Taille du texte: + -
Accueil > Echappées culturelles > Tracks

Tracks

Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

> 20050203 > Les anti-mode milanais

Tracks

Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

Tracks

21.04.05 - 22.55 : tracks - 07/08/08

Les anti-mode milanais

Milan, la ville des fashion victimes. Ici, la mode fait des heureux, mais seulement parmi ceux qui peuvent se la payer. Contre le business tentaculaire, la résistance s’organise. Une poignée d’activistes particulièrement imaginatifs combattent la mode avec ses propres armes.

Voir un extrait du reportage (real video - 2mn18)

A Milan, métropole de la mode italienne, la densité des boutiques n’a d’égal que le nombre des « fashion victimes ». Chaque année, le battage médiatique autour des dernières créations textile atteint son paroxysme au printemps. Pourtant, une majorité écrasante de Milanais ne pourra jamais se payer la haute couture fabriquée dans leur ville. Leurs petits boulots mal payés les condamnent à s’habiller de vêtements cheap trouvés sur les marchés. Zoé Zeromano vit dans le faubourg de Isole, un quartier traditionnellement habité par des ouvriers. Elle n’a rien contre la mode, mais elle se rebelle contre les effets pervers de l’industrie de la mode sur son quartier.

Zoé et ses amis ont eu l’idée d’utiliser les armes de la mode pour la combattre. Dans le cadre du programme officiel de la semaine de la mode milanaise, ils ont lancé un « contre-défilé anti-mode », avec une styliste japonaise inventée de toutes pièces, du nom de Serpica Naro. A coup de communiqués de presse tout aussi fictifs, ils ont créé un tel chahut autour de l’événement que le public est venu nombreux et que plusieurs cars de policiers se sont déplacés. La police ne s’attendait certainement pas à voir des mannequins de ce genre. D’ailleurs, le premier défilé de Manuela Monoli a failli être empêché par les forces de l’ordre.

Des créations, aussi farfelues que décalées, destinés à ceux qui galèrent financièrement. L’aspect pratique prend le pas sur l’élégance. On trouve dans la collection : un modèle pour femmes enceintes qui veulent éviter le licenciement, une combinaison réversible, qui fait aussi bien pyjama que bleu de travail et s’adresse à ceux qui souhaitent dormir au boulot. Tout aussi pratique, une tenue « double emploi » pour les femmes qui travaillent dans un fast food le matin et dans un call center l’après midi.

Le spectacle a fait du bruit. Le vrai-faux défilé de la fausse styliste Serpica Naro a fonctionné. La presse est tombée dans le panneau. Reste à savoir si la mode marginale milanaise parviendra aussi bien à s’immiscer dans le programme officiel de l’année prochaine.

.............................................
Liens

>> Le site officiel de Serpica Naro
>> La settimana della moda
>> Le site officiel des Chain Workers
>> Le site de reload
>> Le site de Pornflakes
>> Le site de San Precario (anagramme de Serpica Naro)

>> Un article sur rekomninant
>> Operation Serpica Naro. Milan fashion industry spoofed by anti-precarity activists

.............................................
TRACKS
Jeudi 21 avril 2005 à 22h55
Samedi 23 avril à 17h50
Rédaction: Kobalt
.............................................

Edité le : 19-04-05
Dernière mise à jour le : 07-08-08