Poetry Slam - 06/12/07
Mieze Medusa
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| Participante de la 7ème Rencontre Internationale Slam Revue de Berlin - Octobre 2007 |
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Mieze Medusa (Autriche) est l’une des figures attitrées de la poésie slam et de la scène hip hop en Autriche. Elle s’est produite dans toute l’Autriche, au Liechtenstein, en Allemagne et en Suisse. Elle fait en outre partie du collectif backlab et est l’une des coorganisatrices de textstrom, slam mensuel à Vienne. À coté de coopérations avec divers acteurs du hip hop, l’équipe du textstrom a publié aux éditions aramo en 2006 le premier ouvrage consacré à la scène slam autrichienne. La même année, Mieze Medusa publie avec Tenderboy l’album « Antarktis ». (
www.miezemedusa.com)
Don Quichote ou Qu’y peut bien le moulin à vent ?
Quand ton pouls ahane et change de pas,
te bousille la veine et donne un nouveau tour à ton rythme,
il arrive que tu doives t’arrêter.
Quid de ton flux maintenant ?
D’habitude tu es autrement. Comme désemparé.
Te voilà assis au comptoir, regardant le type qui est derrière,
que tu ne remarques pas ces autres jours,
tu lui racontes n’importe quelle connerie qui te vient à l’esprit.
Il ne te manquait plus qu’un faux départ et le miroir opaque
dans lequel ton visage se dessine à côté d’autres fioles de ton espèce :
démaquillé et les angles trop mal arrondis par le couperet et les profondes ombres
et la fumée, le courant d’air et la respiration allégée de cette portion d’oxygène
dont tu pourrais avoir un si pressant besoin.
Sans raison, tu gaspilles ton temps et tes deniers au comptoir :
Don Quichote, crois-tu, fut sans aucun doute un héros.
Quand la feuille de ton calendrier est totalement gribouillée et chaque crétin a
le numéro de ton portable. Tu en as marre du stress, et seules les drogues te font tenir
tant bien que mal. Dans un fauteuil à côté de ton chef, ton adversaire
et néanmoins compagnon, trône les jambes écartées,
et le cours par lequel tu espérais briller, il l’a suivi lui aussi.
Maintenant, ton CV est accroché, la voie est droite mais la montée rude.
L’accélération et la bonne tenue de route t’intéressent, tu écrases le champignon et en rêves,
tu t’imagines que tu serais vraiment capable, de faire aussi quelque chose contre Armaggedon et Ragnarök. Ta lutte est plus petite, et avec ta chance, dans ton vertige, ce n’est pas le monstre que tu renverses, mais l’enfant qui joue dans le caniveau.
Tu ne vois que des moulins à vent et le lancier qui vise de vagues ombres et qui transfère directement
dans ton cortex le point sensible depuis les ténèbres du Moyen-Age.
Don Quichote est sans aucun doute un héros, mais explique-moi ce qu’y peut bien le moulin à vent ?
Toi, tu ne comprends pas les parallèles et tu es confus.
Encore le pouls, tu me permets quand même de demander des détails.
Comparaison n’est-elle raison, ou ai-je véritablement touché au but ?
Irrité jusqu’au sang et au terme de ta culture confiture.
Là on aime les économies, ce qui compte n’est pas le savoir en lui-même, mais sa mise en vente
et la ressource qu’on peut aujourd'hui encore griller.
Ce que tu feras demain, le chef s’en fiche bien et il en paie d’autres que toi, le ministre aussi qui,
exonéré d’impôts, se présente aux élections et toi, pauvre andouille, tu votes pour lui !
Les mots me manquent pour décrire à quel point je n’en ai rien à cirer de ce pays en politique,
les milieux SM prospèrent pignon sur rue.
Le minable médiagénique en costard traditionnel joue les dominas
et lance un appel au paiement forfaitaire. Et son bon ami, le réformateur rageur
qui aime tant se taire et qui, le travail accompli, constate tardivement
que le diable malheureusement est dans les détails et dans le texte de loi
qu’il ne connaît pas ou du moins prétend ne pas connaître.
Celui qui s’y oppose ne se mesure pas à Don Quichote, mais monte
en division David contre Goliath,
n’est pas chez lui dans le chapiteau à bière et pourtant se fait fort de défendre les petites gens.
Un bref constat : avant que tu n’oublies ma voix et accélères de nouveau.
Je parle comme ce balourd de Narcisse et son reflet dans l’eau,
et m’imagine ce qui se passe quand n’a pas cours le jeu auquel je participe pour la grande virée.
Ulysse blêmit et approuve l’acte de Mieze Medusa qui hésite,
fixant les nombreux mots qu’elle prononce. Mais l’écriture ne se métamorphose pas.
N’est pas, ne sera pas, ne peut pas être pierre et transmissible.
« Apostrophes », Pivot et ses successeurs ne me félicitent pas pour le nouveau classique,
et sans grand’œuvre Mieze Medusa n’a pas de très bonnes cartes
en termes de canon et de postérité. C’est ainsi.
