Une belle et grande maison dans le Gers, en mai 1968. Milou est un grand enfant de soixante ans, qui aime l’odeur du chèvrefeuille et lit du latin aux abeilles. Il vit avec sa mère, Madame Vieuzac. À la mort de celle-ci, la famille débarque. Le frère, la fille, la petite-fille, la nièce, tous viennent pour pleurer l’ancêtre. Et se partager en hâte l’héritage, au grand dam de Milou. La radio diffuse les rumeurs déformées de la révolte étudiante, libérant un parfum d’amour libre qui titille un temps les membres de la petite communauté avant qu’une angoisse soudaine ne les gagne. Ils craignent une révolution sanglante et quittent alors la maison, laissant là le corps de la vieille Madame Vieuzac.Mai 68 à distance
Sur un air de Stéphane Grappelli, Louis Malle se livre à un singulier portrait de groupe dont le centre est Michel Piccoli, lumineux Milou qui a "décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé" et crie "Vive la Révolution !" sous les tilleuls printaniers, un verre à la main. Il veut garder intactes les traces de son enfance, qu’il conserve dans son sourire et dans cette vieille maison où il souhaite finir ses jours. En nous montrant cette famille occupée à disperser son propre passé pendant que la jeunesse, au loin, proclame la fin du vieux monde, Louis Malle croise subtilement petite et grande histoire. Il explique : "J'avais là l'occasion d'étudier la façon dont les gens réagissent quand les événements extraordinaires les obligent à sortir de leur train-train quotidien." Outre Piccoli, deux coups de chapeau : Miou-Miou en bourgeoise qui tente de faire croire que tout est simple et finit par craquer. Ainsi que Dominique Blanc en amante jalouse, dure avec elle-même et avec les autres. À noter aussi une des rares apparitions au cinéma de Bruno Carette, membre des Nuls disparu peu après le tournage, qui incarne Grimaldi, camionneur obsédé et anticommuniste.
Milou en mai est édité en DVD chez ARTE Vidéo. Bonus : le court documentaire "Milou en musique" (les enregistrements de Stéphane Grappelli), un entretien avec le coscénariste Jean-Claude Carrière, et les souvenirs de tournage de Dominique Blanc.







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