Marcus Miller, bassiste d'exception, virtuose jamais démonstratif qui a su, mieux que quiconque dans les deux dernières décennies, transcender son rôle d'instrumentiste pour voir la vie en couleurs, pour donner au jazz, au funk et à la soul des allures et des airs plus (en)chantants.
Des ses débuts, ses compositions riches et chatoyantes, combinées à ses talents de producteur, séduisent chanteurs et souffleurs de tous horizons – David Sanborn, Luther Vandross, Bozz Scaggs, entre autres. Mais tout ça n'est rien, ou presque, à côté de ce qui lui arrive, à peu près en même temps, au début des années 1980...
Dans son appartement new yorkais, un grand homme vit reclus depuis 1976. Il se laisse aller. Rumine le passé. Broie du noir. S'il continue comme ça, il va bientôt mourir d'ennui. Il s'appelle Miles Davis. En 1981, il revient parmi les vivants. Le petit monde du jazz est en émoi. Les jeunes musiciens qui forment son nouveau groupe impressionnent les foules. Le bassiste notamment – tout le monde, enfin, met un visage sur ce nom : Marcus Miller. Jusqu'en 1983, Monsieur Davis aime M.M. Mais vous connaissez Miles : sa musique doit aller plus vite que la musique, on ne s'arrête pas sur le temps qui passe. Alors Marcus-le-bassiste laisse sa place et s'en retourne voir ailleurs. Trois ans plus tard, c'est Marcus-le-musicien – multi-instrumentiste, compositeur, arrangeur, producteur – qui revient près de Miles. Ensemble, ils enregistrent Tutu. Succès immédiat. Miles est une pop star. Merci Marcus. Le titre éponyme est aujourd'hui un standard moderne, et le style Miller est définitivement scellé avec cet album-clé. Amandla prolonge le plaisir. Symbole : pour Miles, il compose le poignant… "Mr. Pastorius", qui clôt le dernier véritable album du trompettiste.
Depuis la mort de Miles, en dix ans et trois albums studio, Marcus Miller a définitivement imposé sa marque : celle d'un musicien respectable et respecté qui sait faire fructifier l'héritage des grandes musiques noires. Une mélodie de Stevie Wonder, le souvenir de Billie Holiday, l'ombre géante de Miles, la mémoire de John Coltrane, un clin d'oeil à Prince, un Tutu magnifié... Il faut toujours s'attendre au meilleur avec Miller.
Nouvel album
"Thunder“ de SMV (Stanley Clarke, Marcus Miller, Victor Wooten)paru en août 2008
chez Dreyfus Jazz






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