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Tchernobyl - 20 ans après

Vingt ans après l’explosion du réacteur n° 4 de Tchernobyl, force est de constater que les informations sont toujours dispensées avec parcimonie. Et, par ailleurs, des questions de fond restent taboues : que faire des centrales nucléaires vétustes ?

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01/10/08

Les énergies du futur

Des carburants non polluants, des voitures qui ne marchent plus à l'essence ou au diesel et ne dépendent plus des prix fluctuants du pétrole : cette vision est déjà une réalité en Suède. Dans 450 stations-service, les Suédois peuvent d'ores et déjà faire le plein de bioéthanol et carburer à l'alcool. En 2009, ce carburant alternatif devrait être disponible partout, car la Suède entend, d'ici 2020, être le premier pays au monde à ne plus dépendre du pétrole.

Article de Grit Weirauch

Ce pays fait figure de précurseur en matière d'énergies renouvelables. Bon nombre d'autres pays devraient bientôt suivre l'exemple de la Suède. En effet, la demande énergétique mondiale ne cesse de croître, et les combustibles fossiles comme le pétrole et le gaz naturel se font de plus en plus rares.

Les consommateurs que nous sommes n'échappent pas aux effets d'une telle situation : les prix de l'électricité grimpent, la sécurité d'approvisionnement est menacée, et les changements climatiques s'amplifient. Mais quelles peuvent être les alternatives pour remplacer le charbon, le pétrole, le gaz et l'électricité nucléaire ? Où en est actuellement le niveau de développement technologique d'autres sources d'énergie ? Et celles-ci sont-elles vraiment rentables ?

Énergie éolienne
Le principe est aussi vieux que le moulin à vent : quand le vent souffle à 15 km/h au moins, les pales des éoliennes se mettent en mouvement et actionnent un générateur de courant. Des éoliennes d'une puissance pouvant atteindre 5 mégawatts sont déjà installées en mer.

Sur le territoire de l'UE, la capacité éolienne actuellement installée équivaut à celle de 50 centrales au charbon. Jusqu'ici, les ailes blanches des éoliennes ourlaient surtout l'horizon de paysages généralement plats, mais à l'avenir, elles devraient de plus en plus évoluer sur les mers, en particulier la Mer du Nord. Elles ont là plus d'espace et surtout, le vent est plus fort et plus régulier sur l'eau. Les parcs éoliens « offshore » peuvent donc, à puissance installée égale, produire plus d'électricité. Une filiale du groupe allemand E.ON en Grande-Bretagne a déjà fait construire deux parcs éoliens, deux autres sont à l'étude au large de l'île britannique.

Économiser l'énergie chez soi
Une consommation plus rationnelle de l'énergie n'est pas seulement l'affaire des politiques nationales et européenne. Jusqu'à un tiers de nos besoins pourraient être couverts si tout un chacun se donnait la peine d'utiliser les ressources de façon plus rationnelle. Les réfrigérateurs et congélateurs les plus écologiques consomment aujourd'hui deux tiers moins d'électricité que les appareils fabriqués il y a dix ans. On pourrait ainsi économiser sept terawatts-heures d'énergie par an, soit presque autant que l'énergie produite en un an par une centrale nucléaire.
En Allemagne, le premier parc éolien verra le jour l'an prochain en mer du Nord, au large de l'île de Borkum. Toutefois, l'énergie éolienne produite en mer a aussi ses inconvénients : la plupart des parcs sont installés à des profondeurs de 20 à 40 mètres sous l'eau, un vrai défi technique, et les constructions et raccords électriques avec la terre ferme sont coûteux..

De l'électricité bon marché aux quatre coins et recoins du globe

Mais globalement, le coût de l'énergie éolienne ne cesse de baisser: ces 15 dernières années, l'électricité éolienne a vu son coût chuter de plus de 50 %. Sur les côtes très ventées de l'Écosse et du Maroc, le coût est aujourd'hui de 4,5 cents le kWh. Et à la Bourse d'électricité de Leipzig, les prix de l'énergie éolienne ont déjà battu ceux de l'électricité classique

L'énergie éolienne atteindra donc bientôt tous les recoins de la planète ou presque. Et même une petite île comme le Sri Lanka entend installer ses propres parcs éoliens et exploiter cette source d'énergie intarissable et quasi permanente.

Bioénergies
Il faut deux tonnes de bois pour fabriquer 500 litres d'éthanol utilisé pour les biocarburants. Sous l'effet de la chaleur, des acides et enzymes décomposent la cellulose du bois en glucose. La solution ainsi obtenue fermente ensuite dans une chaudière avec de la levure, produisant ainsi de l'éthanol.
En Suède, les grands groupes automobiles Volvo, Saab et Ford vendent de plus en plus de voitures pouvant rouler au bioéthanol. Faire le plein d'alcool est également rentable pour le consommateur, car grâce à des allègements fiscaux, le bioéthanol est un tiers meilleur marché que l'essence. A Stockholm, les automobilistes qui roulent au bioéthanol sont même exonérés du péage urbain.

