au sens propre. Dans une scène étonnante, elle souffle des insinuations machiavéliques à l’oreille de Sam. Son approche très perverse rappelle avec force celle de Iago dans la pièce de William Shakespeare « Othello ». La scène où elle apporte un verre de poison évoque évidemment celle, célèbre, de « Soupçons ». Le jeu de Joseph Cotten n’est pas aussi sans rappeler celui d’un grand acteur shakespearien, Orson Welles, son compère du Mercury Theater qui l’a dirigé dans nombre de chefs d’œuvres, par son jeu et la tessiture de voix, sombre et grave.

Un Technicolor « mobile »

Second film d’Hitchcock en Technicolor, « Les Amants du Capricorne » au rendu très pictural constitue à bien des égards un défi technique hallucinant. Le cinéaste a choisi d’utiliser dans quelques prises le procédé qu’il avait déjà mis en œuvre dans la Corde en 1948 : des prises d’une durée de 11 minutes (la durée complète d’une bobine dans le chargeur à l’époque). La caméra souvent subjective ou quasi-subjective s’attache à suivre le personnage de Charles qui découvre un monde puis met en place les pièces du puzzle de l’histoire d’Henrietta. C’est le chef opérateur génial Jack Cardiff surnommé par ses pairs l’ « enfant terrible du Technicolor » pour ses innovations techniques qui se charge de mettre en place ses plans parfois éclairés « à la bougie » comme la scène de la réception. Il faut imaginer qu’en 1949 la caméra technicolor pesait aussi lourd qu’une voiture, faisait plus de 2m cube et que le procédé en trois couleurs était peu stable au variations de lumières ! Hitchcock l’a d’ailleurs expérimenté à ses dépends quand lors d’une scène romantique entre Wilding et Bergman la caméra lui est passée sur le pied et lui a brisé le gros orteil !

Ingrid Bergman, héroïne gothique

On peut essayer d’expliquer le relatif échec commercial du film aux USA par son manque de suspens (Hitchcock se concentre plus sur le passé des protagonistes et le triangle amoureux) et une fin de film un peu trop happy. Comme dans « Rebecca », le film comporte nombres d’éléments gothiques et fantastiques : de l’impressionnante tête réduite sur l’oreiller à la demeure gothique Minyago Yugilla (qui signifie « pourquoi sanglotez-vous ? »). Néanmoins ce film a suscité des critiques enthousiastes de Chabrol et de Truffaut en 1958 dans les Cahiers du Cinéma. Pour eux, grâce à des scènes étonnantes, le reflet de l’héroïne dans un miroir improvisé, ses aveux, ou le très gros plan sur ses yeux quand elle surprend sa gouvernante essayant de la tuer, ce film était une véritable ode au visage d’Ingrid Bergman.

Delphine Valloire


Le début du film (avec le générique) en VO non sous-titrée


La musique du film – compositteur : Richard Addinsell


Une comparaison entre Psychose et Les Amants du Capricorne : la scène de la découverte de la maison gothique : (Michael Wilding marche vers Minyago Yugilla et Vera Miles marche vers la maison de Norman Bates)


Le monologue d’Ingrid Bergman en VO non sous-titrée


Attention « spoiler », la fin du film : la tête sur le lit et le poison en VO non sous-titrée


Les amants du Capricorne
mercredi, 14 octobre 2009 à 14:45
Pas de rediffusion
(Royaume Uni , 1949, 112mn)
ZDF

Edité le : 16-10-09
Dernière mise à jour le : 20-10-09