Tant que le rythme ne fait pas silence, la métaphore peut tourner en rond.
Le langage s’engrave et érode le doute sur la validité, se prouve quelque chose, s’exacerbe lui-même et ouvre une petite fissure dans la paroi lisse par simple peur de l’avenir. L’argent suffit-il ? Vais-je devenir vieux ? Tomber malade ?
Vais-je trouver un emploi un jour ?
La môme Mieze se plaît d’arriver à ce point de rupture de la digue,
quand les flots la portent et les regrets partent à vau-l’eau.
A une heure tardive, déjà proche du crépuscule, tu ne comprends plus ton besoin
de sécurité et d’une retraite de fonctionnaire.
Car si cela est ce qui plaide contre, je ne vois là rien de particulièrement essentiel.
Dommage simplement qu’à ce stade le dernier mot n’ait pas été encore dit.
Car le langage se fige si tu ne sais pas aujourd’hui ce que tu mangeras demain.
Je ne me plains pas, sur mon congel jamais un huissier n’a apposé de scellés, il est vrai que je mange assez rarement du caviar.
Et le temps passe très vite de lui-même.
La situation est précaire, plus encore si tu ne gagnes pas beaucoup et qu’en fin de l’année le fisc te met à contribution.
C’est tout différent dans le sport, il paie la moitié et reçoit en plus un stade tout neuf.
Il y a de l’argent pour ça, car nous sommes une grande nation sportive et nous ménageons nos méninges. Je ne parle pas seulement d’art, mais aussi de l’orientation qui manque aux adolescents ou aux femmes de plus de 40 ans en recherche d’un emploi. En passant, j’enrage à cause de ce baratin débile et de ces appels à faire des enfants. Si je le souhaite, c’est pour moi-même et personne ne doit m’en convaincre.
Tu parles de contracter avec mes parents, mes oncles et mes tantes. Dis-toi bien qu’avec eux je décontracte, inutile de te retrancher derrière eux et de penser
que tu luttes contre des enfants qui refusent de devenir adultes.
Les crises de croissance sont déjà derrière nous et la gravité de la situation ne nous échappe pas,
sûr que nous la sentons.
Ecoute-moi, « ça ne peut pas continuer ainsi, si nous continuons à vivre ainsi,
aucune lumière au bout du tunnel et vous devez comprendre
que vous n’avez ni lobby, ni pouvoir.
Faites donc ce que je vous dis, car j’ai la force
de vous donner un avenir ou du moins un présent. »
Tu dis « Sautez maintenant ! », et nous essayons,
et en fin de journée nous touchons moins que convenu.
Peut-être faut-il qu’il en soit ainsi, et je préfère t’écouter et je comprends ton point de vue.
Mais je doute de ce qui te motive, je crois que tu mens, tu ne penses pas du tout à nous, peut-être même pas seulement à toi, mais va savoir qui se cache derrière et tire les ficelles. Il y a encore pas mal de zones d’ombre !
Ce n'est pas ma révolution
Quand ton pouls ahane et change de pas,
te bousille la veine et donne un nouveau tour à ton rythme,
il arrive que tu doives t’arrêter.
Quid de ton flux maintenant ?
D’habitude tu es autrement. Comme désemparé.
Te voilà assis au comptoir, regardant le type qui est derrière,
que tu ne remarques pas ces autres jours,
tu lui racontes n’importe quelle connerie qui te vient à l’esprit.
Il ne te manquait plus qu’un faux départ et le miroir opaque
dans lequel ton visage se dessine à côté d’autres fioles de ton espèce :
démaquillé et les angles trop mal arrondis par le couperet et les profondes ombres
et la fumée, le courant d’air et la respiration allégée de cette portion d’oxygène
dont tu pourrais avoir un si pressant besoin.
Sans raison, tu gaspilles ton temps et tes deniers au comptoir :
Don Quichote, crois-tu, fut sans aucun doute un héros.
Quand la feuille de ton calendrier est totalement gribouillée et chaque crétin a
le numéro de ton portable. Tu en as marre du stress, et seules les drogues te font tenir
tant bien que mal. Dans un fauteuil à côté de ton chef, ton adversaire
et néanmoins compagnon, trône les jambes écartées,
et le cours par lequel tu espérais briller, il l’a suivi lui aussi.
Maintenant, ton CV est accroché, la voie est droite mais la montée rude.
L’accélération et la bonne tenue de route t’intéressent, tu écrases le champignon et en rêves,
tu t’imagines que tu serais vraiment capable, de faire aussi quelque chose contre Armaggedon et Ragnarök. Ta lutte est plus petite, et avec ta chance, dans ton vertige, ce n’est pas le monstre que tu renverses, mais l’enfant qui joue dans le caniveau.
Tu ne vois que des moulins à vent et le lancier qui vise de vagues ombres et qui transfère directement
dans ton cortex le point sensible depuis les ténèbres du Moyen-Age.
Don Quichote est sans aucun doute un héros, mais explique-moi ce qu’y peut bien le moulin à vent ?
Toi, tu ne comprends pas les parallèles et tu es confus.
