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Blonde Negresse
Nancy and Carl go Christmas shopping
Sleep patterns of black expatriots circa 1960L’artiste expérimental américain Mike Ladd est assez iconoclaste. Dans son dernier album, non content de déconstruire des morceaux connus de hip-hop, jazz et soul, il critique dans ses textes le fétichisme ambigu dont fait l’objet la Black Culture. Cela paraît paradoxal s’agissant de la musique américaine, sachant qu’elle a été très fortement marquée par la musique des Noirs, opprimés des décennies durant. Mike Ladd reprend le terme de « négrophilie », né de la fascination exercée par l’Amérique sur des artistes européens, notamment des poètes, surréalistes et peintres. Ces derniers trouvaient particulièrement chic de vanter la Black Culture. Mike Ladd a découvert ce phénomène en lisant le livre « Negrophilia: Avant Garde Paris And Black Culture » de Petrine Archer-Straw. Dans son CD intitulé « Negrophilia », le chanteur dénonce les stéréotypes et modèles d’identification échafaudés à partir des attentes des consommateurs et véhiculés par l’industrie musicale, avec le soutien actif des musiciens. Dans son ouvrage « No Logo », Naomi Klein, une opposante bien connue de la mondialisation, s’est elle aussi penchée sur le mécanisme marketing « got to be cool - got to be black » dans le cadre de groupes de musique planétaires. Mike Ladd tord le cou aux clichés tant dans ses textes que dans sa musique, qui s’apparente à une mosaïque de soul, jazz et hip-hop. Il est accompagné par l’enfant prodige du rythme Guillermo E. Brown à la batterie et à la beatbox, le pianiste Vijay Iyer, le trompettiste de free-jazz Roy Campbell et Bruce Grant, préposé aux boucles de bandes. Mike Ladd bouscule nos oreilles et nos émotions, et met le doigt sur nos limites en matière de culture musicale.
Matthias Schneider
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Mike Ladd
„Negrophilia”
Thirsty Ear / Rough Trade / Night & Day
www.thirstyear.com







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