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Le slam

Hambourg est le rendez-vous des slammeurs : la 15e édition du Poetry Slam d'Allemagne témoigne de la vitalité de cet art de la scène.

Le slam

Poetry Slam - 06/12/07

Luciole

Je suis

Je suis le tout début
D’un silence sans fin
D’un poème ambigu
D’un dédale cartésien
Un réveil - matin
Qui préfère quand il dort
Un brin d’herbe rêvant
De devenir bouton d’or
Je suis la page blanche
Qui rêve de noirceur
J’suis l’oiseau sur la branche
Qui rêve de profondeur
Je suis un court instant
Qui veut être infini
Et même le beau temps
Qui n’aime que la pluie
Je ne suis qu’une porte
Qui veut rester ouverte
Je suis la feuille morte
Qui pleure sa couleur verte
J’suis le verre à moitié vide
Ou bien à moitié plein
J’suis la salle qui se vide
En attendant le lendemain
Je suis la carte postale
Que l’on n’envoie jamais
Je suis le matin pâle
Qui ne rêve qu’à sa soirée
Et je suis l’édredon
Qui cherche la fraîcheur
Un drôle d’Apollon
Qui admire sa laideur
J’suis le mot sur le bout d’la langue
Qui voudrait t’arriver
J’suis la tête qui tangue
Et qui aimerait bien s’poser
Sur l’bord de ton épaule
Sur l’bord de tes pensées
Pour oublier mon rôle
Rêver autour d’un thé
Car je n’suis qu’une tasse
Qui veut être vidée
De toute son angoisse
Par tes lèvres, un baiser
Je suis le nœud dans la gorge
Qui voudrait se dénouer
Une boucle de te cheveux
Et la boucle est bouclée


Le coeur en miettes


J’me suis assise par terre, trop d’chaleur, trop de bruit.
Je me suis posée là, une pulsion, une envie.
Et sous un autre angle, j’ai pu regarder la vie
En oubliant la mienne et ses petits soucis.
En laissant de côté, écartant, écartés
Les conseils avisés qui disent que ça passera,
Que c’est l’adolescence, qu’ça se finit, tu verras,
Que l’amour, c’est pas facile,
Que les sentiments ça filent, s’effilent et s’effilochent
Comme un tricot trop moche
Qu’on ne portera jamais, alors on le défait.
Ouais, j’ai laissé d’côté les toi, les moi, les nous,
Les pots de nutella et les pensées trop floues,
Et j’ai croisé mes jambes juste pour arriver
Un peu plus près du sol, juste au niveau des pieds…
Ouais, plus près des pavés.
En approchant mon nez de ces petits carrés,
J’y ai vu une chanson…

J’ai l’cœur en miettes
Mais rien de grave
Elles nourriront les oiseaux
Je t’assure, t’inquiètes
C’est rien de grave, j’ai juste
Le cœur en mille morceaux
Pourtant, j’pensais
Oui, ça m’arrive
Que ça ne m’arriverait plus
Que mes pensées à la dérive
Ne dévaleraient plus dans la rue
Je l’avais recollé, oui bien des fois
Suite à des accidents d’parcours
Rafistolé comme-ci, comme- ça
En attendant de meilleurs jours
Mais tu sais l’amour ça rime pas
Avec un joli éternel
Oui, tu sais l’amour avec moi
Ça rime plus avec éphémère
Alors voilà, j’pensais qu’cette fois
C’était la bonne avec le bon
Mais j’me suis plantée comme tu vois
Et j’ai mon cœur qui fait des bonds
Qui frappe et cogne dans ma poitrine
Comme s’il voulait en sortir
Tremblent mes pognes et tambourinent
Les reflets de mes souvenirs
C’est juste un p’tit poème tout bête
Pour oublier qu’à l’intérieur
Y a mon cœur qui bat de l’aile
Eclats de verres des jours meilleurs
Eclats de vers des jours meilleurs
J’ai l’cœur en miettes
Mais rien de grave
Elles nourriront les oiseaux
Je t’assure, t’inquiètes
C’est rien de grave, j’ai juste
Le cœur en mille morceaux

Edité le : 29-11-07
Dernière mise à jour le : 06-12-07