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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

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Sortie du 25 mars 2009 - 23/03/09

Les trois Royaumes

( note Arte: 3.5 ) Un film de chevalerie qui rappelle la suprématie de John Woo.

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Synopsis : En 208 après J.C., la Chine est divisée en trois royaumes : Wei, Shu et Wu, sur lesquels tente de régner l’empereur Han Xiandi. Son premier ministre Cao Cao rêve de s’installer sur le trône et instrumentalise le monarque de caractère faible pour mener des guerres de conquêtes. Les royaumes de Wu et Shu finissent par s’unir dans le but de contrer Cao Cao. Celui-ci s’en va dès lors guerroyer avec 800 000 soldats et 2 000 bateaux, afin de mater la frêle insurrection. Il ne doute pas de l’issue de la bataille, qui sera navale puis terrestre.

Les Trois Royaumes
De John Woo
(2008, Chine, 2h25)
Avec Tony Leung, Takeshi Kaneshiro, Zhang Fengyin, Chiling Lin…
Critique : Après avoir exporté comme d’autres cinéastes asiatiques son savoir-faire à Hollywood dans les années 1990, jusqu’à ce que celui-ci soit étiolé par la cohorte des suiveurs et des conformistes, John Woo se consacre aujourd’hui à un film de chevalerie qui doit tout à la culture et l’histoire de son pays natal, la Chine. Les moyens employés sont désormais ceux d’Hollywood, et le tournage s’est déroulé en majorité sur les rives du Yangtze. Connue de tous les écoliers chinois, la « Bataille de la Falaise Rouge » est assimilée à une guerre de Troie asiatique. Ses préparatifs ingénieux et son déroulement fournissent la trame d’un diptyque réalisé par Woo, « Red Cliff I & II », d’une durée totale de près de cinq heures. Moins au fait de ces exploits guerriers marqués par le sens moral (la rébellion de quelques-uns devant la mégalomanie guerrière et conquérante de Cao Cao), les spectateurs identifiés au marché occidental ont droit aux « Trois royaumes », une version condensée de moitié.

Devant l’ampleur des moyens, John Woo a heureusement réfléchi dès le départ à l’agencement de cette deuxième version, d’une nature prétendument ingrate. Plus d’une fois, le principe des deux versions a effectivement conduit au cinéma à une boucherie formelle aussi insoutenable que celle constatée sur les champs de bataille. Mais Woo n’est pas n’importe qui. Par son expérience et son intérêt envers le cinéma de genre et le film d’action, il se distingue des autres réalisateurs chinois qui ont opportunément cédé à l’exercice de la superproduction historique (Chen Kaige et l’irregardable « Wu Ji », Zhang Yimou et le pesant « La Cité interdite »).

Chez lui, tout est précision, mouvement et continuité, malgré la lourdeur de l’entreprise et la témérité de cette version occidentale qui fonctionne grâce aux rustines habituelles (résumé en voix off, fondus enchaînés, contrechamps déroutants…). De la même manière que l’intelligence tactique permet aux représentants de Wu et Shu de tenir la dragée haute au terrible Cao Cao, Woo et son monteur paraissent éprouver du plaisir à se lancer dans cette mission improbable : retrouver l’ampleur et la fluidité de la version intégrale déjà marquée par un autre challenge (le difficile mariage des effets spéciaux et des plans tournés en extérieurs). Le résultat est une vraie leçon de montage. Si « Les Trois royaumes » est un film parfois kitsch, dont certaines des scènes les plus impressionnantes résident plutôt dans leur exposition du rituel du thé, l’habilité de Woo à faire voisiner les faits historiques et les trouvailles romanesques concourent à sa réussite.

Julien Welter

Edité le : 30-01-09
Dernière mise à jour le : 23-03-09