
Jeudi 24.03.2005 à 20.40
![]() Le plus populaire des films de Jean Cocteau, spécialement écrit pour Jean Marais, servi par un Henri Alekan au sommet de son art. Un classique qui ouvre un cycle dédié au merveilleux. |
La Belle et la Bête
Film de Jean Cocteau (France, 1945, 1h36mn)
Scénario et dialogues : Jean Cocteau, d’après le conte de Mme Leprince de Beaumont
Avec : Jean Marais (Avenant, la Bête, le prince), Josette Day (la Belle), Marcel André (le père de la Belle), Mila Parély (Félicie), Michel Auclair (Ludovic), Nane Germon (Adélaïde)
Image : Henri Alekan
Montage : Claude Ibéria
Production : André Paulvé
ARTE FRANCE
Un père armateur, ruiné par la perte de ses bateaux, s’égare près d’un château. Il y cueille une rose pour sa fille Belle. Mais le domaine appartient à la Bête qui réclame la vie de l’homme en échange de la fleur. À défaut, celui-ci peut envoyer une de ses filles. Belle se dévoue et se retrouve chez la Bête…
La figure dévorée
Tout le monde connaît le conte de Mme Leprince de Beaumont. Son adaptation par Cocteau en a fait un grand classique du cinéma français. À l’origine, il s’agissait, par amour pour Jean Marais et selon son désir, d’offrir à l’acteur le plus en vue du moment un rôle où il n’aurait pas été beau. Cocteau, prince du masque, conçoit pour lui cette figure repoussante et émouvante à la fois. Mais très rapidement, le tournage tourne au cauchemar. Outre les longues heures de maquillage qu’il nécessite, le masque provoque chez Jean Marais des éruptions cutanées. Parallèlement, Cocteau est à son tour victime de problèmes dermatologiques. Dans le carnet de bord qu’il tient alors, il note qu’il a “la figure dévorée par je ne sais quel microbe, la gencive dévorée par je ne sais quel autre”. Il est hospitalisé. Malgré ces ravages psychosomatiques, Cocteau réussit à mener à bien l’entreprise, mêlant aux compositions picturales inspirées de Vermeer ou Peter de Hooch des éléments issus de ses mythologies obsessionnelles. Henri Alekan, sorcier de la lumière, réussit, malgré la lourdeur des lampes à arc utilisées, à iriser le film d’une luminescence d’outre-tombe. “Fuir le poétique, le fantastique spectaculaire et truqué, les brumes et les flous de l’irréalisme de convention” était l’objectif que s’était fixé Cocteau. Nous savons, avec La Belle et la Bête, qu’il fut atteint.
- Diffusion et rediffusions:
Jeudi 24/03/2005 à 20:45
Dimanche 27/03/2005 à 01:00
Mardi 05/04/2005 à 15:15
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lundi 28.03.2005 à 20.45
![]() Dorothy (la jeune Judy Garland) est emportée par une tornade dans le monde merveilleux d’Oz, peuplé d’êtres étranges... Un classique du cinéma fantastique, qui joue avec l’animation et le Technicolor. |
Le magicien d’Oz
(The wizard of Oz)
Film de Victor Fleming (États-Unis, 1939, 1h37mn, VOSTF)
Scénario : Noel Langley, Florence Ryerson, Edgar Allan Woolf, d’après le roman de L. Frank Baum
Avec : Judy Garland (Dorothy Gale), Bert Lahr (le lion), Ray Bolger (l’épouvantail), Jack Haley (l’homme de métal), Frank Morgan (le magicien d’Oz), Billie Burke (la bonne fée), Margaret Hamilton (la sorcière/Elvira Gulch), Charles Grapewin (oncle Harry), Clara Blandick (tante Em)
Image : Harold Rosson
Montage : Blanche Sewell
Musique : Harold Arlen
Production : MGM
ARTE FRANCE
Oscars de la meilleure musique et de la meilleure chanson (“Over the rainbow”), Academy Awards 1940
Dorothy vit avec son chien Toto au Kansas, dans la ferme de son oncle et de sa tante. Personne n’a le temps de s’occuper d’elle. Personne ne la défend quand Elvira Gulch, voisine aigrie et richissime, veut l’obliger à se séparer de Toto. Dorothy s’enfuit alors avec son chien chéri. Elle rebrousse chemin après avoir rencontré un voyant qui l’incite à rentrer chez elle, mais elle est surprise par un ouragan qui l’emmène loin du Kansas, loin de la Terre, au pays magique et coloré d’Oz...
