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24/09/07

Mémoires d'une Dame de Cour

La nourriture au palais était ritualisée selon la hiérarchie des rangs, mais aussi selon les fêtes et les saisons : à chacune correspondaient des préparations et des saveurs différentes, ainsi que le raconte He Rong Er, ancienne dame de cour dans la Cité Interdite.

L'alimentation à la cour variait selon les saisons. La veille du Nouvel An s'appelait Chi Xui : nuit d'Adieu à l'Age. C'était une journée exceptionnelle dans le palais. On était autorisées à faire la grasse matinée ! A onze heures seulement, nous allions nous agenouiller devant l'impératrice pour lui présenter nos vœux de bonheur. Mais surtout, le premier jour de l'année, nous avions des plateaux du printemps, posés dans des boîtes en carton sur des tables. On les appelait aussi boîtes à plateaux. Ces dernières étaient rondes ou carrées. Dans chacune d'entre elles se trouvaient douze, seize ou dix-huit boîtes en émail emplies de chou salé et de chou fumé. Après avoir mangé ces galettes du printemps, nous dégustions diverses soupes.

Le mois de mai était la saison des gâteaux. Il y en avait de toutes les formes : des carrés, des pointus, certains ressemblaient à des nœuds de cheveux ! Le mois d'août était la période des gâteaux de lune. Au début de l'été, il y avait de la soupe de riz aux pois verts ou aux petits pois. Le jour du solstice d'été annonçait la saison des nourritures froides : viandes ou poulets, saucisses en gelée. En période de canicule, on nous donnait plutôt des plats froids : des cheveux d'ange aux graines de lotus, racines de lotus aux morceaux de melon, pâtes aux amandes et soupes de riz aux feuilles de lotus. Enfin, dès la mi-octobre, apparaissaient des marmites parmi lesquelles la marmite aux dix trésors et la fondue mongole. Originaires du Nord-Est de la Chine, nous, les Mandchoues, étions particulièrement gourmandes de chou au vinaigre, de saucisse sanguine et de poitrine de poulet sans sauce de soja. Quelquefois, nous avions des marmites aux faisans. Durant une année, nous passions bien trois mois entiers à manger essentiellement des plats à marmite !

A la fête des morts, on mangeait des haricots mungo, des gâteaux aux haricots rouges et des petits pains de mais cuits à la vapeur.

Les fruits tels les pommes, les poires, les pêches et les melons étaient attribués selon les saisons. Nous n'avions pas droit aux fruits quand nous étions en mission. Tel était le règlement.

Jin Yi, Mémoires d'une dame de cour dans la Cité Interdite.

Edité le : 04-03-05
Dernière mise à jour le : 24-09-07