Chassés-croisés de deux destins de femmes faisant l'apprentissage de leur féminité et de leur autonomie. En 1962, Pauline, une étudiante de dix-sept ans rêvant de quitter sa famille pour devenir chanteuse, rencontre Suzanne, une jeune femme enceinte de son troisième enfant qu'elle ne veut pas garder. Pauline l'aide à trouver l'argent nécessaire pour avorter, puis leurs chemins se séparent et chacune vit son combat de femme. Des années plus tard, elles se retrouvent ...Groupe femmes
L'une chante… est sorti la même année que le documentaire Daguerréotypes, réalisé par Agnès Varda dans sa rue du 14e arrondissement de Paris. Si différents que soient les deux films, on y retrouve aujourd'hui avec bonheur le même regard, posé avec tendresse et acuité, sur une France désormais disparue. Du prologue années 60 aux retrouvailles inopinées des deux héroïnes, dix ans plus tard, devant les portes du tribunal de Bobigny - avec l'apparition de l'avocate Gisèle Halimi, jouant son propre rôle dans ce qui fut le procès politique de l'avortement -, cette chronique d'une amitié sur fond de féminisme utopique n'a pourtant rien d'un chromo nostalgique. Bien sûr, la partition fait la part belle au "message", d'abord à travers les chansons de Pauline, devenue Pomme, écrites par la cinéaste elle-même. Mais au-delà de sa ferveur militante, Agnès Varda restitue avec beaucoup de justesse et de grâce l'esprit de l'époque, les espoirs d'une génération qui voulut changer la vie, l'amour, la famille. Valérie Mairesse, spécialement drôle, belle et culottée, convertirait le plus rétrograde des phallocrates à cette cause.








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