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13/05/09

Les Indiens sur le sentier des urnes

Les élections de la Lok Sabha, la chambre des députés en Inde, est le plus grand exercice du genre dans le monde. Elles se déroulent du 16 avril au 13 mai 2009 et sont à la mesure de ce géant de 1,15 milliards d’habitants : gigantesques.

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Quand la « plus grande démocratie du monde » vote pour des législatives, les chiffres donnent le vertige. Imaginez, 714 millions d’électeurs en âge de voter, plus de 1000 partis, un scrutin qui se déroule sur un mois (du 16 avril au 13 mai, et résultats le 16 mai) pour au final élire 543 députés (84 sièges sont réservés aux castes et 47 aux tribus). Coût estimé de l’opération : 100 000 millions de roupies (1531 millions d’euros). Plus de 4 millions d’observateurs et quelques 2,1 millions de policiers seront mobilisés dans les 828 800 bureaux de vote à travers le sous-continent. Un chiffre en augmentation de 20% par rapport aux dernières législatives qui se sont tenues en 2004. Ces élections seront les 15es de la Lok Sabha, nom de la chambre basse du parlement, depuis l’indépendance de l’Inde en 1947.


Achats de voix

D’après Jayanti Natarajan, le porte-parole du parti du Congrès, au pouvoir avant ces élections, le scrutin devrait se dérouler de « manière libre et équitable ». Une petite phrase qui en dit long sur les pratiques douteuses qui règnent en Inde. En moyenne, un Indien vit avec moins de 2 dollars par jour. La tentation est donc grande pour certains d’acheter les votes de leurs concitoyens. Des valises de billets ont circulé pour permettre d’élire des députés. Certaines voix s’achètent avec des cadeaux, de la nourriture ou de l’alcool. Mais le chef de la Commission électorale, N. Gopalaswami, estime que « le recours illégal à l’argent a été sérieusement pris en compte. Les observateurs de ces élections vont contrôler scrupuleusement les dépenses des candidats ».


Congrès contre Parti du peuple

Deux grandes formations politiques s’affrontent en Inde. Le parti national du Congrès, celui de Nehru et d’Indira Gandhi, aujourd’hui présidé par l’héritière de la dynastie, Sonia Gandhi. Le Congrès domine la vie politique depuis l’indépendance. Il n’a été inquiété véritablement qu’une seule fois dans son histoire par la droite nationaliste hindoue du BJP, le parti du peuple indien. Ce parti est régulièrement accusé d’attiser les tensions interconfessionnelles. Pour preuve les propos de Varun Gandhi, le vilain petit canard de la dynastie Nehru-Gandhi, qui affirmait en mars dernier que le BJP "couperait la tête de musulmans". Des propos qui lui ont valu de passer par la case prison.
Inde 2009 : Sur les traces de Gandhi
Une série web d'ARTE Reportage

Le parti du peuple est la seule formation politique outre le Congrès à avoir réussi à se maintenir au pouvoir durant une législature entière, de 1999 à 2004. L’issue des législatives 2009 est très incertaine tant le Congrès et le BJP sont au coude à coude dans les sondages. Ce sont les partis régionaux qui arbitreront la victoire car aucun des deux grands partis n’aura la majorité absolue.

Enjeux nationaux et régionaux

Le Congrès et le BJP ont axé leurs campagnes sur les grandes questions nationales comme la lutte contre la pauvreté, véritable fléau du sous-continent, l’éducation, dans un pays qui compte 40% d’illettrés, l’économie ou encore la lutte contre le terrorisme. Car il faut rappeler que ces élections se déroulent dans un double contexte particulier. D’abord celui du terrorisme qui a frappé le poumon économique de l’Inde, Bombay, en novembre dernier. Le pays est encore traumatisé par ces attentats qui ont fait 165 morts. Le gouvernement indien attribue ces attaques à un groupe islamiste pakistanais. L’autre grande inquiétude des Indiens, c’est l’état de l’économie. L’Inde a été ces 15 dernières années un des champions de la croissance. Mais la 10e puissance économique mondiale est menacée par la crise internationale. D’après les dernières estimations du gouvernement, entre 300 000 et 500 000 personnes seraient susceptibles de perdre leur travail dans le secteur du textile en pleine crise. Des estimations encore trop faibles selon les syndicats, qui parlent d’au moins un million de pertes d’emplois.

Malgré l’importance des enjeux nationaux, les analystes sont unanimes : les élections dans l’autoproclamée plus grande démocratie du monde se gagnent sur des préoccupations locales.

Fred Méon

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Edité le : 14-04-09
Dernière mise à jour le : 13-05-09


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