
De John Woo
(2008, Chine, 2h25)
Avec Tony Leung, Takeshi Kaneshiro, Zhang Fengyin, Chiling Lin…

Devant l’ampleur des moyens, John Woo a heureusement réfléchi dès le départ à l’agencement de cette deuxième version, d’une nature prétendument ingrate. Plus d’une fois, le principe des deux versions a effectivement conduit au cinéma à une boucherie formelle aussi insoutenable que celle constatée sur les champs de bataille. Mais Woo n’est pas n’importe qui. Par son expérience et son intérêt envers le cinéma de genre et le film d’action, il se distingue des autres réalisateurs chinois qui ont opportunément cédé à l’exercice de la superproduction historique (Chen Kaige et l’irregardable « Wu Ji », Zhang Yimou et le pesant « La Cité interdite »).
Chez lui, tout est précision, mouvement et continuité, malgré la lourdeur de l’entreprise et la témérité de cette version occidentale qui fonctionne grâce aux rustines habituelles (résumé en voix off, fondus enchaînés, contrechamps déroutants…). De la même manière que l’intelligence tactique permet aux représentants de Wu et Shu de tenir la dragée haute au terrible Cao Cao, Woo et son monteur paraissent éprouver du plaisir à se lancer dans cette mission improbable : retrouver l’ampleur et la fluidité de la version intégrale déjà marquée par un autre challenge (le difficile mariage des effets spéciaux et des plans tournés en extérieurs). Le résultat est une vraie leçon de montage. Si « Les Trois royaumes » est un film parfois kitsch, dont certaines des scènes les plus impressionnantes résident plutôt dans leur exposition du rituel du thé, l’habilité de Woo à faire voisiner les faits historiques et les trouvailles romanesques concourent à sa réussite.






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( note Arte: 3.5 )






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