>> CD à gagner
Lupita Palomera - Vereda Tropical (Real Audio, 1'31")
Tona La Negra - Ya no te quiero (Real Audio, 1'31")
Agustin Lara - Piensa en mi (Real Audio, 1'31")Les sources relatant les origines du boléro mexicain sont peu fiables. Mélange de musique son et de habanera, son invention vers les années 1880 est attribuée à des musiciens cubains. Mais ce n’est qu’en 1927, à l’occasion d’un concours de chant à Mexico, que le boléro réussit enfin une grande percée. Cette année-là, Guty Cárdenas et Agustín Lara, respectivement grand séducteur et pianiste de bordel, présentent des boléros de leur composition au concours. Si aucun des deux compositeurs ne réussit à convaincre le jury, le public, lui, est séduit d’emblée. Les paroles fatalistes de la chanson « Nunca » de Guty Cárdenas en particulier, marquent l’esprit des futurs boléros mexicains: « Je le sais, c’est en vain que je te vénère, que je t’implore, mais je t’aime malgré tout, mais je t’adule malgré tout, même si jamais je ne baiserai ta bouche. »
La chanson « Nunca » de Guty Cárdenas marque le début d’un engouement général pour le boléro à Mexico. Abattu lors d’une rixe quelques années plus tard, le compositeur n’aura guère le temps de savourer sa nouvelle gloire. Ce sera son ancien camarade Agustín Lara qui donnera sa forme actuelle et ses lettres de noblesse au boléro. La face balafrée, souvenir d’une rencontre avec une prostituée qui l’a blessé au visage avec un tesson de bouteille, le compositeur règle ses comptes avec le sexe faible. Ses textes parlent de femmes fatales, de créatures sans cœur, de femmes de petite vertu ou de maîtresses sadiques. Tandis que l’homme est dépeint comme victime de la passion, la femme apparaît comme un être pervers, hypocrite, traître voire tyrannique. Si une profonde frustration transperce dans les textes d’Agustín Lara, si le machisme, les allusions sadiques ou masochistes sont omniprésents, ces paroles sont portées par des mélodies douces-amères en mode majeur avec des arrangements pour de grands orchestres de bals.
Le boléro devient la musique de la nuit, des bars, des bordels et bars à entraîneuses. Son côté mauvais garçon et la connotation sexuelle des textes lui valent une popularité énorme toutes classes sociales confondues. Vous trouverez toutes ces informations et bien plus encore dans le booklet, en allemand et en anglais, qui accompagne l’excellente compilation « Mexican Boleros ». La sélection des titres tout comme le booklet pourraient fournir le point de départ pour une documentaire qui fait cruellement défaut sur la plus belle et la plus déchirante des musiques d’Amérique latine.
Matthias Schneider







Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter