Anthrax :
Premier sur la liste des agents biologiques favoris pour servir d’arme, principalement à cause des spores très résistantes qui protègent la bactérie et lui assurent sa longévité.Pendant la deuxième guerre mondiale, les Britanniques ont fabriqué 5000 « bombes à anthrax » en collaboration avec les Etats-Unis et le Canada. Les bombes n’ont jamais été utilisées. Cependant, l’Armée Impériale du Japon expérimente l’anthrax et d’autres agents biologiques sur des prisonniers et contre les civils chinois en Mandchourie.
Pendant la Guerre Froide, les Etats-Unis comme l’URSS ont traité à titre d’armement d’immenses quantités d’anthrax. En 1972, la Convention sur l’Interdiction des Armes Biologiques et des Toxines interdit le développement et la production de toutes les armes biologiques. Cette convention a depuis lors été signée par 177 pays.
Cependant, l’anthrax a continué d’être utilisé clandestinement. En 1978, la plus grosse épidémie d’anthrax de l’histoire se déclare au Zimbabwe, alors au sommet de sa sanglante guerre d’indépendance. En 1979, le laboratoire militaire secret de Sverdlovsk laisse échapper de l'anthrax, exposant des milliers de personnes au bacille et faisant au moins 69 morts dans la population civile. Après la fin de l’apartheid on a révélé que l’Afrique du Sud avait utilisé en secret l’anthrax ainsi que d’autres bactéries. Dans les années 80 et 90, Saddam Hussein développe un immense potentiel de guerre bactériologique, y compris à l’anthrax, qui devient la principale justification de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis et le Royaume-Uni en 2003.
Depuis les attaques de 2001, la recherche sur la bio-défense s'est privatisée et est devenue un gros enjeu financier. Ce qui était autrefois, dans les seules mains des laboratoires gouvernementaux est maintenant source d’énormes profits pour des entreprises internationales.
Autres agents utilisés pour la fabrication d’armes biologiques :
Variole :
Maladie virale très contagieuse contractée généralement par voie respiratoire. Elle tue 25 à 30 pour cent des personnes infectées. Des épidémies de variole ont ravagé l’Europe depuis l’antiquité, mais la maladie était inconnue dans le Nouveau Monde jusqu’à ce que les colons européens utilisent des couvertures infectées pour décimer les populations autochtones.Suite à la découverte du vaccin au 19e siècle, grâce à des campagnes de vaccination massive, la maladie a été déclarée totalement éradiquée en 1979. On soupçonne que les Soviétiques auraient travaillé à une arme bactériologique à la variole. Pour les spécialistes, l’utilisation de ce virus à contamination rapide constituerait un « scénario catastrophe » car les populations aujourd’hui ne sont plus vaccinées.
Peste :
Un pathogène mortel propagé par la puce chez le rat, responsable de la Peste Noire qui a ravagé l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe au 14e siècle, faisant jusqu’à 100 millions de morts.Quand le pathogène infecte la peau par le biais de la morsure de puce, il provoque la peste bubonique, lorsqu’il atteint les poumons, c’est la peste pneumonique, encore plus mortelle.
Pendant la deuxième guerre mondiale, les Japonais ont lâché sur la Chine des bombes contenant des puces infectées. En 1989, un grand spécialiste soviétique de la guerre biologique a révélé que Moscou avait réussi à fabriquer en masse des missiles chargés d’ogives à la peste capables d’atteindre les capitales d’Europe de l’Ouest.
Toxine Botulique :
La plus puissante des toxines connues. Un gramme suffirait théoriquement à tuer un million de personnes. Une fois absorbée dans les poumons par inhalation ou dans le sang au contact d’une plaie, elle attaque les nerfs moteurs, provoquant la paralysie musculaire et la mort du sujet qui ne peut plus respirer.Les Japonais ont testé ses effets sur des prisonniers, et les Alliés, craignant que les Nazis ne l’utilisent pour contrer l’offensive du débarquement, avaient stocké des millions de doses de vaccin.
La grande inquiétude aujourd’hui est la mise au point d’une arme bactériologique sous forme d’aérosol qui ferait des victimes en masse et submergerait les services médicaux.
Tularémie :
Mal connue, cette bactérie exotique infecte généralement les animaux et se transmet parfois à l’homme, en général par une piqûre d’insecte. C’est l’un des pathogènes les plus infectieux, capable de survivre dans un environnement très hostile. Elle a été étudiée en profondeur par les militaires japonais, soviétiques et américains en tant qu’arme bactériologique idéale.Elle n’est en principe pas mortelle, mais provoque des symptômes handicapants similaires à ceux d’une grippe violente, très difficiles à diagnostiquer. Les Soviétiques et les Américains ont mis au point des souches génétiquement modifiées résistantes aux antibiotiques qui pourraient tuer 60% des personnes touchées.
Fièvre hémorragique virale : Ces virus exotiques, parmi lesquels la fièvre Ebola, la fièvre de Marburg et la fièvre de Lassa, sont très contagieux et provoquent la mort par hémorragie. D’apparition récente (40 ans), ils sont mal connus, et il n’existe ni traitement ni vaccin.
Ils ont attiré l’attention des spécialistes des armes bactériologiques. L’ex Union Soviétique aurait mené un vaste programme d’armes au virus de Marburg sous la direction du Dr. Nicolaï Ustinov, qui est mort après s’être accidentellement injecté le virus. Les échantillons de Marburg prélevés après sa mort sur les organes du Dr. Ustinov étaient plus puissants que les souches connues jusqu’alors. Cette nouvelle souche, baptisée « Variante U » a été approuvée par le Ministère de la Défense de l’Union Soviétique en 1990.







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