Somewhere over the rainbow
Le magicien d’Oz est un classique du cinéma fantastique et une comédie musicale à succès (la chanson “Over the rainbow...” est peut-être encore plus connue que le film). C’est aussi un film témoin des premières expérimentations d’animation en Technicolor ; de ce point de vue, l’attaque des singes volants envoyés par la méchante sorcière pour capturer Dorothy est étonnamment réussie ; et les couleurs pétantes du monde magique d’Oz tranchent à merveille avec l’ambiance grisâtre et terne qui règne au Kansas. Le tournage fut si compliqué que Richard Thorpe et King Vidor abandonnèrent chacun leur tour le projet en cours, avant que Victor Fleming (qui réalisa la même année Autant en emporte le vent) ne le mène à bien. Il y eut aussi des changements parmi les acteurs, même pour le rôle de Dorothy. La MGM voulait Shirley Temple mais ce fut finalement Judy Garland, alors âgée de 13 ans, qui joua le rôle, qui lui valut un Oscar d’honneur et la célébrité.
- Diffusion et rediffusions:
Lundi 28/03/2005 à 20:45
Mardi 29/03/2005 à15:15
Lundi 04/04/2005 à 23:48
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Jeudi 31.03.2005 à 20.45
![]() Sous la baguette magique de Jacques Demy, portée par les mélodies enchanteresses de Michel Legrand, la féerie du cinéma revisite le conte pour un moment de pur plaisir. |
Film de Jacques Demy (France, 1970, 1h30mn)
Scénario et dialogues : Jacques Demy, d’après Charles Perrault
Avec : Catherine Deneuve (Peau d’âne), Jean Marais (le roi bleu), Jacques Perrin (le prince charmant), Delphine Seyrig (la fée des Lilas), Micheline Presle (la reine rouge)
Image : Ghislain Cloquet
Costumes : Pace, Gitt Magrini
Musique : Michel Legrand
Production : Parc Films, Marianne Productions
ARTE FRANCE
C’est un royaume enchanté dans lequel la reine se meurt. En guise de dernières volontés, elle ordonne à son mari de n’épouser en secondes noces qu’une femme plus belle qu’elle. Or, seule sa fille la surpasse en grâce et en beauté. Le roi demande alors la main de cette dernière. Mais la fée des Lilas, marraine de la princesse, veille. Après avoir expliqué à sa filleule qu’on ne peut épouser son père, elle lui conseille de feindre les plus extravagants caprices afin de décourager les assauts paternels. En dernier recours, la princesse exige la peau de l’âne qui prodigue chaque jour, en guise de crottin, des monceaux de pièces d’or...
Une jolie fleur dans une peau d’âne
À l’origine, les contes de Perrault ne s’adressaient pas aux enfants. Seul un public d’adultes habitués aux subtilités du bel esprit et aux sous-entendus piquants était réellement visé. Un vieux monsieur amoureux de sa fille, un prince neurasthénique à qui les médecins prescrivent “l’hymen” en guise de remède, un doigt qui cherche son anneau : autant de thèmes pas vraiment catholiques... Loin de le trahir, Jacques Demy dévoile les implications cachées du conte et en restitue toute la saveur. “Attention, attention : toutes les filles du royaume devront se rendre au château pour essayer une certaine bague. Mais attention, les filles seulement !”, précise-t-on. Pointes d’humour suggestives et allusions gauloises ne manquent pas, si l’on veut bien les entendre. Delphine Seyrig, merveilleuse dans ses robes vaporeuses, a mis sa voix veloutée au service de la fée des Lilas, vamp ensorceleuse à la mode des années vingt, qui porte sa baguette magique avec la même élégance qu’un fume-cigarette et proclame sans complexe son amour pour le roi... Tout cela ne retire rien à l’atmosphère féerique de ce chef-d’œuvre où l’influence de Cocteau se fait partout sentir. Les trouvailles ingénieuses de mise en scène, telle l’irruption anachronique d’un hélicoptère sur le perron du château de Chambord, les inoubliables refrains de Michel Legrand, la beauté des costumes font de Peau d’âne un enchantement pour les yeux, une fête pour les petits comme pour les grands.
- Diffusion et rediffusions:
Dimanche 03/04/2005 à 00:38
Lundi 04/04/2005 à 15:15
Lundi 11/04/2005 à 23:40







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