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Les Tudors - Saison 2

Amours, histoire, sexe et trahisons : la saison 2 des Tudors se poursuit dans la veine qui a fait son succès.

> Quand les séries refont l'histoire

Les Tudors - Saison 2

Amours, histoire, sexe et trahisons : la saison 2 des Tudors se poursuit dans la veine qui a fait son succès.

Les Tudors - Saison 2

Tous les mardis du 7 septembre au 5 octobre 2010 à 20h40 - 23/09/10

Les Tudors - Saison 2 - Quand les séries refont l'histoire

Longtemps, on les a trouvées ringardes. Aujourd'hui, les séries historiques connaissent un renouveau, porté notamment par le succès des Tudors. La recette du genre : un subtil mélange d'histoire, de politique et de sexe.

« Il est permis de violer l’histoire, à condition de lui faire de beaux enfants », ironisait Alexandre Dumas, qui s'y connaissait mieux que personne en accouplement illégitime. Un siècle et demi plus tard, la formule a traversé l'Atlantique et semble avoir été interprétée de façon tout à fait littérale par quelques producteurs et scénaristes. Rome et surtout Les Tudors, les plus beaux enfants de ces fructueuses fiançailles entre fiction et histoire, usent ainsi du sexe pour pimenter de très réalistes intrigues tout droit sorties des manuels, et font figure d'exemple pour qui veut se frotter à ce genre en plein renouveau.

PREMIÈRES TENTATIVES


Au début des années 2000, lorsque débute ce que l'on appelle désormais communément "l'âge d'or des séries télés", les décideurs américains ne jurent que par le contemporain, et c'est sous ces auspices que vont naître quelques chefs-d'oeuvre tels que Les Soprano, The wire, Six feet under ou 24 heures chrono. Le passé appartient au passé – et surtout à la vieille Europe, forcément plus légitime lorsqu'il s'agit d'aller creuser au-delà du XIXe siècle, de la ruée vers l'or, de la Guerre de Sécession et des petites maisons dans la prairie. Il y a bien quelques tentatives de se confronter à l'histoire, comme Deadwood, qui ambitionne de déconstruire le western, c'est-à-dire ni plus ni moins de recouvrir de sang et de boue les pages glorieuses de la conquête de l'ouest ; ou Carnivalé, la caravane de l'étrange, qui revisite la grande crise des années 1930 en calant son pas sur celui de David Lynch et Tod Browning ; ou encore, plus récemment, le somptueux Mad men, qui détaille les bouleversements des sixties à travers les yeux de quelques ambitieux pubards new-yorkais. Mais ces incursions restent circonscrites au territoire américain, et surtout à l'histoire (plus ou moins) récente. Seule quelques séries d'heroic fantasy (Hercule, Xena la guerrière…), peuplées de dragons et de krakens (gigantesques monstres tentaculaires qu'il vaut mieux ne pas titiller), osent vêtir les acteurs de costumes plus anciens. Un univers cheap, à mille lieux de l'aphorisme dumasien.

LE TOURNANT TUDORS


Dans ce contexte, Les Tudors fait figure d'exception. Lancée en 2007 sur la chaîne américaine Showtime, grande concurrente de HBO, elle met en scène, sur quatre saisons, les amours sulfureuses du jeune roi d'Angleterre Henri VIII, qui conduiront notamment au schisme de l'Église anglicane et auront une influence décisive sur la conduite du royaume. La force de Michael Hirst (le créateur, anglais, également réalisateur de deux films sur la reine Elizabeth), est d'avoir su déniaiser le genre par un casting sexy – le flamboyant Jonathan Rhys Meyer donne à son personnage d'Henri VIII des allures de rock star – et une écriture moderne, saupoudrant d'épices soap le bouillon politique qui caractérise l'Angleterre du XVIe siècle. Ce succès a ouvert la voie à plusieurs projets : une saga autour des Borgias (dynastie italo-espagnole du XVe siècle, censée prendre la suite des Tudors sur la chaîne Showtime l'an prochain), une autre autour des Vanderbilts (grande famille industrielle américaine, toujours pour Showtime), un péplum sur Spartacus, histoire de capitaliser sur le succès de Rome, ou The pacific, déclinaison de Band of brothers (série produite par Steven Spielberg et Tom Hanks sur la libération de la France en 1945).

ARTE ET L'ODYSSÉE


Longtemps pionnière dans le domaine de la série historique (Les rois maudits, Thierry la Fronde...), la télévision française s'est peu à peu laissée dépasser. C'est sans doute que, voulant respecter la devise de Dumas à la lettre, elle en oubliait son esprit, déluré, dévergondé – les spectateurs du Comte de Monte-Cristo en baillent encore. Aujourd'hui, ARTE s'efforce de dépoussiérer le genre. L'Odyssée, une minisérie de six fois cinquante-deux minutes actuellement en écriture, reprend ainsi les personnages d'Homère (Ulysse, Télémaque et Pénélope) pour une grande fresque mêlant histoire, épopée et mythologie. Une autre série, Rani, écrite par Jan Van Hamme (auteur des BD à succès Thorgal, XIII, Largo Winch) et coproduite avec France Télévision, racontera, en huit épisodes, la rivalité entre la France et l'Angleterre pour gagner un maximum de comptoirs en Inde à la fin du XVIIIe siècle. Le tournage, qui se déroulera entre la Dordogne, Paris et l'Inde, débutera en novembre 2010 pour s'achever en avril de l'année suivante.

Jacky Goldberg

Edité le : 20-08-10
Dernière mise à jour le : 23-09-10