Taille du texte: + -
Accueil > Echappées culturelles > LIVRES, le site livres d'arte.tv

LIVRES

Entre John Fante et Bukowski, un ovni littéraire acide et culte.

> Rencontre avec Owen Matthews > "Les Enfants de Staline" d'Owen Matthews

LIVRES

Entre John Fante et Bukowski, un ovni littéraire acide et culte.

LIVRES

07/10/09

"Les Enfants de Staline" d'Owen Matthews

Véritable saga familiale, Les Enfants de Staline donne à voir comment la complexité politique d’une période noire de l’Histoire vient bouleverser la vie d’individus bien vivants, ivres d’amour et de courage.

Voir l'interview d'Owen Matthews

Le 14 octobre 1937, Boris Lvovitch Bibikov, membre du Parti communiste et cadre dirigeant de l’exemplaire usine ukrainienne de Karkhov, est fusillé à Tchernigov.
Soixante dix ans plus tard, Owen Matthews, son petit-fils d’origine anglaise, reporter pour le Moscow Times, rouvre le dossier poussiéreux de cette victime des purges. De là, il remonte habilement le fil d’une histoire personnelle intimement liée à celle du dernier demi-siècle : sa mère, Ludmila, élevée dans les orphelinats staliniens, devenue brillante bibliothécaire grâce aux bourses d’Etat, rencontre Melvin Matthews en 1963. Cet étudiant russophile, harcelé par le KGB, puis victime des excès de la guerre froide, fera tous les sacrifices au nom d’un amour contrarié.

Jusqu’ici, on pourrait n’avoir à faire qu’à un récit généalogique et linéaire de plus, le témoignage de vies rocambolesques, merveilleuses et tragiques comme savent si bien les faire les aléas géopolitiques. Pourtant, Les Enfants de Staline est une histoire pleine de suspens et de rebondissements, un thriller historique doublé d’une quête personnelle.

Lorsqu’il commence son enquête, Owen Matthews est un jeune homme sans ambitions ni racines, fraîchement débarqué à Moscou et bien décidé à prendre part à tous les excès qu’offre cette ville débridée. À l’issue ce pèlerinage familial en terres soviétiques, on découvre un adulte grandi et un journaliste affûté, dont la sagesse profite largement au lecteur.
En fouillant le passé à la lumière du présent, Owen Matthews dresse un portrait réaliste de la Russie d’aujourd’hui, prompte à l’irrationnel et à l’emphase : il en raconte les plaisirs et les trahisons, les grandeurs et les manipulations.
Il rend enfin hommage à Milan Kundera, pour qui « la lutte de l’homme contre le pouvoir est celle de la mémoire contre l’oubli. »
 


Salomé Kiner

Edité le : 06-10-09
Dernière mise à jour le : 07-10-09