Encore le pouls, tu me permets quand même de demander des détails.
Comparaison n’est-elle raison, ou ai-je véritablement touché au but ?
Irrité jusqu’au sang et au terme de ta culture confiture.
Là on aime les économies, ce qui compte n’est pas le savoir en lui-même, mais sa mise en vente
et la ressource qu’on peut aujourd'hui encore griller.
Ce que tu feras demain, le chef s’en fiche bien et il en paie d’autres que toi, le ministre aussi qui,
exonéré d’impôts, se présente aux élections et toi, pauvre andouille, tu votes pour lui !
Les mots me manquent pour décrire à quel point je n’en ai rien à cirer de ce pays en politique,
les milieux SM prospèrent pignon sur rue.
Le minable médiagénique en costard traditionnel joue les dominas
et lance un appel au paiement forfaitaire. Et son bon ami, le réformateur rageur
qui aime tant se taire et qui, le travail accompli, constate tardivement
que le diable malheureusement est dans les détails et dans le texte de loi
qu’il ne connaît pas ou du moins prétend ne pas connaître.
Celui qui s’y oppose ne se mesure pas à Don Quichote, mais monte
en division David contre Goliath,
n’est pas chez lui dans le chapiteau à bière et pourtant se fait fort de défendre les petites gens.
Un bref constat : avant que tu n’oublies ma voix et accélères de nouveau.
Je parle comme ce balourd de Narcisse et son reflet dans l’eau,
et m’imagine ce qui se passe quand n’a pas cours le jeu auquel je participe pour la grande virée.
Ulysse blêmit et approuve l’acte de Mieze Medusa qui hésite,
fixant les nombreux mots qu’elle prononce. Mais l’écriture ne se métamorphose pas.
N’est pas, ne sera pas, ne peut pas être pierre et transmissible.
« Apostrophes », Pivot et ses successeurs ne me félicitent pas pour le nouveau classique,
et sans grand’œuvre Mieze Medusa n’a pas de très bonnes cartes
en termes de canon et de postérité. C’est ainsi.
Tant que le rythme ne fait pas silence, la métaphore peut tourner en rond.
Le langage s’engrave et érode le doute sur la validité, se prouve quelque chose, s’exacerbe lui-même et ouvre une petite fissure dans la paroi lisse par simple peur de l’avenir. L’argent suffit-il ? Vais-je devenir vieux ? Tomber malade ?
Vais-je trouver un emploi un jour ?
La môme Mieze se plaît d’arriver à ce point de rupture de la digue,
quand les flots la portent et les regrets partent à vau-l’eau.
A une heure tardive, déjà proche du crépuscule, tu ne comprends plus ton besoin
de sécurité et d’une retraite de fonctionnaire.
Car si cela est ce qui plaide contre, je ne vois là rien de particulièrement essentiel.
Dommage simplement qu’à ce stade le dernier mot n’ait pas été encore dit.
Car le langage se fige si tu ne sais pas aujourd’hui ce que tu mangeras demain.
Je ne me plains pas, sur mon congel jamais un huissier n’a apposé de scellés, il est vrai que je mange assez rarement du caviar.
Et le temps passe très vite de lui-même.
La situation est précaire, plus encore si tu ne gagnes pas beaucoup et qu’en fin de l’année le fisc te met à contribution.
C’est tout différent dans le sport, il paie la moitié et reçoit en plus un stade tout neuf.
Il y a de l’argent pour ça, car nous sommes une grande nation sportive et nous ménageons nos méninges. Je ne parle pas seulement d’art, mais aussi de l’orientation qui manque aux adolescents ou aux femmes de plus de 40 ans en recherche d’un emploi. En passant, j’enrage à cause de ce baratin débile et de ces appels à faire des enfants. Si je le souhaite, c’est pour moi-même et personne ne doit m’en convaincre.
Tu parles de contracter avec mes parents, mes oncles et mes tantes. Dis-toi bien qu’avec eux je décontracte, inutile de te retrancher derrière eux et de penser
que tu luttes contre des enfants qui refusent de devenir adultes.
Les crises de croissance sont déjà derrière nous et la gravité de la situation ne nous échappe pas,
sûr que nous la sentons.
Ecoute-moi, « ça ne peut pas continuer ainsi, si nous continuons à vivre ainsi,
aucune lumière au bout du tunnel et vous devez comprendre
que vous n’avez ni lobby, ni pouvoir.
Faites donc ce que je vous dis, car j’ai la force
de vous donner un avenir ou du moins un présent. »
Tu dis « Sautez maintenant ! », et nous essayons,
et en fin de journée nous touchons moins que convenu.
Peut-être faut-il qu’il en soit ainsi, et je préfère t’écouter et je comprends ton point de vue.
Mais je doute de ce qui te motive, je crois que tu mens, tu ne penses pas du tout à nous, peut-être même pas seulement à toi, mais va savoir qui se cache derrière et tire les ficelles. Il y a encore pas mal de zones d’ombre !
Edité le : 29-11-07
Dernière mise à jour le : 06-12-07