Le biocarburant est certainement le moyen le plus connu de produire de l'énergie à partir de matières organiques, mais ce n'est pas le seul : on peut aussi brûler des déchets biologiques, des ordures ménagères ou des résidus de canne à sucre pour obtenir un produit de substitution du charbon. De grands producteurs d'électricité comme Vattenfall en ont pris conscience et construisent des centrales thermiques à biomasse. En 2006, ce groupe a déjà inauguré deux centrales à Hambourg et dans le Brandebourg.

Production d'énergie à partir de boues et déchets
On peut aussi produire de l'énergie en compostant des boues d'épuration ou des épluchures. La décomposition bactérienne de ces matières organiques produit des biogaz, essentiellement du méthane utilisé pour alimenter des chaudières ou propulser des véhicules.

Par ailleurs, des plantes agricoles telles que betteraves ou céréales peuvent être transformées en biocarburants par un processus chimique. L'huile de colza par ex. est un excellent produit de substitution de l'essence.

La politique de l'UE
Les besoins énergétiques mondiaux devraient augmenter d'env. 60 % d'ici 2030. Dans l'UE, les prix du pétrole et du gaz naturel ont presque doublé au cours des deux dernières années. Depuis 1990, l'Union européenne poursuit l'objectif ambitieux de se positionner comme un leader mondial en matière d'approvisionnement énergétique par des énergies renouvelables.
Énergie solaire
Les cellules photovoltaïques fonctionnent au silicium, un semi-conducteur qui est obtenu à partir de sable quartzeux et peut fixer des électrons. Sous l'effet du rayonnement solaire, les électrons sont mis en mouvement, produisant ainsi une tension et donc de l'électricité.

La tension d'une seule cellule photovoltaïque étant trop faible pour la plupart des applications, plusieurs cellules sont assemblées en modules, ceux-ci étant protégés de l'humidité par un revêtement de verre ou de plastique.

Sur les maisons individuelles, on installe généralement des panneaux solaires (constitués d'un ensemble de cellules photovoltaïques) ayant une surface de 20 m2 environ et une puissance de crête de deux kilowatt peak (kWp). Sous nos latitudes, une installation de 1 kWp peut fournir env. 700 à 900 kWh par an. La consommation annuelle moyenne d'une famille de quatre personnes tourne autour de 4 000 kWh.

Un rendement énergétique encore assez faible

La durée d'ensoleillement étant assez limitée en Allemagne, les installations solaires sont le plus souvent reliées au réseau public. L'électricité solaire produite qui n'est pas aussitôt consommée est réinjectée dans ce réseau. Si l'installation ne fournit pas suffisamment de courant pour satisfaire les besoins, l'alimentation est assurée par le réseau. Aujourd'hui, le secteur photovoltaïque souffre encore de coûts de production élevés et d'un rendement énergétique relativement faible.

Il est possible également d'exploiter la chaleur solaire. La thermie solaire consiste à chauffer un liquide à haute température au moyen de collecteurs concentrant l'énergie solaire. Grâce à un échangeur thermique, on peut ensuite actionner une turbine.

Géothermie
Dans les profondeurs de la terre, de l'énergie circule dans les roches et couches souterraines sous forme de vapeur ou de sources chaudes. En captant l'eau à la source ou en faisant jaillir en surface l'eau chaude des geysers, on peut récupérer cette eau pour alimenter des réseaux de chaleur. La Maison de la Radio à Paris est chauffée de cette façon..

L'Islande couvre la quasi-totalité de ses besoins en électricité et en chaleur grâce aux énergies renouvelables, et principalement la géothermie. Mais des sources chaudes souterraines sont aussi captées dans des pays moins riches en geysers.

En Allemagne, la première centrale géothermique a été construite il y a trois ans à Neustadt-Glewe dans le Mecklembourg. De l'eau chaude à 97°C se trouvant à 2 km de profondeur est remontée en surface, puis utilisée pour actionner une turbine. Environ 500 ménages sont ainsi alimentés en électricité.

Chaleur assurée indépendamment du vent et de la météo

L'énergie géothermique est non polluante, mais elle a en outre l'avantage d'être disponible en permanence indépendamment des conditions météorologiques ou de l'heure de la journée, ce qui n'est pas le cas pour d'autres énergies renouvelables comme l'énergie éolienne ou solaire.

Cependant, cette technologie est encore loin d'être au point : l'installation des pompes est très coûteuse, et une large part de l'énergie se perd en remontant à la surface. De plus, la réduction des émissions de gaz carbonique est encore trop faible. Mais le premier pas a été franchi afin d'exploiter ce réservoir énergétique inépuisable.

Edité le : Thu Apr 13 10:46:49 CEST 2006
Dernière mise à jour le : Wed Oct 01 16:34:39 CEST 2008


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