
de Miranda July
(USA, 2004, 1h30)
Avec Miranda July, John Hawkes, Brad William Henke…

Entretien avec la réalisatrice
Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Interview de Delphine Valloire
Synopsis : Christine Jesperson, une jeune artiste touchante et spontanée, mélange dans son quotidien art et réalité. Elle entre sur la pointe des pieds dans la vie de Richard, vendeur de chaussures, père de deux garçons et tout juste redevenu célibataire. Autour d'eux, Robby et Peter, les enfants de Richard, son ex-femme, la patronne d'une galerie d'art, les voisins et les voisines. Tous sont à la recherche d'un lien qui les connecte aux autres sur Terre...
Critique : Bardé de prix (Prix spécial du Jury Sundance 2005, Caméra d’or 2005, Grand Prix de la Semaine Internationale de la Critique etc…) « Moi, toi et tous les autres » fut l’occasion de la première rencontre du grand public avec l’univers lunaire d’une belle ingénue encore inconnue il y a peu : Miranda July. Si l’américaine avec ses grands yeux bleus apparaît aussi rêveuse que l’est son film, elle est pourtant bien de son temps : la jeune femme réalise des films expérimentaux, organise des performances multimédia, se passionne d’Arts Plastiques depuis l’âge de 16 ans. La voici devenue aujourd’hui la nouvelle d’égérie du cinéma indépendant américain avec son premier long dont le titre embrasse la terre entière. « Moi, Toi et tous les autres » s’organise effectivement autours d’un sentiment compassionnel de tous les instants et de tous les personnages. Ce sentiment s’articule sur l’attention de petites choses du quotidien confrontées à des associations d’idées tout à fait singulières mais toujours universelles, et affine au final un mélange savant, provoquant rires et émotions. Surtout, Miranda July refusant absolument d’intellectualiser le regard qu’elle fixe sur ces petits détails, préférant rêvasser comme une gamine très spontanée sur l’idée du décalage, semble elle-même la première surprise du résultat. Elle touche ainsi le chaland en portant l’innocence au centre de son projet et en misant sur une douceur qui s’avère être aussi une force. Au-delà, Miranda July dresse un portrait contemporain bien plus profond du monde qui l’entoure et ce, même au travers de thèmes archi rebattus ou convenus. Le prisme de l’enfance par exemple, avec les personnages de la petite Christine ou ce petit bout de chou de Robby, s’il est certes attendrissant, fixe systématiquement les traits de l’adulte déjà présent en eux. Inversement le film capte le caractère enfantin qui perdure chez les plus vieux et à chaque fois pour chacun d’eux, tend à stigmatiser l’immense et implacable solitude qui les caractérise profondément. C’est par le jeu constant de dualités suaves et amers, graves et légères, que Miranda July donne ainsi la pleine puissance de son style généreux, fragile et funambule, en un mot "rare" au cinéma, un média qui l’accueille désormais à bras ouverts.
Olivier Bombarda






Envoyer à un ami






RSS
Facebook
Twitter