(France, 2004, 1h30)
Avec Carole Bouquet, Olivier Gourmet, Damien Jouillerot
Film d'ouverture du Festival de Locarno 2004
Synopsis : Au début des années 1970, en France. Les idées de mai 1968 font leur chemin, mais ne sont pas encore parvenus jusqu’à l’établissement dirigé par les parents de Daniel, un adolescent complexé par son physique, à la fois disgracieux et encore très juvénile, jusqu’à vivre son entrée en troisième comme un calvaire. Il lui faut désormais partager le dortoir de ses camarades et s’exposer à la vindicte que lui confère son pénible statut de fils du directeur, autrement dit de chouchou. A cela s’ajoute son niveau catastrophique en orthographe, qui l’oblige à la dissimulation. Mais ses handicaps vont peu à peu l’obliger à s’ouvrir aux autres, et par ce biais à une époque qui commence à s’émanciper…Critique : Pour Jean-Jacques Zilbermann, revisiter la France des années Pompidou, cette époque lointaine où les professeurs pouvaient fumer en dispensant leur cours et où les élèves découvraient la culture de l’insubordination en écoutant les chansons de Georges Brassens sur des transistors (un contexte qui, à ce titre, gagne évidemment à la redécouverte auprès du jeune public), c’est surtout l’occasion de réaliser ce fantasme tenace d’une comédie d’auteur. Ce genre, qui taraude le landernau du cinéma français depuis une quinzaine d’années (depuis, aussi, que Zilbermann a débuté sa carrière de cinéaste avec « Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes » en 1993), a trouvé un modèle infaillible avec les films d’Agnès Jaoui, et ce n’est pas une bonne nouvelle.
Ici, c’est l’évocation de thèmes graves ou difficile à formuler (la culture judaïque ou l’amitié masculine, cultivée lorsque la sexualité des collégiens est peu affirmée) qui veulent nuancer un classique récit d’apprentissage. Le cinéma de Jean-Jacques Zilbermann se restreint malheureusement au scénario filmé et à la minutie technique de la reconstitution, ce qui est d’autant plus regrettable que le réalisateur ne se perd pas pour autant dans l’ostentation ou la nostalgie, et sait diriger ses acteurs avec un sens de l’économie qu’on ne trouve généralement pas dans ce genre de productions françaises. Pour un film évoquant le thème de l’émancipation et de la découverte, « Les Fautes d’orthographe » est une entreprise bien trop sage et calibrée, dont la mise en scène ne relaie jamais les aspects les plus matures de l’écriture.
Julien Welter






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