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> Crise économique > Divergences avant le G20

23/03/09

Les divergences persistent avant le G20

Derrière l’entente affichée des représentants des gouvernements, les préparatifs du prochain G20 à Londres le 2 avril 2009 laissent apparaître de nombreuses discordances.

Mettre en place une « nouvelle architecture mondiale » : dans leur lettre adressée à la présidence tchèque de l’Union européenne mi-mars, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel parlent d’une même voix , le prochain G20 – forum économique qui regroupe les pays industrialisés du G7, soit l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et le Japon, les grands pays en développement que sont l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, la Russie et la Turquie ainsi que l'Australie et l'Union européenne - doit amener des changements radicaux. Mais pour ce faire, il faut trouver une ligne commune et l’affaire est loin d’être simple. La réunion des ministres des Finances du G20 à Horsham (Grande-Bretagne) les 15 et 16 mars l’a bien montré. Tandis que les Américains réclament un plan plus ambitieux de relance de la consommation et de l’investissement, les Européens, eux, veulent davantage de réglementation des marchés.

Objectif visé par les membres de l’UE : une meilleure régulation des « hedge funds », ces fameux fonds d’investissement spéculatifs, ainsi que des agences de notation financière, tous deux considérés par beaucoup comme étant responsables de la crise financière mondiale. Autre but affiché : la lutte contre les paradis fiscaux. Sous la pression des membres du G20, la Suisse, l’Autriche, le Luxembourg, le Liechtenstein et Andorre se sont dits prêts à assouplir leur secret bancaire ; un grand pas pour les états les plus critiques envers les paradis fiscaux.

Plus de fonds pour le FMI

Déjà, lors du dernier sommet préparatoire au G20 convoqué à Berlin le 22 février dernier par la chancelière allemande, les participants s’étaient mis d’accord pour octroyer 500 milliards de dollars au Fonds Monétaire International ; en clair, doubler ses moyens d’intervention financiers. D’après le Premier ministre britannique Gordon Brown, cela devrait permettre au FMI « non seulement de gérer les crises quand elles se produisent mais aussi de les éviter ». De quoi rassurer l’institution internationale, qui a exprimé à plusieurs reprises ses craintes de voir sa capacité à prêter aux membres en difficulté - notamment aux économies très affaiblies des pays de l’Est - s’épuiser si la crise économique perdure.

La colère des salariés

A Londres, les Européens devront convaincre les autres membres du G20 de la nécessité d’une refondation du système de régulation de l’économie. Et ce, à un moment où la colère de salariés en péril s’exprime de plus en plus violemment. En Allemagne, des milliers d’employés d’Opel ont manifesté en février à Rüsselsheim et Bochum pour demander la sauvegarde de 25 000 postes. En France, les images du directeur de Continental à Clairoix attaqué à coup d’œufs lancés par des ouvriers au moment de l’annonce de la fermeture leur usine, ou encore du PDG de Sony France retenu en otage toute une nuit à Pontonx-sur-l’Adour pour revenir sur les conditions de départ de 300 salariés, sont la preuve d’un immense désarroi.
Londres doit être un succès (José Manuel Barroso)

Poser les jalons d’un nouveau système

Le 2 avril, les membres de l’UE tenteront sans doute de surmonter leurs divergences, que le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek n’hésite pas à souligner. Le président en exercice de l’Union européenne a récemment accusé la France de protectionnisme après l’annonce d’un plan de soutien de 6 milliards d’euros aux constructeurs automobiles nationaux. Un plan également critiqué à Bruxelles et à Berlin.
Les Européens devront aussi rallier les Etats-Unis, plus soucieux actuellement de faire face à leur propre crise interne et, semble-t-il, peu enclins à envisager un nouveau « Bretton Woods », comme Nicolas Sarkozy l’avait souhaité. Les Européens annoncent vouloir prendre de vraies mesures structurelles, pour poser les jalons d’un nouveau système. L’enjeu est considérable. Comme l’estime le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, « Londres doit être un succès ».

Carine Feix


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Edité le : 25-02-09
Dernière mise à jour le : 23-03-09


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