De Farkhondeh Torabi, Morteza Sarkani et Vajiollah Fard-e-Moghadam(Iran, 1992-2000, 46 mn)
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Synopsis : Réunion de trois courts métrages d’animation iraniens produits par le studio Kanoon, un institut centré depuis quatre décennies sur le développement intellectuel des enfants et des adolescents. Les films font appel à plusieurs techniques artisanales, le papier découpé inspiré par les motifs des tapis persans ou des éléments textiles divers. Ils se rejoignent par la mise en valeur des thèmes séminaux comme l’amour et le partage au sein de la cellule familiale, ou les vertus de l’entraide.
Critique : Le logo du studio Kanoon est à l’effigie d’une poule, quand les contes animés produits sous sa bannière mettent en scène des personnages strictement animaliers : des poissons, des chevreaux, un poussin… Une nouvelle fois, l’enfant a l’occasion de regarder le monde et son organisation par le prisme de l’animalité. Ces courts métrages dépassent toutefois ce postulat très commun pour privilégier une narration intuitive, qui fait appel à l’imaginaire du spectateur d’une manière libre, dépourvue du conditionnement propre à bon nombre de productions occidentales. Portés par une musique intrigante, affiliée au genre de la berceuse ou de la comptine par le biais d’une orchestration traditionnelle, ils jouent des effets d’optique et de la rotation sur une toile de fond en invoquant un primitivisme érudit, fort et résolument évocateur. Le lien avec un cinéma iranien « adulte », lui aussi partisan de l’allégorie (souvent pour des motifs de censure), est tout à fait avéré.
Dans cette nature de coton et de lainage, dont on célèbre la beauté autant que la dimension prédatrice, les trois contes s’appuient sur des récits élémentaires : « Le Poisson arc-en-ciel » de Farkhondeh Torabi (1998) s’amuse d’un poisson dont les belles écailles l’incite à se distinguer de ses compagnons aquatiques pour réaliser, à la faveur de plusieurs épreuves dangereuses, que le réflexe communautaire est parfois vital. « Shangoul et Mangoul » (2000) de Farkhondeh Torabi et Morteza Sarkani convoque loups et chevreaux afin de promouvoir le lien familial, quand « Lili Hosak » (1992) de Vajiollah Fard-e-Moghadam le précise en impliquant cette fois toute la basse-cour. Les onomatopées forment le seul dialogue, émancipant à nouveau le discours de toute forme de déterminisme et de balise restrictive… Ce programme a été distribué au cinéma par les Films du Préau, une structure basée sur l’association des séances scolaires avec les salles d’art et essai, afin d’accorder les demandes de ce réseau indépendant à celle des enseignants, et de construire la séance pédagogique autour d’une zone géographique (ici l’Iran) ou d’une thématique commune. Au travers de ce travail de proximité, le souci d’établir un lien rapproché et soutenu se distingue d’une exploitation cinématographique à visée strictement industrielle, de plus en plus répandue dans le domaine des programmes pour enfants.
Les Bonus : Afin de favoriser le réflexe interactif, indispensable à un objet à destination des enfants, cette édition DVD inclut un cahier d’activités qui prolonge la séance, afin de la compléter de manière pédagogique : jeux et informations s’imbriquent en corollaire des trois films du studio Kanoon.
Julien Welter
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Les Contes de la mère poule
De Farkhondeh Torabi, Morteza Sarkani et Vajiollah Fard-e-Moghadam
(Iran, 1992-2000, 46 mn)
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Trois films d’animation iraniens, qui sollicitent l’imaginaire de l’enfant au lieu de le conditionner.
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