Samedi 8 novembre octobre 2008 à 19h00 - 07/11/08
Nicaragua : des élections sur fond de misère
de Detlev Urban – ARTE GEIE / Urban Filmproduktion – Allemagne 2008
Deux ans après l’élection de Daniel Ortega, chef de la révolution sandiniste de 1979 à 1990, à la tête du Nicaragua, le malaise est profond.
Elu en 2006 par une population pauvre, demandeuse de changement, mais dont les espoirs ont été déçus, Daniel Ortega veut imposer son pouvoir et son parti, le FSLN, - Front Sandiniste de Libération Nationale -, aux prochaines élections municipales du 9 novembre.
Le Nicaragua est le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique Latine, après Haïti. Grand producteur de café, les haciendas appartiennent à la vieille oligarchie du Nicaragua. Mais ces grandes familles se sont vues incapables de faire face à la mondialisation. Les producteurs de vaches, puis de café ont vu leurs revenus baisser drastiquement, mais surtout, ils ont perdu peu à peu la confiance des banques qui se sont internationalisées et qui, progressivement leur ont fermé tout crédit.
L'inflation, malgré l'aide économique du président vénézuélien Hugo Chavez, dépasse les 20%. Le prix des produits alimentaires a explosé. Fabiola, qui a voté pour Ortega en 2006, se bat pour nourrir sa famille seule, avec 100 dollars par mois. Et il n’est pas rare de trouver des familles de paysans, installées au bord de la route, vivant de la charité publique.
Au Front Sandiniste de Libération nationale, se réunissaient pèle mêle, des patrons d'haciendas, des « peones », des commerçants et des éleveurs (pour qui les choses vont également très mal). Tous, pour des motifs très éloignés, ont décidé, au-delà des idéologies, de soutenir et de voter pour Daniel Ortega. Les paysans sans terre, les « peones » de père en fils dans les haciendas, ont mis leurs espoirs dans la victoire des sandinistes qu'ils considèrent comme le parti des pauvres.
Le Mouvement pour le Nicaragua, qui rassemble des organisations de la société civile, appelle régulièrement à manifester « contre les intentions dictatoriales de Daniel Ortega ». Ces dernières semaines, le gouvernement a encore renforcé la répression contre ses opposants, poussant l’Union Européenne à dénoncer ces violences ainsi que le harcèlement dont sont victimes certaines ONG.
.......................ARTE ReportageLe magazine d'actualité internationaleTous les samedis à 19h00ARTE G.E.I.E. - France - 43 min.Rediffusion TNT le vendredi à 16h50 et le samedi à 6h00ARTE Reportage sur TV5 Monde
Edité le : 07-11-08
Dernière mise à jour le : 07-11-08