La "Teenager Zone" de DJ Cake
Tous les samedis soir pourtant, les ados de Phnom Penh allument TV9. Dans "Teenager Zone", l'animateur et DJ Cake ouvrent depuis cinq ans une fenêtre sur un autre Cambodge. Cette vitrine hip-hop doit sa survie à ses sponsors qui truffent l'émission de publicités kitsch.En 2002, l'Unicef a payé un stage américain à Cake, alors jeune animateur radio. Aujourd'hui, les stars du rap cambodgien, comme Poukhlaing, défilent dans son émission.
Des Khmericans aux Returnees
Il y a 45 ans, la pop cambodgienne rêvait déjà d'Amérique. Même son roi Norodom Sihanouk poussait la chansonnette! Inspirés par le rock'n roll et le psychédélisme, les tubes made in Cambodgia s'exportaient dans tout l'Asie du Sud Est.
Radio Phnom Penh
&
Cambodian Cassette Archives: Khmer Folk & Pop music Vol. 1
- Sublime Frequencies
DVD
"S21, la machine de mort khmère rouge" de Rithy Pahn
Editions Montparnasse

À la tête de ses Khmers rouges, ce tyran nationaliste et maoïste vide la capitale cambodgienne de ses habitants et les envoie dans les campagnes. Sous prétexte de "rééducation", il traque les intellectuels et les artistes, bientôt envoyés dans des camps comme le terrifiant centre de torture S-21. Deux millions de cambodgiens, soit un tiers de la population du pays, n'en reviendront pas…
Certains auront eu la chance de fuir à temps vers l'Occident. Au milieu des années 90, dans les grandes villes américaines, leurs enfants gagnent un surnom: les "Khmericans". Beaucoup fréquentent des gangs asiatiques. Quand la police les rattrape, une loi spéciale votée en 2002, dite des "Returnees", les renvoie illico au Cambodge. Ces Returnees ramènent la street-culture à Phnom Penh.
Des samples de musiques khmères
Si le hip-hop explose aujourd'hui au Cambodge, c'est grâce aux Returnees. Ramenant dans leur pays les modes occidentales, mais aussi les techniques modernes de production et de marketing, ils ont donné naissance à une musique hybride. Et la sauce finit par prendre. En avril 2008, un concert de hip-hop a réuni plus 100 000 spectateurs à Phnom Penh.
Derrière ce coup d'éclat, KlapYaHandz, un label monté en 2005 par un Returnee de 34 ans, Sok Visal, alias Cream. Avant Cream, personne n’avait eu l’idée de sampler les musiques khmères. Désormais, les rappers ressuscitent des chanteurs dont les rares disques ont survécu à l'hécatombe. Un vrai miracle quand on sait que la simple possession de l'un de ces vinyles sous les khmers rouges pouvait déclencher la déportation immédiate pour "déviance impérialiste".
KlapYaHandz, ainsi que les américains du label Straight Returneez règnent sur le hip hop de Phnom Penh. Aujourd'hui, les Khmer Rap Boyz, protégés de Sok Visal, enregistrent un morceau de 12 minutes dans ce studio aménagé au fond d'un restaurant. D'autres rappers de la diaspora Khmère y poseront aussi leur voix.
A peine né, le hip hop cambodgien invente les moyens de sa propre survie. Dans les marchés les CD piratés se vendent à 50 centimes! Du coup, pour trouver son indépendance, le rap se vend aux multinationales, la "street credibility" se mesurent au nombre de sponsors.







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