Pour Benjamin, jeune vigneron de 25 ans, c'est une occasion rêvée : un homme d'affaires français lui propose une mission de "directeur de production" dans une immense exploitation viticole située dans le désert du Xinjiang, à 4 000 kilomètres à l’ouest de Pékin. Les enjeux sont importants : il s'agit, en vue d'investissements futurs, d'apporter le savoir-faire français à une entreprise modèle,
Les Champs d'Or, gérée par l'autoritaire Mme Li. Celle-ci a pour ambition de produire dans des délais très rapides le meilleur vin de Chine... Fort de ses compétences et rempli de bonne volonté, Benjamin est donc accueilli en expert par les autorités chinoises locales. Accompagné d'un autre spécialiste viticole français, le voici bientôt sur le terrain. La dureté du climat, le sol désertique, la médiocrité des jeunes vignes, les erreurs commises par les Chinois dans la préparation des premières parcelles ne le découragent pas, mais réclament des mesures précises et énergiques.
Pour gagner la confiance de Mme Li, Benjamin se plie à un rôle de faire-valoir auprès des officiels, à qui il répète docilement les objectifs utopiques de l’entreprise. Mais très vite, il constate que ses recommandations ne sont pas suivies d'effets. Et surtout, ses prévisions sont très éloignées des objectifs de Mme Li : alors que celle-ci compte sur une production de 1 000 tonnes de raisin, le Français n'en prévoit que 75 !Le gros rouge chinois
Au-delà des barrières de la langue et de la culture, c'est à une conception très particulière de l'entreprise que se heurte Benjamin au cours de sa mission chinoise. Il apparaît très vite que, pour ses employeurs, tous les moyens sont bons pour arriver tout de suite au top niveau (même s'il faut pour cela faire travailler sur le chantier de l'exploitation une main d'œuvre gratuite de prisonniers) ; et surtout, qu'aucun conseil professionnel risquant de heurter les ambitions de prestige n'est digne d'être entendu ! Entre les colères de Mme Li et les heures d'attente passées dans le confort rudimentaire de sa chambre, Benjamin, filmé tout au long de sa mission par son propre frère, ne peut que plonger dans le doute et la consternation. Finalement, la cave sera construite en un temps record, le vin sera tiré, bu, et la Chine prendra pour Benjamin le visage souriant d'une jeune interprète... Un happy end qui n'empêche pas de méditer sur les difficultés du déracinement.






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