Mais le cœur a aussi ses limites. Ce précieux organe peut, en effet, connaître divers dysfonctionnements. Bilan : en Europe, plus de 4 millions de personnes meurent chaque année des suites de maladies cardiovasculaires. Une des causes possibles de mortalité : l’infarctus du myocarde dû à l’occlusion d’une artère coronaire. L’infarctus du myocarde
Le cholestérol s’accumule sur les parois artérielles et provoque une inflammation. Il se forme alors des plaques d’athérome, recouvertes d’une fine couche de tissu fibreux. Lorsque ce tissu se déchire, cela attire les plaquettes sanguines qui, en l’espace de quelques secondes ou quelques minutes, vont former un caillot et boucher totalement l’artère. Les cellules du myocarde ne sont plus approvisionnées en oxygène. Lorsque le moindre effort devient synonyme d’essoufflement, cela peut être le signe d’une souffrance des cellules du muscle cardiaque.
Le cathétérisme cardiaque
Le cathétérisme cardiaque – un procédé long mais néanmoins efficace – permet dans certains cas d’éviter une opération du cœur. L’intervention a lieu sous contrôle radiologique. Le cardiologue pratique une petite incision au niveau du pli de l’aine afin d’introduire un long et fin cathéter dans l’artère fémorale. Le cathéter est ensuite poussé jusqu’au cœur. Un produit de contraste opaque aux rayons X permet de voir les artères. A l’aide du cathéter, le médecin tente de débloquer le passage. Il va ensuite dilater l'artère à l’aide d’un cathéter à ballonnet afin que le sang puisse à nouveau circuler normalement. Afin de stabiliser la plaque d’athérome, les médecins posent un stent – un fin treillis métallique cylindrique – à l’intérieur de l’artère. Avec les stents classiques non imprégnés de médicaments, le taux de resténose – c’est-à-dire de ré-occlusion – est près de 60 %. La meilleure méthode, à l’heure actuelle, reste le stent imprégné de médicaments. Il empêche les tissus de repousser.
Un tout nouveau stent, qui se désagrégerait une fois sa mission accomplie, est actuellement en phase d’expérimentation. Cela permettrait de faciliter le travail des chirurgiens cardiaques lors d’un pontage ou encore d’assurer de meilleures suites chez des patients traités par une méthode non invasive. Autre avantage : il n’y aurait pas besoin d’effectuer de nouvel examen par cathétérisme.
Les opérations du coeur
Il faut parfois avoir recours au chirurgien pour restaurer la circulation du sang dans le myocarde.Un examen radiologique réalisé avant l’opération permet de fournir des informations complémentaires. Il s’agit d’un scanner cardiaque en 64 coupes. En moins de 10 secondes, on obtient une reproduction du cœur. L’ordinateur synthétise les différentes coupes réalisées afin de fournir une image en 3 dimensions. Le scanner cardiaque est idéal pour visualiser les artères, et il permet également d’évaluer les fonctions du cœur, sa masse musculaire, et d’autres fonctions importantes. Dans certains cas, le scanner peut faire concurrence au cathétérisme cardiaque. Mais il est impossible de réaliser la moindre intervention chirurgicale avec un scanner.Pendant l'opération, un système cœur-poumon artificiel permet de maintenir les fonctions vitales du patient. C’est une procédure très lourde: "Avec la circulation extra-corporelle, le sang coule contre des parois qui lui sont étrangères. Cela peut entraîner, pour diverses raisons, une réaction immunologique qui peut avoir un impact sur tous les organes importants, notamment le foie, les reins ou encore le cerveau."
Lorsque le chirurgien intervient sur l’aorte, il doit utiliser un cœur-poumon artificiel. En plaçant les clamps, il peut entrer en contact avec le calcaire présent dans les artères, ce qui est très dangereux. Le calcaire ou les graisses risqueraient de se détacher et d’être transportés jusqu’au cerveau. Cela pourrait provoquer, dans le meilleur des cas, une certaine confusion ou pire, une attaque cérébrale avec paralysie.
Juste après une lourde intervention chirurgicale, on constate, chez certains patients, des troubles de la perception plus ou moins prononcés. En général, les crises de délire en salle de soins intensifs ne durent pas très longtemps.
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 19 septembre 2006 à 14h00
Rediffusion du 11 novembre 2005
Rédactrice en chef : Birgit Engel Une coproduction BR -ARTE G.E.I.E.






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