De Detlev BuckAllemagne, 2006
Avec David Kross, Jenny Elvers-Elbertzhagen, Hans Löw …
Synopsis : Miriam (Jenny Elvers-Elbertzhagen) réside dans le quartier agréable de Zehlendorf à Berlin, en compagnie de son fils Michael (David Kross). La demeure appartient à Klaus, qui entretient la jeune maman et l’adolescent jusqu’au jour où une altercation débouche sur la séparation. Miriam et Michael se retrouvent à la rue. Sans le sou, ils posent leur valise à Neuköln, un quartier populaire en proie à la délinquance juvénile et au trafic de drogue. Malgré son caractère éveillé, Michael ne peut échapper à la fréquentation de ce milieu, que ce soit par le racket qu’il subit ou les cambriolages auxquels ils commencent à participer. Il ne révèle rien à Miriam, absorbée par le souvenir de son existence bourgeoise.
Critique : Quartier bigarré, mais victime de la paupérisation et de l’éloignement de certains pouvoirs publics, Neuköln selon Detlev Buck est un monde brutal, auquel sa mise en scène ne répond pas tout à fait par une absence complète de subtilité. A ce titre, Gerber le policier moustachu (Hans Löw) est un personnage édifiant et romancé dont la charge est lourde : incarner à lui seul la nécessité de ne pas lâcher prise et restaurer l’idée de la compassion dans un milieu qui en a fait son deuil. Plus aisément séduisante est la partition offerte au jeune David Kross, un remarquable avatar germanique du brésilien Pixote et du français Antoine Doinel. Lancé dans les rues de Berlin, son personnage malin et tout à la fois exposé pousse vers le haut un film dont l’économie et le caractère ramassé rapprocheraient presque sa facture des films noirs américains de série B, tournés au cours des années cinquante et situés eux aussi en milieu urbain.
Parcourue de skate core, d’un tube récent de Beck ou The Kills, la bande originale du film pose la question de sa nécessité, quand elle illustre une scène de tabassage qui parviendrait à son but sans le concours de la musique. Mais le cadre resserré de la mise en scène ménage une place pour dépeindre sans ostentation un quartier de Berlin peu prisé des cinéastes de fiction, qui préfèrent l’Est de la ville. Detlev Buck n’est pas non plus du genre à favoriser les possibilités mélodramatiques de son intrigue, ce qui n’empêche pas la pertinence dans son exposé clair de cette l’idée d’engrenage dans lequel Michael a pris pied à son corps défendant. Nul climax ici, l’engrenage ne signifie pas la tragédie démonstrative. Un petit matin blême et la vision d’un corps débout, au pied d’un cadavre et au milieu d’un échangeur routier : voilà qui permet au film d’atteindre son but et de mesurer sa capacité à interpeller.Julien Welter
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Les Enragés
De Detlev Buck
(2006, Allemagne, 1h38)
Avec David Kross, Jenny Elvers-Elbertzhagen, Hans Löw …
mercredi 25 juin à 22.35
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Les quartiers déshérités de Berlin dépeints avec l’économie d’une série B américaine.
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