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Chroniques praguoises

Chronique hebdomadaire sur la vie politique et culturelle en République tchèque.

> N°20 La minorité vietnamienne

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Chronique hebdomadaire sur la vie politique et culturelle en République tchèque.

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WEBMAGAZINE - 02/06/09

Les Vietnamiens, une minorité bien visible en République tchèque

Ces Chroniques vous ont peut-être donné envie, au cours des derniers mois, de voyager cet été en République tchèque. Outre les centaines de châteaux, les églises baroques et les étangs paisibles, vous trouverez partout des petits magasins rouges où vous pourrez vous ravitailler en Phở Bo, Phở gà et Phở tái lăn. Ces soupes vietnamiennes ne sont pas typiquement tchèques, me direz-vous ? Eh bien, figurez-vous qu’elles le sont devenues au cours des vingt dernières années car les Vietnamiens sont désormais une minorité active et très présente. Tellement active même qu’ils viennent de lancer début mai une nouvelle chaîne de télévision, Ethnic TV. Une chaîne bilingue avec de la musique, du sport, du théâtre, des reality show, qui n’a rien à envier aux chaînes tchèques généralistes…




Mais la présence vietnamienne en République tchèque ne s’arrête pas à Ethnic TV. Vous trouverez partout les bureaux locaux de l’Union des Vietnamiens, le Club des entrepreneurs vietnamiens et l’Association des citoyens vietnamiens de Bohême et Moravie. Vous pourrez également visiter le festival culturel Viêt Nam tai dans la ville de Slaný en Bohême, ou le site Klub Hanoi. En tout, environ 200 000 personnes d’origine vietnamienne vivent aujourd’hui en République tchèque. Leurs petits marchés de produits du quotidien existent dans tous les centres urbains et en banlieue. Ainsi, alors qu’un citadin français va faire ses achats chez « l’épicier arabe du coin », un Tchèque se dirige volontiers vers le « Vietnamien d’à côté ».

Mais comment expliquer la présence et l'effervescence culturelle des Vietnamiens en République tchèque, pays situé à presque 10 000 kilomètres de Hanoi ? Par l’histoire : dans les dernières heures du régime communiste tchécoslovaque dans les années 80, le gouvernement de Prague cherchait une main d’œuvre bon marché pour subvenir aux besoins de l’industrie. Or, au même moment, le Vietnam ouvrait son économie à l’étranger, après plus de dix ans d’isolement total. Cette nouvelle politique économique, communément appelée Đổi mới, fut perçue par « les frères socialistes » tchécoslovaques comme une excellente opportunité. Des milliers de Vietnamiens furent invités à venir – et restèrent même après la chute du régime en 1989.

La deuxième vague d’immigration au début des années 2000 profita alors des structures créées par la première. Elle était surtout attirée par la perspective d’une future adhésion tchèque à l’Union européenne. Mais ces « nouveaux » Vietnamiens, dont plus de 30 000 n’ont pas encore reçu de permis de travail permanent (sans parler des illégaux évalués à 25 000 par les autorités), ont eu du mal à s’intégrer. Un projet du ministère du Travail tchèque, qui suscite la polémique, prévoit de renvoyer chez eux des travailleurs provenant de nombreux pays asiatiques (Mongols, Cambodgiens…), dont les Vietnamiens. L’État veut leur payer une somme forfaitaire de 500 euros et le vol de retour. Il est cependant peu probable que les Vietnamiens, bien organisés juridiquement grâce à leurs nombreuses associations, se laissent expulser pour aussi peu. Sans parler du fait qu’ils préfèrent sans doute rester, fidèles à ce proverbe… vietnamien : « L’argent ne remplacera jamais le chez soi… »

Alexander Knetig


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Edité le : 11-04-09
Dernière mise à jour le : 02-06-09


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