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Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

Actualité DVD

Actualité DVD - 30/11/07

"Notre Musique" et "Eloge de l'amour"









Collection "2 films de"
Editions Les Cahiers du cinéma






Notre Musique

De Jean-Luc Godard
(France/Suisse, 2004, 1h20)
Hors-compétition Cannes 2004

Avec Sarah Adler, Jean-Luc Godard, Jean-Christophe Bouvet, Rony Kramer

 
Synopsis : Des images de la guerre, de n’importe quelle guerre. Un cinéaste en visite aux Rencontres Européennes du livre à Sarajevo. Une jeune femme journaliste, quelques intellectuels, des étudiants, de nombreuses conversations et beaucoup de questions… Des films d’archive à la ville de Sarajevo, de la ville de Sarajevo au paradis, « Notre musique » est le nouveau film de Jean-Luc Godard.
 
Critique : Même s’il répond à l’habituelle structure composite et éclatée des films de Jean-Luc Godard, « Notre musique » est avant tout organisé en un triptyque : d’abord l’Enfer, un montage d’extraits de films de fictions, américains pour la plupart, associés à des images tirées de reportages télévisés. Ensuite le Purgatoire, un kaléidoscope de considérations sur la guerre et ses multiples séquelles. Enfin le Paradis, une sorte de postface onirique qui conclut la projection. Autrement dit, la construction du film est relativement limpide. « Notre musique » n’est d’ailleurs pas loin de pouvoir être considéré comme l’un des films les moins obscurs de Jean-Luc Godard. Il y a au moins une raison à cela : une volonté, non de pédagogie, mais peut-être de générosité, une main tendue, même dans le vide (comme en témoigne une séquence du film, où des indiens d’Amérique tentent d’ouvrir un dialogue avec le scribe d’une bibliothèque dévastée à Sarajevo).
Le cinéaste a depuis longtemps fait de la guerre l’une des constantes de ses réflexions par l’image, du Vietnam au conflit survenu en ex-Yougoslavie, en passant par le souvenir récurrent de la Seconde Guerre Mondiale et l’actualité du Moyen-Orient. Le cinéaste s’achemine aujourd’hui, avec « Notre musique », vers une tentative humaniste et grave où, comme il est dit dans le film : « il faut à la fois restaurer le passé et rendre possible le futur, marier la souffrance avec la culpabilité ». Le voyage parcours les ruines de Sarajevo, un lieu qui, semble-t-il pour Godard, n’a pas été assez souvent au cinéma l’occasion d’un travail de concertation (ce en quoi il n’a pas tort). Il se poursuit avec la reconstruction du pont de Mostar, ou bien encore une tentative atypique de manifestation pour la paix en Israël. Les étapes de ce voyage sont ponctuées par une polyphonie de considérations inquiètes à l’occasion des Rencontres Européennes du livre, où Godard se filme lui-même, sa rhétorique familièrement tragi-comique à l’appui. Le film suit en fait avec une fluidité inattendue cette suite de soliloques brillants, dont la musicalité trace synthétiquement le parcours dramatique des hommes d’hier et d’aujourd’hui. Une musique sombre, mais pas obligatoirement funéraire.
 
Julien Welter

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Eloge de l'amour

De Jean-Luc Godard
(Suisse, 2001, 98 min)
Avec Bruno Putzulu, Claude Baignères,
Françoise Verny, Rémo Forlani

Cannes 2001 : les choses ont été bien organisées et jamais on ne se sera davantage battu pour assister à la projection d'un film de Jean-Luc. Godard. "Eloge de l'amour" en compétition officielle accueillait hier un flux de journalistes bien plus nombreux que ne pouvait l'accepter la minuscule salle Bazin du Palais du Festival. Et pourquoi pas un peu d'hystérie, des cris, des énervements, du bruit en somme autour de Godard venu " chercher à Cannes un peu plus d'oseille ".
En conférence de presse en revanche le ton est plus calme. Le dernier film de Godard est difficile il est vrai et n'enjoint pas la question. Film de citations mélangeant les thèmes de la misère, de la Résistance, de la mémoire, le tout pour une oeuvre fracturée à l'image, deux versants formels, une partie " cinéma " à l'ancienne en noir et blanc, une autre filmée avec ces " caméras vidéos avec lesquelles on peut filmer n'importe quoi, n'importe comment " avec des couleurs saturées. Dans "Eloge de l'Amour", Godard cherche toujours, cite toujours plus, ne précise pas forcément ses interpellations: " La mesure de l'amour, c'est aimer sans mesure ", ainsi revit Saint Augustin au travers de Putzulu, silhouette et voix nonchalante au détour d'un plan que le spectateur s'approprie. Godard résiste, d'autre diront persiste, dans la forme cinématographique du piochage, à l'image du lecteur vivant le livre au travers du mot ou de la phrase, sans chronologie. Rien de nouveau au fond, mais Godard continue seul de déconstruire. Et si au terme de la rituelle et implicite question concernant " la mort du cinéma " que chacun discerne dans ses films, Godard avoue cependant quelques stimulations neuves et porteuses : "La Pomme" de Mahkmalbaf dans "Eloge de l'Amour", les deux films d'Alain Giraudie ("Du soleil pour les Gueux" et "Ce vieux rêve qui bouge") pour lesquels l'emblématique cinéaste tresse une couronne de louanges en conférence de presse. Dans Godard il y a encore de l'espoir.

Olivier Bombarda


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"Notre Musique" et "Eloge de l'amour"
De Jean-Luc Godard
Collection "2 films de"
Editions Les Cahiers du cinéma


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Edité le : 27-09-07
Dernière mise à jour le : 30-11-07