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Actualité Cinéma

Pour ceux qui aiment les macarons… (ou les costumes ou Michelle Pfeiffer)

Actualité Cinéma

20/08/02

Lillian" et "Thirteen

Sortie du 21 août

Lillian (1993)
Thirteen (1997)


de David Williams (Etats-Unis)
avec Lillian Folley, Wilhamenia Dickens

David Williams est un cinéaste hors du commun. Peintre de formation, il vient à la photographie ayant un goût prononcé pour la représentation du réel et poursuit ses investigations dans la réalisation de plusieurs court-métrages. En 1992 il réalise un long métrage, " Lilian ", dont l'histoire est basée sur le trajet de la comédienne principale, Lilian Folley. Par le biais du portrait intime de cette femme noire de 50 ans qui s'occupe chez elle de sa petite fille, de jeunes enfants et de trois personne âgées, Williams réussit une œuvre d'une rare intensité. A mi-chemin entre le documentaire et la fiction, Williams utilise des acteurs non-professionnels, se sert de leur cadre de vie réel et improvise la plupart de ce qu'il filme. C'est au montage que le réalisateur organise principalement son discours qui relève avec une authenticité inédite des thématiques liées à la solitude, au racisme, et plus loin encore, concrétise une véritable cartographie de l'état psychologique de ses protagonistes par le biais du cinéma.
L'émotion est tout aussi vive dans une suite, " Thirteen ", que Williams tourne 4 ans plus tard. Il réutilise Lilian Folley dans le rôle de la mère de Nina (la véritable fille adoptive de Lilian dans la vie) et se concentre sur le malaise et les errances de la jeune fille qui, au début du film, se refuse soudainement au moindre mot et fugue, laissant sa mère morte d'inquiétude.
Par le biais de nombreuses scènes tournées en temps réel - notamment ce moment passionnant où Lillian fait la description de sa fille perdue aux policiers blancs peu réceptifs - Williams capte notre attention car ces moments, sous leur forme, apparaissent comme du document. A contrario, la juxtaposition de souvenirs, l'utilisation d'expédients comme la voix off, mais aussi beaucoup de plans contemplatifs font naître de miraculeux soupirs poétiques. Et c'est bien le grand Art de Williams que de multiplier les moyens narratifs cinématographiques tout en sauvegardant, en même temps, une très grande force d'émotion.

Olivier Bombarda

Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 20-08-02