
Aujourd’hui, face au contexte de sécheresse récurrente, on assiste à une désorganisation sociale. La spécialisation ethnique traditionnelle est remise en cause. Les activités tendent à se diversifier : les Bozos, pêcheurs élèvent aussi du bétail et les Peuls traditionnellement berger, pêchent, leurs maigres troupeaux ne suffisant plus à les nourrir. Les populations se déplacent ainsi en fonction des zonesinondées et certains villages sont ponctuellement désertés.
Des conflits graves se sont déjà produits entre les ethnies. Les bozos n’acceptent pas que les Peuls viennent faire paître leurs troupeaux sur leurs terres, et s’opposent également à la venue de ces nomades devenus pêcheurs. Moussa un garde forestier malien qui se définit comme un combattant de l’environnement nous fait découvrir ces peuples qui habitent le delta intérieur et luttent pour leur survie.Lorsque tout fonctionne correctement, la mousson africaine se forme au mois de Juin et dure jusqu’en Septembre. Le continent surchauffé aspire les masses d’air qui se sont chargées d’humidité au-dessus du golfe de Guinée. Les orages traversent les pays côtiers pour se déverser en Juillet et en Août, au-dessus du Tchad, de la Mauritanie, du Niger et du Mali. Des rivières éphémères se forment qui n’auront pas la force d’atteindre les fleuves. Pour les végétaux du Sahel, ces précipitations sont d’autant plus cruciales que plus une goutte ne tombera durant le reste de l’année.
La nécessité de comprendre les causes du dérèglement de la mousson africaine est de plus en plus urgenteSous l’appellation de programme AMMA, (Analyse Multi disciplinaire de la Mousson Africaine) toutes les données possibles concernant les variations de plus en plus prononcées de ce cycle des pluies sont analysées et interprétées. Les scientifiques ont une idée assez précise de ce qui dérègle ce mécanisme de la mousson africaine depuis plus de trente ans.
Les conséquences de ce dérèglement ne s’arrêtent pas à L’Afrique seule car c’est aussi dans les eaux surchauffées du golf de Guinée que naissent les graines de cyclone qui traverseront l’Atlantique et formeront les cyclones américains dans le golfe du Mexique.
Collaborations scientifiques :
à lire : ACTUALITES DE LA RECHERCHE AU MALI, n° 18 - février 2004
in Lettre du Changement global n°18 - CNRS [pdf]
À suivre le 24 mars 2006, à 19h00 : Coup de chaud sur l'Arctique - Paradis perdus (5/5)






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