Mohamed Bourouissa est un jeune photographe algérien qui vit et travaille à Paris. Ses images « Périphériques » ont pour thème la banlieue. S’il part d’une base sociale, son travail est pourtant d’ordre plastique fonctionnant sur une géométrie émotionnelle. C’est un placement et une organisation de la tension dans l’espace qui est mise en avant. Elle met en scène la banlieue en tant qu’objet conceptuel, artistique dans des situations qui d’ordinaire seraient du ressort du photo-journalisme. En démontant les clichés de ce sujet, il traite de la problématique du rapport de force et pose la question de la mécanique du pouvoir.
Au terme de longs repérages, de castings avec des amis, Mohamed Bourouissa met en scène des situations souvent nocturnes qui n’ont rien d’angéliques. Disons qu’il installe, une violence latente dans ce qui fait penser à une scène de ménage chez un jeune couple, à une explication entre deux boxeurs, à un face-à-face entre deux bandes rivales, lors de l’apparition du drapeau bleu-blanc-rouge dans une scène qui met aux prises les jeunes avec la police. Le film retrace entre autres une prise de vue faite en banlieue et mettant en scène une arrestation.
Il y a du Jeff Wall chez cet artiste, qui réfléchit longuement aux conséquences de ses scénarios qui, d’instantanés, n’ont que l’apparence et ne cherchent d’ailleurs pas à se faire passer pour les images documentaires qu’elles ne sont pas.
Intervenants
Cette nouvelle série de "L'art et la manière" dédiée aux jeunes artistes européens, invite à chaque numéro trois personnages clés. Le "parrain" ou la "marraine", le ou la "critique" et un acteur du marché de l'art.- "Le parrain"
Christian Courrèges
Photographe et enseignant / ENSAD Paris
- "Le marché"
Christine Ollier
Directrice artistique / Galerie Les filles du calvaire
- "La critique"
Magali Jauffret
Critique d’art







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