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ARTE Journal - 23 février 2010 - 28/04/10

"Les Carnets Blancs" de Mathieu Simonet

Un reportage de Denis Michelis

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En 1984, Mathieu Simonet a 11 ans et commence à tenir un journal. 20 ans plus tard, il décide, pour des raisons de place, de se délester de ses carnets intimes - une centaine au total. Mais plutôt que de les jeter, ce jeune auteur préfère orchestrer leur disparition avant de les confier à des artistes… Illustration d'un livre pour enfants, tissu improvisé pour robe de mariée, cache-sexe pour modèle de nu, matière première pour sculpture, lorsqu'ils ne partent pas en fumée, les souvenirs de Mathieu Simonet se réincarnent en œuvre d'art.
D'autres carnets ont été confiés à des inconnus, dissimulés, ou encore envoyés à l'autre bout du monde. L'intérêt pour l'auteur : provoquer une rencontre. Car à force de confier son intimité aux autres, les autres ont fini par se confier à l'auteur et c'est aussi tout cet échange qui est contenu dans le roman. "Par cet exercice, les gens m'ont parlé de leur rapport à leurs journaux intimes, m'ont parlé de leur intimité et ce qui m'excitait c'était d'être de manière collective dans une intimité." raconte Mathieu Simonet.

Partir de sa propre histoire pour inspirer son prochain, avec ses carnets blancs Mathieu Simonet brouille les pistes du genre autobiographique. Une approche nouvelle qui ne manque ni d'ambition, ni de charme.


Le reportage

Expositions

Les Carnets blancs
jusqu'au 27 février 2010 au "24 bis" - Paris

En association avec les Euménides, une exposition sur « Les Carnets blancs » se tiendra dans plusieurs endroits à Paris au mois de mai.

Liens


Le livre


"Les Carnets Blancs" de Mathieu Simonet
aux éditions du Seuil

" Fut-il se séparer de ses journaux intimes ? Les garder a-t-il un sens si on ne les relit jamais ? Il aurait été pour moi inimaginable de me séparer de mes journaux intimes. Pourtant, dans un geste masochiste, j'imaginais d'orchestrer pour chaque séparation une forme de suicide : l'un serait coulé dans un canal, l'autre serait immolé, un troisième serait planté sur le pic d'une grille. Au début, j'ai effectivement orchestré des sortes de "suicides", puis j'ai adouci la disparition de mes carnets, je les ai déposés dans des oeuvres d'art, dans des bibliothèques, dans des lieux publics : En parallèle, je les relisais intégralement (ce que je n'aurais pas fait si je n'avais pas su qu'ils allaient ensuite disparaître). Peu à peu, ce projet était de moins en moins un geste masochiste, mais au contraire un geste joyeux, ludique, que je voulais faire partager. J'en parlais à tous ceux que je rencontrais. Certains étaient touchés, et voulaient y participer. À ceux-là, je donnais un carnet, et leur laissais carte blanche. Une centaine de personnes ont participé à ce projet. Un couturier a confectionné une robe à partir des pages d'un de mes carnets. Un cuisinier a tenté de faire un gâteau. Des enfants ont réalisé une fresque murale. Un carnet rouge a fait un tour du monde. " M.S.

Edité le : 23-02-10
Dernière mise à jour le : 28-04-10


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