Voir le reportage dans l'émission du 6 novembre
Nous sommes à Arbois dans le Jura. Chez Philippe Godard. Il cultive des legumes en voie de disparition. Mais il n'y a pas que des plantes qui poussent ici, il y a aussi de bonnes idées qui germent.Philippe Godard, Directeur de collection : Il nous a semblé que les personnages les plus utiles du 20ème siècle pour le 21ème étaient quasiment tous des insoumis. Ce sont des textes inédits sur des facettes méconnus de certains personnages. Il y a toujours une dimension littéraire qui est centrale puisque la subjetivité des auteurs s'exprime sur des personnages dont ils revèlent des facettes inédites.
Le premier titre est signé Alessandra Riccio, une italienne qui a rencontré Aleida Guevara, la deuxième fille du fameux Che Guevara. Le Che, révolutionnaire jusqu'au dernier souffle, avait aussi une vie de famille…
Philippe Godard : A travers le témoinage d'Aleida non seulement sur son père mais aussi sur ses difficultés en tant que femme à Cuba et aussi ses difficultés en tant que fille d'un héro de dimension mondiale, si on peut dire d'une icône, Alessandra Riccio nous amène dans un monde qui est à la fois celui de Cuba et à la fois celui du Che. "Peut-être, dans chaque homme que j'ai aimé ou que j'ai cru aimer, je n'ai rien fait d'autre que de chercher le Che, qu'espérer pouvoir répéter cette histoire d'amour qui l'avait uni à l'autre Aleida, à maman…" (Aleida Guevara)
Philippe Godard : D'un côté la vision est très axée sur Guevara en tant que père de famille, en tant qu'amant aussi, mais en même temps elle arrive à le raccorder tout à fait à son insoumission politique.
"Mais où se trouvait-il ? En Chine ou en Hongrie ? Je ne réussis pas à m'en souvenir. De toute façon, il n'était presque jamais là." (Aleida Guevara)
Philippe Godard : En fait, il y a tout un questionnement pour la petite fille : Est-ce que son père l'aimait elle, est-ce qu'il aimait sa mère, comment cela se fait que son père est parti pour la Bolivie, comment son père a pu résister à l'envie de la prendre dans ses bras et on voit à travers la photo, la complicité qu'il y a même entre les trois d'ailleurs, le regard de Guevara, le regard de Castro, et la petite fille au milieu. Il faut s'imaginer, je crois que c'est très bien rendu par Alessandra Riccio, le vide que d'un seul coup laisse la disparition du Che.
Avoir la main verte et l'esprit fertile porte bien ses fruits : Cette nouvelle série "Les insoumis" oscille avec aisance entre roman, biographie et livre photos. Avec des textes intimistes d'auteurs bien choisis et des photos inédites, elle nous invite à voir sous un nouveau jour des personnages légendaires que nous croyions connaître.
Reportage: Sabine Lange, Pascal Bach, Elsa Kleinschmager, Elise Humbert
CHE. FELICITATIONS, COMMANDANT, C’EST UNE FILLE !Texte d’Alessandra Riccio
Photographies inédites du Che par Shobha
Traduction de Philippe Godard
Editions Desmaret (Octobre 2004)
64 pages
ISBN 2-913675-28-X
Ce récit inédit en France permet de découvrir la relation intime qu'entretenait Guevara avec sa femme et ses enfants. À travers Aleida, la deuxième fille du Che, Alessandra Riccio ouvre le livre familial pour révéler une facette discrète et méconnue du révolutionnaire. Elle évoque quelques moments privilégiés de l'amour qu'Aleida vouait à ce père hors norme : révolutionnaire en public, amant et père en famille.
"Cela m’a tant coûté de me pardonner à moi-même d’être née femme, de ne pas avoir pu porter ce nom qui lui était si cher. Quand je suis née, ils lui ont envoyé un télégramme (en Chine ou en Hongrie, je ne réussis pas à m’en rappeler) : Félicitations, Commandant, c’est une fille ! Aussitôt arrive à maman sa fichue réponse de bon Argentin : « Si c’est une fille, jette-la par-dessus le balcon ! » "
VAN GOGH. DANS LA CHAMBRE DE VINCENTTexte de WOUTER VAN DER VEEN
Extraits de lettres et dessins de Van Gogh
Editions Desmaret (Octobre 2004)
96 pages
ISBN 2-913675-34-4
Embauché à vingt-quatre ans par le musée Van Gogh d’Amsterdam, l’auteur se voit donner pour mission de rendre lisible et publiable la correspondance en français du peintre. Peu emballé à l’idée de passer ses journées dans une chambre forte en compagnie de cette « icône bourgeoise », il sera vite transformé par sa rencontre avec une écriture aussi irrégulière que décidée. Au fil des lettres, entre ratures et dessins, apparaissent les chemins de Van Gogh. L’image caricaturale s’efface pour révéler une personnalité complexe, animée par le refus de se contenter de ce qui est.
"Van Gogh écrivait comme il peignait : de façon large, imprécise, mais incontestablement vivante, puissante et efficace.[…] Dans la chambre forte, où je venais jour après jour reprendre le manuscrit laissé la veille, Van Gogh m’apprit que je n’avais rien compris à ce que pouvait être la révolte. Ce qui devait être un exercice académique plutôt clinique, devient une expérience humaine désarçonnante, une véritable leçon de vie".
MALCOLM X, PAR TOUS LES MOYENS NECESSAIRESTexte de DANIEL DE ROULET
Editions Desmaret (Octobre 2004)
64 pages
ISBN 2-913675-27-1
1962. Malcolm X s’adresse à ses fidèles : « J’aimerais vous annoncer une très belle chose qui vient de se produire. J’ai reçu un message de Dieu. En France, il a vraiment répondu à nos prières : il a fait tomber du ciel un avion américain avec plus de 120 passagers, parce que les musulmans croient à la règle : œil pour œil, dent pour dent. Nous continuerons de prier et d’espérer que chaque jour un autre avion tombe du ciel. »
2003. Un homme rappelle à son fils, blessé et amnésique, le parcours de Malcolm X, figure controversée qu’ils ont vénérée ensemble. Adulé, révolutionnaire, passé par l’intégrisme, « s’il n’avait pas été dandy puis sectaire musulman, son engagement pour une cause au-delà du nationalisme n’aurait eu pas cette valeur ».
Le regard de l’auteur ne tombe ni dans la sacralisation d’une figure mythique, ni dans l’accusation moralisatrice de sa lutte, menée « par tous les moyens nécessaires ». Il fait un parrallèle troublant avec le nationalisme contemporain. Mais point de Leçon d’Histoire; comme il le dit à son fils : « J’essaie de te rafraîchir la mémoire, mais la conclusion t’appartiendra ».
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Le Journal de la culture
Du lundi au samedi à 20.00






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