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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

15/03/05

Milos Forman (DVD)

« Les Amours d’un blonde »
(Tchécoslovaquie, 1965, 1h 25min.)
Avec Hana Brejchová, Vladimír Pucholt, Vladimír Mensík, Ivan Kheil, Jirí Hrubý

« Au feu les pompiers »
(Tchécoslovaquie, 1967, 1h 45min.)
Avec Jan Vostrcil, Josef Kolb, Frantisek Debelka, Josef Sebanek, Jan Stöckl, Milada Jezková
 
2 DVD MK2 vendus séparément
 
Synopsis : Edition en DVD des deux derniers films tournés en Tchécoslovaquie par Milos Forman, avant qu’il ne choisisse l’exil. « Les Amours d’une blonde » (1965) se déroule dans une petite ville de province, où une gigantesque fabrique de chaussures s’est installée, pour n’employer pratiquement que des jeunes femmes. Isolées et comme forcées au célibat, elles se morfondent. Le responsable culturel décide d’y remédier en contribuant à implanter un cantonnement militaire à proximité et organiser des bals. Hélas ! Il s’agit de réservistes, tous quadragénaires et ventripotents. L’une des ouvrières, une jolie blonde, leur préfère le pianiste de l’orchestre, mais c’est un dragueur… « Au feu les pompiers » (1967) met en scène un bal, où le comité des pompiers célèbre le départ en retraite de l’un des leurs, avec une tombola à la clé. Mais la fête est gâchée par une incroyable série d’incidents et de chapardages.

Critique : Tournés juste avant le printemps de Prague et la reprise totalitaire du pays par l’URSS, les films de jeunesse de Milos Forman apparaissent autant comme des œuvres alertes, désireuses de célébrer ou de revendiquer le changement, que résolument inquiètes, presque parcourues par cette précipitation induisant la désillusion qui, inévitablement, fera suite, comme une véritable prémonition. Dans le travail de cet auteur trop discret pour revendiquer la place qu’il mérite aujourd’hui, on retrouve donc à la fois un humour et une insolence proches, par exemple, des premiers films polonais de Roman Polanski, et cette implication très physique, propre aux premiers films sportifs du turbulent compère de ce dernier, Jerzy Skolimowski.
Chez Forman, cette agitation découle d’une envie, comme il l’affirme, de « montrer la vie telle qu’elle est, et non telle qu’elle est mise en scène » par les films officiels commandés par le parti communiste, phagocytés par un réalisme socialiste aussi propagandiste que caricatural. A un sens du comique qui rappelle presque Tati, répond une poésie désenchantée qui n’est pas si éloignée de Ken Loach, débutant lui aussi à la même époque. Peut-être trouve-t-on davantage chez Forman une virulence et une urgence indubitablement liée à la prémonition précitée. D’où ce goût pour la frénésie des fêtes, des bals où les corps et les bouteilles s’entrechoquent, et du matin dont on tente avec toujours plus d’ardeur de repousser la survenance. En contrepoint, Forman parvient à radiographier la monotonie du quotidien provincial, et surtout une réalité dédiée à la réalisation du plan quinquennal (« Les Amour d’une blonde ») ou à la maintenance hypocrite d’un prestige de façade (le comité des pompiers, allégorie grotesque des membres séniles et hautains du politburo).

  • Les Bonus : Habilement, les compléments sont eux aussi scindés en un diptyque conçu par Luc Lagier (« Ombres et printemps », sur le DVD des « Amours d’une blonde », et « Embrassement et Exil » sur celui d’ « Au feu le pompiers »), décrivant avec précision la parenthèse enchantée, mais néanmoins tourmentée pour Forman, des années 1960. Le parcours du cinéaste est remarquablement bien détaillé, tout comme le contexte politique de la Tchécoslovaquie de Dubcek et les mésaventures impressionnantes d’ « Au feu les pompiers » avec la censure. Une récente interview de Forman lui-même, également scindée en deux parties et empruntée par MK2 à la très exigeante collection Criterion, qui a auparavant publié les deux films en Zone 1, complète le propos. Enfin, le DVD des « Amours d’une blonde » contient le moyen métrage « L’Audition » (1963), qui n’est pas seulement la matrice des œuvres suivantes de Forman, mais annonce par son dynamisme printanier et les jeunes gens qu’il filme, déjà prêts à en découdre sur scène, la détermination du cinéaste.
 
Julien Welter
 
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Milos Forman
« Les Amours d’un blonde » et « Au feu les pompiers »
2 DVD MK2 vendus séparément

Edité le : 15-03-05
Dernière mise à jour le : 15-03-05