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Vu par... les étudiants du CELSA - 21/04/08

Les concerts à emporter

Un reportage de Justine Gourichon


Depuis un an et demi, les réalisateurs des Concerts à emporter, Chryde et Vincent Moon, invitent des musiciens à jouer dans la ville, dans les rues, sur les toîts. Ils filment des situations inédites, un rapport à la musique d’une rare spontanéité.

Reportage - Les concerts à emporter

Rien à voir avec les orchestres du métro parisien, ni flûte de Pan ni musique péruvienne. “Ce sont des groupes qui ne sont pas habitués à jouer dans la rue. L’intérêt est de voir comment ils s’approprient ce moment là, cette nouvelle configuration”, explique Chryde, créateur du concept. Ces groupes sont plongés dans les rues de Paris ou de New York, sans préavis, délogés d'une scène parfois trop formelle et filmés par Vincent Moon. Les musiciens d'Arcade Fire se produisent rarement dans le monte-charge de l’Olympia. Le chanteur américain Sufjian Stevens n’est pas un fétichiste des toits de Cicinnati, et les Cold War Kids ne sont pas des habitués des parkings de la Plaine-Saint-Denis. Ces musiciens de culture rock, plutôt underground, doivent se réinventer et faire avec une situation inattendue.

Des baguettes et des petites cuillères
Selon Chryde “l’artiste est enfermé dans la mécanique de la promotion : il dit toujours la même chose pendant les interviews, joue les quatre mêmes morceaux pendant les concerts. On leur offre un vrai moment de liberté”. Liberté de jouer avec le matériel urbain. Pas de batterie ou de guitare électrique, qu'à cela ne tienne, des baguettes ou des petites cuillères rythment la musique à coups de poteaux ou autres balustrades. Pour le créateur des concerts à emporter, “en Occident, on enferme la musique dans des lieux pour la musique. L’idée était de la remettre dans la ville pour la confronter à d’autres bruits, d’autres lumières et d’autres ambiances”. D'autres gens aussi. Le public, ce sont les passants, les habitants du quartier, ceux qui ont la chance de passer la tête par la fenêtre et d'assister à une scène de vie pas ordinaire. Et les autres peuvent toujours se rendre aux "Soirées à emporter", des concerts dans des salles sans scène, où seuls les instruments séparent public et musiciens.

Frisson d'une chanson
Ce qui reste de ces moments éphémères, ce sont les films de Vincent Moon, témoignages de ces instants uniques que l'on retrouve sur le "blog musical", la blogothèque. Les “Concerts à emporter”, c’est le frisson d’une chanson du groupe new-yorkais, Grizzly Bear, a capela dans les rues de Paris. Pour Chryde, le producteur, c’est une alternative à la captation de concert, une relation plus intime avec les musiciens. Un rapport à la musique qu’il recherche depuis qu’il a attendu Jeff Buckley, plusieurs heures, à la sortie d’une salle lyonnaise. C’est “comme si le spectateur avait pu réaliser lui-même la vidéo, au coin de la rue. On est avec le groupe, pas de mise en scène, on est en confrontation directe”. Pour y participer, être là, au bon moment et au bon endroit, comme nous, pour le concert du groupe Malajube et son chanteur à perruque argentée …

Pour voir les concerts - www.blogotheque.net

Edité le : 07-01-08
Dernière mise à jour le : 21-04-08