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Festival

Du 7 au 17 février, l’équipe web franco-allemande en collaboration avec la rédaction du Journal de la Culture couvre en direct l’intégralité de la Berlinale.

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Filmfestival Berlinale 2008 - Compétition officielle - 01/09/08

Musta Jää

Un film de Petri Kotwica


La vengeance d’une femme, de nos jours à Helsinki. Finlande, morne plaine.

Synopsis : Gynécologiste à Helsinki, Saara apprend que son mari, avec qui elle entretient une relation pourtant satisfaisante, y compris sur le plan sexuel, la trompe avec une étudiante, Tuuli. Elle trouve son adresse et se rend à un cours d’autodéfense où la jeune femme enseigne les rudiments des arts martiaux. Toutes deux se lient, et un jeu dangereux débute, où les repères et les certitudes volent en éclats.

Critique : Petri Kotwica est un réalisateur qui pense certainement qu’il suffit de déshabiller quelques comédiens finlandais pas farouches pour nous faire prendre les vessies pour des lanternes, et multiplier les plans d’intérieurs en format scope garni par du mobilier acheté au Conran Shop du coin pour agencer un univers anguleux digne de Brian de Palma. « Black Ice » s’apparente à ces thrillers européens high tech dont chaque déclinaison locale est promise à un lancement en fanfare (en France, nous avons « Ne le dis à personne » de Guillaume Canet). Le succès remporté dans son pays par ce nanar finlandais lui a ouvert les portes de l’incorrigible Berlinale, un festival qui n’aime rien tant que de distinguer les hauts faits de l’industrie du cinéma de part l’espace Schengen.

On serait fou d’espérer un scénario et une mise en scène de la vengeance à la hauteur des « Dames du bois de Boulogne » de Robert Bresson (1945). En dépit de cette mesure, la façon dont Saara, épouse bafouillée, ourdit son plan machiavélique, se situe désespérément en dessous de la ceinture, là où la trivialité remplace le vice et les interludes à bases de métal lyrique scandinave et d’apéros à la bière le suspens hitchcockien nimbé de la musique spirituelle de Bernard Herrmann. Entre sadisme et possibilité de succomber au syndrome de Stockholm, Saara cache longtemps son jeu, telle une héroïne inquiétante. Mais chez les maîtres de l’angoisse et du graphisme Dario Argento ou Mario Bava, tantôt l’apparence est première et ne renvoie à rien d’autre qu’à elle-même, tantôt les masques utilisés par les comploteurs parlent davantage que les visages. De cela, il ne reste hélas qu’une formule chez Petri Kotwica, cette « neige noire », un titre aussi attirant et creux qu’un slogan publicitaire. Ce monsieur a paraît-il étudié la philosophie dans sa jeunesse, mais à l’instar du dernier film de Hans Weingartner, le réalisateur de « The Edukators », on voudrait plutôt intimer aux spectateurs abusés de ce thriller nordique et givré : « Reclaim Your Brain ! »

Julien Welter


Petri Kotwica - Né en 1965. Etudie la philosophie et la littérature à l’université d’Helsinki de 1992 à 1998 puis le cinéma (mise en scène et écriture de scénarios) également à Helsinki. Auteur de plusieurs courts métrages, il fait sa percée en 2005 avec son premier long métrage de fiction, KOTI-IKÄVÄ (HOMESICK). MUSTA JÄÄ est le second.
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Musta Jää
(Black Ice)
Finlande/Allemagne 2007, 100 min
Réalisateur : Petri Kotwica
Avec : Outi Mäenpää, Ria Kataja

Edité le : 08-02-08
Dernière mise à jour le : 01-09-08